‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 114 sur 298 · TEMPLE D'HATHOR · texte numérisé non relu

TEMPLE D'HATHOR

galerie ou portique couvert qui du petit édifice (A) de Nectanèbe conduit au grand temple est de l'époque des empereurs romains; les sculptures sont des règnes d'Auguste, de Tibère et de Claude '.

Au règne de Ptolémée-Philadelphe appartient aussi un petit temple de la Nubie, celui de Deboud (l'ancienne Parcmbole), Tébot en égyptien, un peu au sud de Pbilae. Ce temple, situé sur la rive gauche du Nil, présente d'abord trois petits propylons qui conduisent au monument. Cet édifice, qui a 20 mètres de longueur sur 12™ /jO de largeur, a été bâti en grande partie par un roi éthiopien nommé Atharamon, prédécesseur ou successeur d'Ergamènes, qui le dédia à Amon-Ra et à Hathôr. 11 a un portique formé de quatre colonnes, deux desquelles ont urf chapiteau orné de feuilles recourbées en volute : les chapiteaux des deux autres colonnes sont restés inachevés. Ce petit édifice a été continué mais non terminé sous les empereurs Auguste et Tibère^.

Plus au sud encore, est situé le temple de Dakkeh (l'ancienne Pselcis), Pselk en égyptien, dédié à Thôt, et dont la partie la plus ancienne a été construite et sculptée par le plus célèbre des rois éthiopiens, Ergamènes (Erkamen), qui détruisit le gouvernement théocratique et sacerdotal de Méroé^. 11 a été continué par Évergètes 1", par son fils Philopator et son petit-fils Évergètes II; l'empereur Auguste en a poussé, sans l'achever, la sculpture intérieure *. L'édifice de Dakkeh a un portique à deux colonnes, dont les chapiteaux sont semblables à ceux du portique du temple de Deboud. Il a 9'" 92 de largeur sur 22™ 72 de profondeur.

Derrière l'Aménophéion occidenlal de Thèbes, sur la rive gauche du Nil, dans un vallon formé par les rochers de la montagne libyque et un grand mamelon qui s'en est détaché du côté de la plaine, il existe un petit temple décrit par la commission d'Egypte sous le nom de petit temple cflsis^. 11 a été bâti par Ptolémée-Philopator (221 à 20/i) qui le dédia à Hathôr. A 16 mèti'es de distance, il est précédé d'un pylône. Le temple lui-même se compose d'un pronaos fermé, d'un corridor transversal, d'un sanctuaire médial ayant une pièce oblongue de chaque côté. Ce monument a 15'"80 de longueur sur 9"" kk de largeur. Le pronaos est formé de deux colonnes et de deux piliers ornés de têtes symboliques de la déesse Hathôr.

1. ChampoUion, Lettres écrites d'Egypte, p. 115, 144, 164. — 2. M., p. 163. 3. Diodore, 1. m, c. 6. — 4. ChampoUion, Lettres, etc., p. 149. .5. Description de l'Egypte, Antiquités, t. II, pi. 34 et suivantes. — ChampoUion, Lettres écrites d'Egypte, p. 313 et suivantes.

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A la même époque peut aussi appartenir un petit temple situé non loin et au sud-ouest de celui de Khons ou Khonsu à Karnac. On y voit un portique fermé, composé de deux colonnes et un étage offrant une fenêtre à meneaux formant grille et qui semble déchargée à son sommet par un arc plein cintre'. De Ptolémée-Philopator datent encore les ruines d'un temple dédié à Amon, et situé à Akhmin (l'ancienne Panopolis).

Vers l'année 200 avant l'ère vulgaire, Ptolémée-Épiphanes construisit plusieurs temples spacieux et leurs dépendances, qui furent continués et achevés sous ses successeurs. C'est à ce prince qu'est due la fondation du grand temple d'Esneh (l'ancienne Latopolis) dédié à Kneph. L'architecture en est assez belle, mais les sculptures en sont détestables. La portion la plus ancienne de cet édifice est le fond du pronaos, c'est-à-dire la porte et le fond de la cella, contre laquelle le portique a été appuyé -. La corniche de la façade du pronaos porte les légendes impériales de Claude; les corniches des bases latérales, les légendes de Titus, et, dans l'intérieur du pronaos, les parois et colonnes sont couvertes des légendes de Domitien, de Trajan, d'Antonin surtout, et enfin de Septime-Sévère , qu'on a trouvé là pour la première fois ; le monument d'Esneh est un des plus récemment achevés ^ : ses matériaux proviennent des carrières de Silsilis. Le temple d'Esneh a été regardé, d'après de simples conjectures établies sur une façon particulière d'interpréter le zodiaque du plafond, comme le plus ancien monument de l'Egypte : et c'est au contraire le plus moderne de ceux qui existent encore dans ce pays. Il faut remarquer que les temples élevés en Egypte après la conquête des Perses (postérieurs à 525) sont d'une conservation plus parfaite que celle des monuments de la xviii" dynastie. C'est ce qui les a fait étudier davantage, sans doute, par les premiers voyageurs qui visitèrent l'Egypte, et c'est ce qui leur a aussi donné l'importance usurpée qu'ils ne méritent à aucun titre. • — Au nord d'Esneh, était situé un autre temple dédié à Kneph, à Neith, etc., construit à ce qu'il paraît par Évergètes I^"" et continué par ses successeurs ^

Ptolémée-Épiphanes commença le grand temple d'Ombos^ qui fut

1. Description de r Egypte. Antiquités, t. III, pi. 58 et suivantes.

2. Monuments de VEgypteet de la Nubie, par Lepsius, in-fol. Ile volume, l'^ division, pi. 98. — .3. Champollion, Lettres écrites d'Egypte, p. 108, 199. — 4. /d., p. 204.

5. Monuments de VEgypte et de la Nubie, par Lepsius, in-fol. 11^ volume, V division, pi. 102.

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