TEMPLE DE DENDERAH
continué sous P. Philonietor et Évergètes II ; on y voit même des basreliefs du temps de Cléopâtre-Cocce et de Soter II. Il était dédié à Sévek, à Hathôr et au jeune dieu Khonsu. Les troupes stationnées dans le nome ombite ajoutèrent un pronaos à ce temple. Le grand propylon voisin du Nil est de l'époque de Philométor ; il conduisait au petit temple. Le petit temple d'Ombos, construit par Évergètes II, Cocce et Soter II, était comme l'un des temples de Philae et le temple d'Hermonthis, un Eimisi ou Mammisi, c'est-à-dire un édifice sacré, figurant le lieu de la naissance du jeune dieu de la triade locale, où les déesses Hathôr et Tsonénoufré avaient enfanté leur fils Khonsu-Hôr et Pnevtho, les deux fils des deux triades d'Ombos.
Ce fut encore Ptolémée-Épiplianes qui fonda le grand temple d'Edfou (Apollinopolis-Magna, Halfouh, en égyptien), dédié à Aroéris; ce temple fut continué par P. Philométor, Évergètes II, Soter II et son frère Alexandre. Le second édifice d'Edfou, dit le Typhonium, est encore un petit temple, dit Mammisi, que l'on construisait toujours à côté de tous les grands temples, où une triade était adorée.
En l'an l/i6 avant l'ère vulgaire, Évergètes II décora le pronaos du temple d'isis à Philae : cette sculpture est digne en tout de cette époque de décadence. Mais les chapiteaux isolés en sont toutefois remarquables par leur goût et leur élégance.
De /i5 à kO avant l'ère vulgaire, Cléopâtre, fille du dernier Ptolémée, Aulétès, et Ptolémée-Césarion son fils, fondèrent le temple d'Hathôr à Denderah (Tentyris). Sans être noble, l'architecture en est grandiose ' ; mais la sculpture en est maniérée et détestable. La sculpture à cette époque s'était déjà corrompue, tandis que l'architecture, moins sujette à varier, puisqu'elle est un arl cliiffré, s'était soutenue digne des dieux de l'Egypte et de l'admiration de tous les siècles ^. C'est de ce règne éphémère que date aussi le petit Eimisi d'Hermonthis, qui fut élevé en commémoration de la grossesse de Cléopâtre et de son heureuse délivrance d'un garçon, Ptolémée-Césarion, le fruit de sa bénévolence envers Jules-César, à ce que dit l'histoire ^.
1. Monuments de VEgrjjUe et de la Nubie, etc., par Lepsius, in-fol., Il<= vol. l""» division pi. 66. — 2. ChampoUion, Lettres écrites d'Egtjple, p. 91. 3. Plutarque, Vie de César, ch. lxix.