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cardinaux ; de bassins, de galeries, de salles destinées sans doute au sacerdoce ou aux gardiens de ces monuments.
Ritter regarde comme certaine l'identité de ces Topes avec les Stupa's de l'époque sanscrite, sur le Gange, et avec les Dhagobs, de l'île de Ceylan, du temps le plus reculé du bouddhisme jusqu'au v" siècle avant l'ère vulgaire, et encore avec les Thà's ou Sou-tu-pos des relations chinoises du iV siècle après cette ère. Il trouve dans tous ces monuments les éléments et les principes du style moderne des pagodes qu'on rencontre par milliers dans la partie orientale de l'Inde, au milieu des contrées où règne le culte de Bouddha '.
La belle, grande et riche île de Ceylan , appelée dans la langue pâli Tànibaparna, en sanscrit Lanka, chei les Grecs, depuis Alexandre le Grand, Taprobaiie, par Ptolémée, Salike, renferme des monuments d'architecture non moins intéressants, quoique moins anciens, que ceux des autres contrées de l'Inde. C'est à Anourah-de-Poura, ville royale d'Ana, que se trouvent les ruines de neuf temples et celles de beaucoup d'autres monuments encore. Ces neuf temples sont aujourd'hui encore en grande vénération ; des milliers d'Indiens y font des pèlerinages. Ils sont situés à l'ouest du fleuve Aripo. Là, on voit le Bo- Malloa, l'enceinte qui contient les arbres sacrés de Bouddha, le groupe des mille piliers, nommé Lowa-Maha-Paya, et les sept tunmlus ou Dhagobs dont chacun a reçu le nom particulier do son fondateur.
Le Bo-Malloa - est une construction pyramidale en granit, composée de quatre terrasses carrées s'élevant en retraite les unes sur les autres. Ces terrasses sont simples, sans ornements et d'un travail soigné. Leur apparence est hardie; la base seule est ornée de corniches, qui, pour le travail, peuvent être comparées aux ouvrages grecs. Au centre de la façade du nord, un large escalier, composé de treize marches, conduit vers un autel, sur lequel on fait des offrandes composées de fleurs. Un autre escalier, sur la face occidentale, conduit à une troisième terrasse. L'entrée est composée d'un arc et ornée de .sculptures grotesques en relief; vis-à-vis de cette espèce de portail se trouve un autel destiné également à recevoir des offrandes de fleurs. Celte tcrra.sse en contient une quatrième qui ren-
1. Ritter, Les Colosses de Bamiijan et les Slupa's, etc., p. 174.
2. J. J. Chapmaii, Remarias on the ancient city of Anurajapura atul Ihe îiill temple of Melienlete in the Island of Ceylon, dans les Transactions of the Koyal Asiat. Soc. of Gr. Brit., vol. 111, pi. 3, p. 463-495. — J. Davy, Account of the iuterior of Ceijlon, etc. London, 1821. hi-1.
MUNUMENTS DU CE VLAN. G'jl
ferme k'.s arliros sacrés; l'enceinte qni les enlonic n'a i|uf: \'"2l d'élévation. La terrasse elle-même a G™ 00 de liaiil(nir. La plus grande des quatre a O""!/! et environ 30 pas d'étendue horizontale. Au pied de l'escalier principal se trouvent deux piliers de granit ayant sur leurs faces des figures sculptées en relief. Sur le mur oriental s'élève une figure colossale de Bouddha. Il y en avait encore d'autres, mais plus petites, dont on retrouve les vestiges au pied de la grande statue. A l'ouest est placée une petite chapelle dans laquelle il y a des idoles en métal, représentant Bouddha; les prêtres sacrifient dans ce sanctuaire. L'ensemble du temple est entouré d'un mur de pierre de 120 pas de longueur, de 22™ 85 de largeur sur les quatre sens et 2™ /i3 d'élévation ; il est orné d'ouvertures triangulaires pour y placer des lampions pendant les fêtes et les cérémonies. L'entrée forme un monument à part, sur la balustrade duquel on voit une rangée de pilastres d'un granit dur et bleuâtre ornés de sculptures remarquables, parmi lesquelles on distingue surtout des rangées d'oies ayant des feuilles dans leur bec : l'oie était l'oiseau royal des bouddhistes.
Non loin de là sont les Mille-Piliers. C'est un carré sur chaque côté duquel existent encore une quarantaine de piliers de 3"0Zi à 3°'65de hauteur, de 20 à 30 centimètres carrés, espacés l'un de l'autre d'environ i'^bi'.
Les Dhagobs sont des espèces de tumulus composés de murs et de terre à l'intérieur comme à l'extérieur, entourés de fortes murailles en dehors, et dans le centre sont conservées en général des reliques de Bouddha, ou de saints voués à Bouddha, ou de rois bouddhistiques. Enfin on trouve à Anourah-de-Poura sept de ces Dhagobs de plusieurs dimensions colossales et une infinité de plus petits. Les plus anciens ne sont formés que de terre, et présentent un véritable tumulus. On y monte par quelques degrés en pierre; ils sont nommés Tapa-Rama. D'autres Dhagobs sont entourés circulairemcnt d'une rangée de piliers ; il y en a aussi qui présentent une plate-forme à leur sommet.
Sur les rives du lac Neura-Wava, à quatre ou cinq lieues d'Anourahde-Poura et au nord-est, sont les magnifiques ruines des' temples de Mehentélé, au nombre de trois. On y arrive par un sentier à travers une forêt et par un escalier composé de marches en granit