CHRONOLOGIE ASSYRIENNE
liant l'ère Tulg.
Fondation de l'empire babjlo- assyrien par un roi encore inconnu, vers. . . 1274 Ninive est agrandie par des constructions nouvelles et elle devient la capitale du Royaume-Uni.
Assyriens en Crète 1240
DiVANOUCHA commence à régner à Ninive. — Tiglat-Pileser lef. — Construction d'un palais à Kalah-Sherghat 1200
Anachbar-beth-hira? 1130
Mardokempad.
Adrammelech I" ? 1000
Anakou-Merodach ? 960
Sardanapal I^""? Guerres en Arménie et en Asie Mineure, particulièrement sur les frontières sud-ouest. Ithobal , roi de Sidon, tributaire du roi d'Assyrie. Construction du palais nord-ouest de Nimroud (Ninive) 930
DiVANOUBAR, roi babylo-assyrien. Révoltes enBabylonie, guerres en Perse, dans la Médie, en Arménie et en Syrie. Construction du palais du centre
de Nimroud (Ninive) 885 on 900
Shamas-Adar ? 870
Adrammelech II ? 840
Shamasphal? Construction des cbambres ou salles supérieures de Nimroud,
marquées C sur le plan topographique de Nimroud 800
BaedasiV 790
Les Cimbres (Kimmériens) quittent la rive septentrionale du Pont-Euxin et
paraissent en Asie Mineure, poussés par les Tatars 780
ASHOURKISH? 770
Les AriaTis de la Médie ^ devenus puissants , s'élèvent contre la domination
assyrienne 760
La Médie se sépare de l'empire babylo-assyrien 754
Phul, Phouloukh et Tiglat-Pileser 748 ou. . 750
Sargos, fondateur d'une nouvelle dynastie 722
Construction du palais de Khorsabad par Sargon 720
Guerre heureuse contre l'Egypte où régnait Schobek II, ou Sabatolc 714
San ACHARiB, construction du palais de Kouyounjik 703
Essarhaddon, construction du palais sud-ouest de Nimroud 690
Sardanapal V de 660 à 647 660
Destruction de Ninive par les Mèdes et le-; Babyloniens 606
\ . Nous avons dressé cette chronologie d'après les de'couvertes modernes. Elle est incom-
pl'ete , mais nous croyons que telle qu'elle est, elle pourra servir a l'intelligence de notre livre et aider le lecteur à suivre les diverses pe'riodes de l'Architecture qui y sont décrites.
ASSYRIE
L'histoire des Assyriens est encore obscure et incomplète. Les historiens grecs, très-pauvres en renseignements sur ce peuple et le pays qu'il habitait, offrent en outre de nombreuses lacunes et beaucoup de contradictions. Parmi les auteurs modernes, les uns pensent que les Assyriens étaient des Sémites ; les autres croient qu'ils étaient Arians. II y a lieu d'admettre que très-anciennement la population, avec les dynasties qui la gouvernaient, était de race arabe; qu'avec la suite des temps elle fut soumise par les races arianes, d'oi^i sortirent aussi leurs souverains. Il y eut peu de mélange entre ces deux races, mais des substrats multipliés et considérables. Les tentatives de lecture des inscriptions assyriennes en caractères cunéiformes ont déjà légèrement éclairci une partie de l'histoire d'Assyrie ; mais on n'est pas encore parvenu à y mettre une suite chronologique complète.
L'histoire rapporte que Babylone était plus ancienne que Ninive. Babylone a pu être le siège de populations tatares ou sémites qui la quittèrent pour se retirer sur le Tigre et y bcàtir une ville. Mais la Ninive que nous connaissons est une ville bâtie postérieurement par des conquérants arians , qui seuls avaient le génie des arts. L'ancienne Ninive, la Ninive tatare ou sémitique, n'a pu former qu'une agglomération de tentes et de huttes, comme les Arabes en bâtissent encore aujourd'hui sur les mêmes lieux; tandis que la seconde édition de Ninive , celle avec ses splendides palais aux merveilleuses sculptures, dont les plus anciens datent du milieu du xiii^ siècle avant l'ère vulgaire, est non l'œuvre d'Arabes, mais incontestablement d'Arians, qui ont laissé une architecture partout où ils se sont fixés.
27/i LIVRE PREMIER.
Depuis les découvertes récentes faites dans l'Asie occidentak', un chapitre très-important peut être ajouté à l'histoire de l'Architecture. Il s'agit des monuments assyriens qui sont sortis de terre depuis quelques années , après avoir été perdus pendant plus de vingt-quatre siècles. Récents en partie, relativement à l'âge des monuments égyptiens et des constructions grecques des temps héroïques, ceux-ci datent cependant d'une époque très-reculée, car les moins anciens appartiennent encore au viii*^ siècle avant l'ère vulgaire. Nous voulons parler de ce groupe d'édifices royaux et religieux retrouvés sur l'emplacement présumé de l'antique ISinive, une des villes primitives du monde. Ces édifices sont situés sur la rive gauche ou orientale du Tigre supérieur, dans l'angle que le grand Zab forme avec ce fleuve et dans l'ancienne province d'Aturia ^ entre les 36 et 37^ degrés de latitude nord et les ZtO et /tl'^ degrés de longitude est. Destinés à dominer la vaste plaine oîi ils sont construits, ces édifices s'élevaient sur des monticules artificiels, soutenus par des enceintes construites en briques cuites au soleil. Ces divers monticules sont nommés aujourd'hui d'après le nom des villages arabes qui s'y trouvent. Au nord, est celui de Khorsabad ; au sud-ouest, sont ceux de Kouyounjik et de Kebbi Younous; plus au sud, enfin, on trouve ceux de Selamiyah et de Mmroud.
La découverte des monuments d'architecture de Mnive et la lecture des inscriptions cunéiformes sont de la plus haute importance pour les sciences historiques. Ces inscriptions ont jeté un jour tout nouveau sur les temps primitifs de l'Asie occidentale, et ont ouvert de vastes horizons à la science historique, philologique et ethnologique ; elles ont donné aussi une portion des origines de l'art grec qui, jusqu'à présent., étaient restées une énigme. Nous y retrouvons également le type de l'architecture des Perses. Les faits de tous genres, inscrits sur ces étonnants monuments, serviront h suppléer à la déplorable insuffisance des annales sémitiques. Les antiquités de Mnive nous montrent les types qui ont servi aux allégories des poètes juifs; elles nous apprennent aussi que c'est en Assyrie que l'infime petite tribu des Hébreux alla chercher quelques types de son architecture indigente et rare. Cette tribu eut beau vouloir, par ostentation , rivaliser avec ses voisins les Égyptiens et les Assyriens, son génie ne ]-)roduisit rien de remarquable en fait d'art.