‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 8 sur 309 · OR DUE H) M QUE · texte numérisé non relu

OR DUE H) M QUE

oui iiiunti'û nu pciu'liaiil jwur la modification et le clianm'iuL'iit des vieilles formes selon le goût et l'humeur de l'époque, et ils ont en même temps montré une' tendance à l'embellissement et au raffinement, qui contribua d'une manière toute particulière à ce que le dialecte ionien, le plus jeune de tous, et en somme im dérivé, semblât être néanmoins le premier de tous et le plus accompli clans le dialofjue perfectionné de la poésie. La première et la plus forte impulsion donnée à la philosophie avait eu lieu aussi chez les Ioniens, chez cette race grecque qui montrait non-seulement dans la vie ordinaire le plus vif désir, la plus grande passion pour les connaissances variées, mais qui possédait encore la plus grande puissance d'investigation et d'amour pour la science, pour la nature, et en général pour l'univers entier.

11 était dans la nature des dilTérenls caractères et de la destinée particulière des Grecs, que la philosophie, qui se donne elle-même pour mission de chercher à conquérir rindi'pendance et la liberté à l'esprit, dut recevoir son impulsion par les hommes éminenls et sages de rionie. Car ce fui une pensée tout ionienne que d'acquérir une sagesse particulière par ses propres moyens. Mais les Ioniens abandonnèrent aussi les premiers l'ancien culte; ils jetèrent de tous côtés leurs yeux mobiles pour découvrir matière nouvelle à la méditation et à l'échange des idées. L'Ionien avait la passion par excellence de communiquer avec ses semblables sur des points divers, et chez lui la conversation et la narration étaient innées. Le culte des Dieux était chez les Ioniens un culte gracieux et gai , réglé par des fêtes nationales et périodiques. Toute la nation y était conviée, et, pour célébrer dignement ces fêtes, les soins les plus recherchés se manifestaient dans les monuments consacrés aux diverses personnifications de la divinité. Mais de fréquentes communications commerciales avec les races mélangées, l'infusion du sang et des idées de ces races destructrices de tout ordre, altérèrent à la longue les idées et les mœurs des Ioniens.

Sous le plus beau ciel du monde, dans le climat le plus doux et le plus agréable, dans des contrées voluptueuses, l'esprit gracieux et aimable des Ioniens devait, dès leur arrivée en Asie Mineure, atteindre bientôt à un degré de vie et de mobilité propre à stimuler le sentiment inné de l'art chez eux, pour l'élever ensuite rapidement à un développement admirable. Mais il devait en même temps modifier .son essor et le pousser plutôt à la musique et à la poésie qui agis.sent

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dans le temps, qu'à l'architecture et à la plastique qui ne se développent que dans l'étendue. Voilà pourquoi l'ionie fut la patrie d'Homère , à une époque où l'Architecture semble encore n'avoir été développée que dans une mesure très-i'eslreinle. La poésie et l'art n'absorbèrent pas en lonie toutes les facultés de l'homme. La philo.sophie y fut aimée et cullivée : Thaïes et Anaximandre étaient de Milet, et Anaxagoras, de Clazomène. Chez des esprits qui atteignirent même aux hauteurs métaphysiques les plus élevées, le génie du commerce faisait aussi prévaloir ses avantages; la spéculation sage et heureuse de Thaïes nous est connue par un passage d'Aristote'.

Mais si l'ionie fut la patrie de la plus admirable poésie épique, elle nous est chère et elle nous intéresse particulièrement encore, parce qu'elle est aussi la patrie de l'Architecture qui porte son nom, et <(ui est ce|)en(lanl, il faut le dire, d'ime beauté j)lus poétique et surtout plus pilt(>res{(ue qu'architectoiiiipu'. L'ordre ionique a, sans contredit, une moindre valeur qtui le style dorique, si simple, si noble et si digne !

Les plus grandes |)reiivcs ilc la richesse, de la fertilité et de l'active MU)l)ilit('' de l'espi'ii innii'u, sont les créations extraordinaires et vraiment étounautes des Ioniens d'Asie et des îles, pendant les deux siècles qui précédèrent les guerres persiques : la poésie ïambique et élégiaque, les origines de l'investigation philosophiciiu', la narration historique, auxquels il faut joindre la création de l'ordre ioniqiu'. Toutes les conceptions, au contraire, produites par les Ioniens de la mère patrie, l'Atlicpie, apparaissent de leur côté timides, circonspectes, restreintes, nous n'osons pas dire insufîisanles pour le but proposé, comparées aux productions de l'intelligence, nées en Asie Mineure, et qui sont toutes hardies, osées et d'ime venue prodigieuseuieiil frrlilf, l'iche et \oluptueuse.

La culture ionienne de l'Asie Mineure, ilit ini auteur, nous apparaît comme une plante apportée du sol originel dans im sol plus fertile l't sous un ciel plus favorisé du soleil, et qui, avec inie végétation éclose en serre chaude, otfrc une profusion de feuilles et de fruits, tandis que la plante mère, restée dans la patrie, tout en ayant une lige nue et un moins grand nombre de branches, produisait cependant à la lin des IViiils plus parfaits et plus niUritifs.

Dès l'origine, l' Vrchilcclure de l'ionie a eu dt's prnicipes moins

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