‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 89 sur 309 · Piedagoç, I. 111. c. I · texte numérisé non relu

Piedagoç, I. 111. c. I

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l'imago d'un hiu't^^r portant un agiienii sur sus épaules, syinhulc de Ji'sus qui sauva les périieurs repentants, idée prise do la similitude de l'Kvangile. II est possible que la peinture ait introduit dans les églises les images religieuses vers la fin du m'" siècle; carie concile d'Elvire, en 305, se déclara contre cette innovation , en ordonnant que les sujets d'adoration, et auxquels on devait adresser des prières, ne pussent point ("tro points sur los murailles '.

Lorsque la religion chrétienne nVut plus rien à redouter du paganisme, qu'elle se vit maîtresse et que la croix brilla partout, elle ne fut plus aussi hostile aux beaux-arts que dans le principe de son établissement et pendant les premiers siècles qui le suivirent. L'esprit du christianisme n'exclut pas les arts de son sein ; il sait, au contraire, s'approprier, transformer et croit sanctifier tout ce qui est purement humain. Mais il redoutait un danger, celui que les œuvres de l'art ne prissent une trop "grande prépondérance, et ne nuisissent évidemment aux choses saintes. 11 craignait que le luxe extérieur et la richesse n'étouffassent la naïve et candide piété du cœur, que la sensualité et l'imagination n'en fussent maîtrisées et plus occupées que le cœur et .l'âme. Peu à peu cependant, l'Église s'aperçut que le danger n'était point aussi grand qu'elle l'avait pensé. Elle comprit que l'art avait aussi ses effets moraux et intellectuels, quand il s'ennoblit, quand il sent lui-même sa hauteur, et qu'il accomplit véritablemont sa belle et grande mission. Dès ce moment, les beaux-arts furent les auxiliaires les plus fermes et les plus éloquents des prédicateurs de la foi. Cette alliance eut lieu vers le i\' siècle, où nous la voyons entrer dans tous les monuments du culte. Mais comme il arrive toujours que les hommes passent d'un extrême à l'autre, au iv* siècle, Lsidore, cet abbé pieux de Pelusium, reproche déjà à son évéque, dans une lettre curieuse, qu'il décore les bâtiments de l'église avec trop de luxe, avec trop de marbres précieux, et qu'il détruit par là la véritable Église, celle qui est au sein de la communion des lidèles. Il l'engage à bien distinguer les bâtiments de l'église d'avec l'Église elle-même ; celleci se compose des âmes pures, ceux-là de pierre et de bois, dit-il. Du temps des apôtres, poursuit-il, il n'y avait point encore d'enceintes religieuses, mais la communauté de l'Église était riche en dons de la grâce et de l'esprit. Maintenant les églises sont ornées de marbres précieux, mais l'Église spirituelle est privée des dons de la grâce et de l'esprit '-.

1. Ne, quod colitur et adoratur, in parietibus depingatur. ConciI.Tllibert.,e. xxxiii.

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