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siirloiit, l;i t-i'lcbrc Notre-Dame'. Constantinople lui devait un grand nombre d'tklificcs. Il augmenta l'église des Apôtres- et y fonda un caveau pour la famille impériale. Il ordonna une quantité d'églises et de chapelles en l'honneur des martyrs et des saints'. Les principales étaient situées dans les Blachernes, Bla/spvai, dans la partie nordouest de la ville, située anciennement hors des murs, non loin de la quatorzième région, l ne autre église était bàlie dans le sud-ouest de Constantinople : elle s'appelait Ecclesia Deiparx ad fontem *. Végèce assure que plus de cinq cents architectes furent employés par Justinien à réparer les bâtiments dégradés et à en ériger de nouveaux dans les anciennes provinces de l'empire et dans les pays qu'il reconquit en Occident.
Le temple de Sainte-Sophie, aujourd'hui Aja-Sofia, converti par les Turcs en mosquée impériale, Dschasmi , est situé dans le sud-est de la ville, dans une position avantageuse, sur une petite énn'nence qui domine la mer, et près du sérail.
L'art semblait s'être épuisé dans la création de Sainte-Sophie , et pendant quelques siècles nous ne voyons s'élever aucun monument qui ])\iisse lui être comparé. Les troubles politiques qui bouleversèrent l'Asie et l'Europe sont sans doute la cause principale de la décadence dans les arts et principalement de rarchitecliire. Il est probable ({ue le changement dans les idées et dans le goût y contribua aussi, et toutes ces causes firent qu'on s'écartait toujours davantage des formes rationnelles et grandioses.
Nos connaissances actuelles sur les monumrnts bxzanlins nous font présumer qu'à partir de la fin du v siècle jusqu'au viii*^, les chrétiens d'Orient ont mis peu de zèle à élever des monuments nouveaux et remarquables par leur style ou leur dimension. Ils .se contentèrent, comme au commeiîcement du christianisme, de convertir les temples antiques en ('gliscs chrétiennes. Un auteur du temps. Bède le Vénérable ", nous apprend que le pape Grégoire le Grand, mort en 60.'i, conseillait à un missionnaire, de l'Occident à la vérité, à Augustin, de ne point détruire en Angleterre les temples saxons des divinités locales, mais de les transformer en églises pour le nouveau culte. Le petit nombre des églises grecques des vi^ et vu' siècles nous ferait présumer qu'il en fut de même dans l'empire d'Oi-irnl,
I. l'rocope, De ajif. JusUk. I. v, eh. vi. — 2. Iil., ihiJ,, 1. i, tli. :v. :S. /(/., ibiil., 1. II, cil. IV, G. — 4. W., ibid., I. I, cli m. .). licda' Yen. Ilisl. F.ccl. Angl., 1. i, cli. xxx.
E M IMO li K 11 li s ICONOCI.XSTKS. 75.')
C'csl pendant celte époque encore que le l'anlliéon de Rome, l);iii par Agrippa sous le règne d'Auguste, fut converti en église chrétienne. L'empereur Pliocas (il régnait de 602 à 610) fit hommage de cet édifice, avec toutes les statues anciennes qu'il conlenaii, au pape iîdniface IV, et celui-ci le mit sous l'invocation de la vierge Marie et des martyrs'. C'est cette église remarquable qu'on nomme aujourd'hui encore Chiesa-(l('lla-lii)(onda.
Après Justinien, plusieurs empereurs tentèrent de maintenir la splendeur de la capitale en élevant de nouveaux monuments publics. Mais des guerres et des malheurs divers affaiblirent l'empire, et les arts furent de nouveau plongés dans une léthargie profonde. Sous l'empereur Justin H, au milieu du vi" siècle, l'empire d'Orient perdit l'Italie, et des irruptions faites par les Avares bouleversèrent l'État. En 618, sous Héraclius, les Avares et les Perses inquiétèrent même la capitale. En 699 les Arabes firent trembler l'empereur, et Constantinople fui assiégée pendant sept années. Pour surcroît do malheurs la capitale et les villes des provinces, exposées continuellement à des séditions populaires, étaient souvent la proie des flammes ; et ces incendies ont sans doute fait disparaître une foule de monuments remarquables ])our l'étude archéologique.
L'empereur Léon III, surnommé Isaui-e, suscita, en 726, la guerre des Iconoclastes, par un édit défendant l'adoration des images.- Cet édit occasionna des émeutes, des révolutions pendant lesquelles les monuments d'art furent en proie à de fréquentes destructions. Léon perdit les seules po.ssessions qui lui restaient en Italie, pendant que les Arabes et les Bulgares inquiétaient sans cesse l'empire grec. Ce ne fut que vers l'année 797 que l'impératrice Irène, après avoir- fait crever les yeux h son propre fils, Constantin VI Porphyrogénète, rétablit la paix dans l'empire en faisant cesser en partie la guerre des Iconoclastes. L'impératrice Théodora ne réussit qu'en 8Z|2 à étouffer entièrement Celte guei're funeste aux idées religieuses et aux arts.
Pendant le règne des empereurs iconoclastes, les tableaux et les mosaïques représentant des sujets religieux à ligures furent interdits dans les monuments du culte. 11 est probable que les artistes n'osèrent représenter des figures humaines dans les chapiteaux des monuments et autres parties ornées de sculptures. De là sans doute cette invention si variée d'êtres fantastiques que nous apercevons dès le viii'' siècle
1. Anastani lib. Poiilif., p. 2.38, — Voyez aussi lïeilœ Veii., 1. il, cli. v.
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aux monuments méridionaux do l'Europe, principalement à ceux des provinces soumises à l'iniluence de l'empire d'Orient. Les sculpteurs byzantins', placés pour ainsi dire, comme les artistes arabes, sous le poids d'un code qui défendait la représentation de la figure liumaine pour les sujets exposés dans les églises, se jetèrent sur le règne végétal. De là cette multiplicité et cette diversité de combinaisons de feuillages et d'entrelacs. Le commerce avec les Arabes et l'Asie leur apprit à connaître les riches étoffes de l'Orient. La cour de Byzance, dans son luxe effréné, apporta une richesse extraordinaire dans les costumes et les ornements. Les galons d'or surtout ont du être employés avec profusion. C'est de là peut-être que viennent ces dessins si variés et si nombreux que nous voyons aux tailloirs des chapiteaux et aux cordons des monuments dès le vni^ siècle, et qui représentent des galons plies et repliés sur eux-mêmes en carrés, en losanges, en rectangles, en cercles, en étoiles, se dessinant enfin en mille figures variées et différentes. On copia en Occident ces dessins jusqu'à la fin du xn" siècle, (juarid d'autres idées amenèrent aussi une autre ornementation.
On voit par le coup d'oeil général et rapide que nous venons de jeter sur l'architecture byzantine, que les monuments chrétiens, en Grèce, sont peu nouiljreiix. Nous aurons à étudier l'influence que l'architecture byzantine a eue dans d'autres pajs, en Italie et dans les contrées qui l'avoisinent, en France, en Allemagne et même en Angleterre, oii le plein cintre et les ornements de l'Orient semblent se reproduire à profusion. Jusqu'aux croisades, tous ces pays étaient presque barbares; ils ont pu créer cependant jusqu'à un certain point un nouveau style d'architecture. Ils ne se contentèrent point d'imiter plus ou moins iieureusement les munuuu'iits des siècles passés, ceux de Rome surtout.
I)i: NOM DK liVZAMIN. 757