Temple de Khonsu a Karnac
Colonnes cent»ales de la salle couverte.
Pehor-se-Amon et Picham, grands prêtres parvenus au pouvoir, terminent la décoration du temple de Khons ou Khonsu, fondé par Rhamsès III, et commencent probablement aussi la construction de la cour du palais de Karnac, généralement attribuée aux Bubastites.
Avec Rhamsès (vers 1270 avant l'ère vulgaire), l'Egypte avait cessé d'être la puissance la plus considérable de l'antiquité. Sous Ménephtha et Rhamsès 111, l'Egypte est de nouveau réduite à ses anciennes et naturelles limites des bords du Nil, au moment où l'empire d'Assyrie assume la prépondérance; alors aussi plus de nouveaux temples, plus de nouvelles sculptures dans la vallée d'Osiris ; plus de combats et de conquêtes à glorifier. Il ne fut fait que quelques additions et quelques agrandissements au vieux palais et à l'antique temple de Karnac. Les tombeaux de Biban-el-Molouk eux-mêmes témoignent de
TEMPLE DE KÂRNAC. 2(|5
la modestie architectonique des princes égyptiens. Vers l'année 1000 avant l'ère vulgaire, le roi Smendès transfère dans l'Egypte inférieure sa résidence qui avait été à Thèbes depuis l'expulsion des Hyksos. 11 ne choisit point IMemphis, où dans les temps primitifs l'Empire avait vu naître ses commencements ; mais Smendès se fixe plus au nord ; il élut son séjour à Tanis et en fit le siège du gouvernement.
Vers 982 avant l'ère vulgaire, Scheschonk I" se fixe à Bubaste. Sur une des parois du palais de Karnac, on voit une sculpture où est figuré ce roi traînant aux pieds d'Âmon, de Mouth et de Khonsu, les chefs de plus de trente peuplades et nations vaincues, parmi lesquelles on remarque Joudahamalek, le royaume des Juifs ou Juda. La puissante race des rois bubastites s'occupa à guerroyer et laissa à peine quelques œuvres remarquables.
Vers 7^5 l'Egypte subit un grand désastre. Dès l'ancien Empire, l'Egypte avait étendu son pouvoir au delà de Syène, en suivant le Nil, jusqu'en Nubie, à Semneh et à Kummeh ; après la restauration ou pendant le nouvel empire, les rois d'Egypte avaient étendu encore davantage ce pouvoir et avaient gouverné la Nubie tout en résidant à Thèbes ; ils rétendirent même jusqu'au mont Barkal dans le Dongola. Cette prépondérance fut perdue sous les faibles successeurs du grand Rhamsès, et les Éthiopiens prirent enfin leur revanche sur l'Egypte. Sabakon (en égyptien Schabak) s'en empare, et en se coiffant de la double couronne des rois d'Egypte, il imite leur exemple; il fait restaurer les temples ou poursuivre la construction de quelques monuments inachevés. Ses successeurs firent de même; Taharaka, le troisième Ethiopien, fonda un temple sur le mont Barkal.
Au commencement du vu" siècle avant l'ère vulgaire, il paraît qu'une révolution anéantit l'usurpation d'une domination étrangère. ' Les descendants de Bokkoris (Bok-Hor en égyptien), de Sais, levèrent l'étendard de l'indépendance, et Taharaka fut obligé de quitter l'Egypte ; mais l'unité égyptienne était rompue. Douze princes nationaux assumèrent le pouvoir; ils constituèrent une ligue : le temps de leur gouvernement est nommé Dodekarchie, le règne des douze. Ils restaurèrent le labyrinthe, le palais des assemblées nationales. Vers 680 , Psammitique , un des douze princes fédérés, ayant vaincu ses compétiteurs à l'aide de mercenaires grecs de l'Asie Mineure, releva les arts, fonda divers édifices, répara et compléta ceux de ses prédécesseurs. Ce prince ajouta les portiques du midi au temple de Phtha, à Mem-
phis '. Vis-à-vis de ces portiques, il fit faire à Apis un bâtiment oîi on le nourrissait quand il s'était manifesté ; c'était un péristyle orné de figures et soutenu par des colosses de douze coudées (5'"5/i) de hauteur, qui tenaient lieu de colonnes -. Sous Psammitique, l'emploi des voûtes en briques , abandonné depuis la xviii^ dynastie, reparaît sur quelques tombeaux, à Memphis et à Thèbes. C'est encore du règne de ce roi que date l'obélisque de Monte-Citorio , d'abord érigé à Rome, dans le Champ de Mars. On le retrouva en 17/i8, et, vers 1789, Pie VI le fit placer devant la Curia Innocentiona où on le voit aujourd'hui. Ce monument égyptien à 21 mètres d'élévation.
Sous cette xxvr dynastie, se développa une véritable renaissance tout ég\ptienne, tout archaïque, qui a sa physionomie spéciale et qui ne disparut que lors de la conquête des Perses. Sous les Saïtes, la statuaire fit des progrès admirables; sans sortir du type ég^'ptien, les membres des statues acquièrent plus de souplesse et de vérité; les statuettes surtout deviennent extrêmement gracieuses. Les artistes imitaient alors les formes sveltes des types memphitiques de la xu*^ dynastie , époque brillante dont les souvenirs paraissent avoir été en grand honneur et ont exercé beaucoup d'influence. La gravure des hiéroglyphes redevient d'une finesse extraordinaire. L'art saïtique était dans une voie de progrès qui dura peu de temps , mais qui a laissé quelques œuvres remarquables.
Il y a des colonnes dans la grande cour du palais de Karnac qui portent le nom de Psammitique. Ce roi , qui avait pour auxiliaire des troupes grecques de l'Asie Mineure, des Ioniens et des Cariens, affectionnait les Grecs si particulièrement qu'il fit donner à ses fils une éducation toute grecque. Il fut aussi le premier des rois d'Egypte qui ouvrit aux étrangers les comptoirs dans les diverses parties de ses États, et qui donna les plus grandes garanties de sécurité aux navigateurs.
iSéko II, fils de Psammitique, entreprit la continuation d'un canal destiné à faire communiquer la Méditerranée, par le Nil, avec la mer Rouge ; cette entreprise avait été commencée par Rhamsès II. Mais Néko, après avoir réfléchi et écouté les conseils des hommes sages de ses États, voyant que ce canal ne servirait qu'à infester son pays de barbares (par barbares on entendait les Arabes), abandonna l'entreprise. Alors il porta tous ses soins vers la marine : une flotte sortie de la mer Rouge