ÉPOQUE ROMAINE
temple de Kalabsché (l'ancienne Talmis) leur appartient'. II a été élevé sous Auguste, Caligula et Trajan, et n'a jamais été terminé. 11 se compose d'un vaste pylône en biais sur la cour à la suite de laquelle est un portique de douze colonnes, et de 16 mètres de profondeur sur 2k de largeur ; viennent ensuite trois salles, dont chaque plafond est soutenu par deux colonnes. Ces salles se commandent ; elles ont ensemble 23 mètres de profondeur sur 15 de largeur. Le temple de Kalabsché était consacré à Malouli, fds de Horus et d'isis.
A Tafah (l'ancienne Taphis), sur la rive gauche du Nil et au nord de Kalabsché, existent deux petits monuments de la même époque, sans sculptures ni inscriptions hiéroglyphiques -. A Kardâssi ou Korte, se trouvent encore les restes d'un petit temple isolé d'isis, élevé sous les Romains ^ ; il a 8 mètres carrés. A Dandour, on voit aussi un petit monument religieux non achevé et du temps d'Auguste : il est relatif à l'incarnation d'Osiris\ La façade du pronaos est formée de deux colonnes. Ce monument a 6"" 60 de longueur sur IS'^SO de profondeur. A Kesseh, est un édifice du même temps ^ ; il se compose d'un pronaos, d'une vaste salle et du sanctuaire; il a 7™ 50 de largeur sur 18 mètres de profondeur. Enfin à Méharraka est un temple de l'époque romaine : il forme une cour hypéthrale, entourée de trois côtés de colonnes , six sur les deux longs côtés et quatre en travers ; à un des angles se trouve un escalier en spirale. Ce monument a 13"" 50 de largeur sur 15"" 50 de profondeur ^.
Les temples de Kefth (Coptos), démolis par les chrétiens, appartenaient à Nectanèbe, à Auguste, à Claude et à Trajan. A Syène, Nerva éleva un petit temple à Kneph, à Saté et à Anukis.
A Thèbes, les Romains avaient construit, sur la rive gauche et au sud de l'Hippodrome, un petit temple sans colonnes. Il eut pour fondateur l'empereur Adrien, et le propylon qui y conduit date du règne d'Othon. Nous avons déjà parlé des propylées qu'Antonin le Pieux ajouta au-devant du Thoutmoseion de Médinet-Abou ''.
Sous le règne de Tibère, les habitants du nome Tentyrite ajoutèrent le pronaos au temple d'Hathôr, élevé par Cléopâtre à Dendérah.
L'année 250 de l'ère vulgaire est la dernière date des monuments égyptiens de l'époque romaine. De cette année est un cartouche de
1. Gau, Antiquités de la Nubie, pi. 12 à 22. — Champollion, Lettres écrites d'Egypte, p. 155 et suivantes.
2. Gau, Antiquités de la Nubie, pi. 10 et 11. — 3. Id., pi.- 7 à 9.
4. Id., pi. 23 à 26. — 5. Id., pi. 39. — 6. Id., pi. 40 et 41. — 7. Page 240.
l'empereur Decius sur le temple d'Esneh, qui fut décoré durant toute la domination des Césars. Après eux, on ne construisit plus ; les temples furent encore desservis jusque sous le règne de Justinien, époque à laquelle une nouvelle religion sémitique s'empara des monuments arians de l'Egypte pour introniser un culte étranger dans la belle vallée d'Osiris.
iSous ne passerons pas sous silence la description du plan des temples égyptiens, que donne Strabon dans le livre XVII, page 805, de sa Géographie.
Devant les temples, il y a une avenue pavée en dalles, dont la largeur est d'environ un plèthre (30 mètres) plus ou moins; la longueur de cette avenue, appelée dromos, est triple et quadruple de sa largeur, et elle est même quelquefois encore plus considérable. De chacun des côtés de l'avenue sacrée, et dans toute sa longueur, règne une suite de sphinx en pierre, espacés les uns des autres de vingt coudées (9'"20) ou environ. Après les sphinx, on trouve une construction étendue en longueur et de peu de profondeur, sur chaque côté de laquelle s'élèvent deux masses de maçonnerie en forme de tours ou pyramides tronquées par le sommet, dont les faces sont plus larges en bas qu'en haut. Au pied des tours et au milieu de ce monument, qui est nommé propylées, il y a une porte de passage.
Dans les monuments ég^'ptiens, le nombre des propylées n'est pas déterminé, celui des sphinx ne l'est pas non plus: il y a quelquefois deux, trois, quatre et même six propylées, comme au grand temple de Karnac. Au delà des propylées s'élève le naos, contenant en entrant le pronaos, la cella et le sécos. le sanctuaire, que les auteurs modernes ont quelquefois aussi appelé adytum.
Le pronaos est d'une dimension considérable, le sécos de grandeur moyenne, et quelquefois même petit en comparaison du premier. De chaque côté du pronaos s'avance ce qu'on appelle les ptéres, les ailes. Voici les paroles textuelles de Strabon : « Ce sont deux murs, dont la hauteur est égale à celle du temple, leur éloignement l'un de l'autre est d'abord un peu plus considérable que la largeur du soubassement du naos ; mais ensuite, à mesure qu'on avance, on voit leurs faces se prolonger pendant l'espace de 50 ou 60 coudées en se rapprochant l'une de l'autre'. » Ce passage, très-obscur, a donné lieu à beaucoup de controverses do la part dos philologues, qui tous ont été très-