Atliura Jans l'inscription de Bisoutoun
CONSIDÉRATIONS GÉNÉKALKS. 275
J. Cl. Rich, agent diplomatique, du gouvernement anglais à Baghdad, est le premier qui explora sérieusement les ruines de Ninive, dès l'année 1820. M. Botta, consul de France à Mossoul, est le premier qui, en 18/i2, entreprit des fouilles régulières et suivies sur rem[)lacement présume de cette ville. Il les commença sur le monticule nommé Kouyounjik, qui s'élève sur la rive orientale du Tigre, en face de Mossoul ; il les continua ensuite dans le village de Khorsabad, également situé sur une colline artificielle et à 22 kilomètres environ du fleuve. En 18/|5 , un Anglais, M. A. H. Layard, aussi savant que distingué dans l'appréciation des beaux-arts, entreprit les fouilles au village de Nimroud; plus tard, il en fit autant à Kouyounjik. Le résultat de l'ensemble de ces fouilles a permis de se former une idée assez exacte de l'architecture assyrienne à diverses époques de son histoire.
Selon Diodore', Ninive avait la forme d'un quadrilatère oblong, dont les plus longs côtés avaient chacun 150 stades (plus de 27 kilomètres), les deux plus courts 90 (16 kilomètres), de manière que la totalité de l'enceinte était de 480 stades. 11 y a effectivement plus de 27 kilomètres de Kouyounjik à Nimroud , pour la longueur de la ville, et sa largeur de 16 kilomètres se serait étendue jusqu'aux monticules de Karamlès, où l'on a effectivement découvert des ruines. Les palais étaient situés aux extrémités nord et sud de la ville.
Cette immense étendue de Ninive ne doit pas surprendre si l'on se reporte à ce qu'étaient les villes de la haute antiquité, qui contenaient des champs, des vergers, des jardins ; toute leur supeiTicie n'était point occupée seulement par des rues et des maisons. Babylone était aussi une très-grande ville , et Strabon * dit que Ninive était beaucoup plus grande. Les ruines découvertes confirment ce que disent les auteurs anciens de l'espace immense occupé par Ninive. Le palais de Khorsabad, œuvre d'une nouvelle dynastie, est situé à l/i kilomètres au nord de ceux de Kouyounjik ; il était bâti en dehors des limites données par Diodore. Le fondateur de la nouvelle dynastie s'isola de l'ancienne ville, dont le noyau primitif se trouvait sans doute auprès de Nimroud, au confinent du Tigre et du Zab, où l'on a aussi découvert les plus anciens édifices. Le monticule de Nimroud a ses faces régulièrement orientées aux quatre points cardinaux. A Khorsabad, les angles du monticule sont ainsi orientés, comme on peut le voir sur la carte.