‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 7 sur 309 · ASIE MINEURE · texte numérisé non relu

ASIE MINEURE

Les populations primitives de l'Asie Mineure, dans les temps historiques, étaient arianes et sémitiques; ces dernières furent refoulées par des peuplades 'de race ariane qui, elles-mêmes, formèrent une infinité de petits États indépendants. Les Lélèges, les Ciliciens, les Cariens furent repoussés par des peuples venus d'Europe, parmi lesquels on rencontre en première ligne les Pélasges. Les Sémites s'étaient surtout fixés sur les côtes, d'où ils faisaient le commerce et à l'occasion la piraterie : les Pélasges les en chassèrent. Le peuple le plus ancien de l'Asie Mineure, dont parle l'histoire, qui les mentionne antérieurement au xvi^ siècle avant l'ère vulgaire, les Phrygiens passent pour les aînés de tous les peuples qui se dirigèrent à l'Occident. La langue phrygienne est proche parente du grec. Les restes des populations arabes étaient méprisés par les Grecs, qui regardaient comme un déshonneur l'alliance avec des familles originaires de lieux dont les habitants étaient de sang mélangé, comme à Salamine, par exemple, dans l'île de Chypre. Vers le milieu du xi' siècle avant l'ère vulgaire, des Ioniens, fuyant les Doriens , quittèrent en masse la Grèce pour venir se fixer en Asie Mineure. Peu de temps après, il y eut aussi une immigration dorienne dans le sud-ouest de l'Asie Mineure. 11 y a lieu d'admettre qu'avant les populations arianes il y eut en Asie Mineure des Tatars et l'extension d'une grande puissance sémitique ; car on trouve jusque dans la Carie, au sud et sur la rive gauche du MiTandre, la ville de Ninoe ou de Mnive, sorte d'avant-poste de la prépondérance arabe et de la civilisation assyrienne, et un des anneaux qui la reliait à la Grèce en lui faisant aussi parvenir des éléments de la civilisation'égyptienne.

Mais ce furent les Grecs d'occident, simples agriculteurs et guerriers, qui, sans idées encore de la grande architecture, aidés par les

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arts de l'Assyrie et de la Balnionie, doniiLTCiil dans la suite naissance aux ordres d'arciiiteclure grecque, et plus particulièrement à l'ordre ionique.

De même que pour l'ordre dorique, il n'existe aucuns renseignements positifs sur l'origine du style ionique; dans l'histoire écrite, la tradition attribue ce style aux colonies ioniennes de l'Asie Mineure. Les douze villes fondées par ces colonies, étant éloignées du centre sacerdotal de la direction hiératique et du foyer de la nationalité grecque, finirent par subir insensiblement l'influence asiatique. La position géographique les portait à se livrer avec une grande activité à l'industrie et au commerce. Les Ioniens de l'Asie se mirent en contact avec les peuples étrangers d'autre race ; ils apprirent ainsi à connaître le luxe raffiné et excessif, et se'créèrent bientôt des besoins imaginaires qui ne sont pas indispensables au vrai bonheur de l'homme. Le goût exotique se manifesta surtout dans la richesse des habitations particulières et dans leur ameublement; peu à peu cet esprit d'imitation finit aussi par envahir les arts du dessin que les villes grecques de l'Ionie cultivaient avec autant de goût que d'amour; car bien que jetées en Asie et séparées de la mère patrie par la mer, les colonies, cependant, avaient conservé leur caractère grec. Mais hors de l'atteinte de l'esprit dorien et de ses conséquences, elles s'émancipèrent seulement de la gravité austère du continent hellénique. Au bout de quelques siècles, l'aristocratie commerciale, en possession de riciiessps considérables, d'un esprit toujours élevé et non bourgeois, comme dans les temps modernes, poussa les artistes à se départir dt la sévérité dorienne pour l'édification des monuments publics, et insensiblement l'Ionie asiatique vit son architecture .se revêtir de plus de richesse, de plus de légèreté, et prendre un caractère plus séculier. Ainsi transfnrméo, relte architecture passa ensuite en Europe.

Cette création de l'architecture ionique ne pouvait éclore qu'en lonie. Les Ioniens étaient de iiardis novateurs et qui, pour ainsi dire, les yeux toujours ouverts, regardaient autour d'eux avec un esprit inquiet, indiscret et téméraire, cherchant toujours à découvrir et à surprendre en tout et partout les causes naturelles des phénomènes. Ils ont tout découvert dans le domaine de l'esprit ; de leur sein s'éleva le premier historien, Kadums i\r Milel. Dans leur dialecte même, ils

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