‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 137 sur 298 · PRIMITIVE · texte numérisé non relu

PRIMITIVE

iTant l'Ère »ulg.

Les Tatars apparaissent dans l'Asie occidentale 5000

Arians, habitants sédentaires et primitifs de la Bahylonie. Ils nomment les

Tatars ou Scythes Gamiri 3000

Babylone, la capitale, avec son territoire et les provinces qui en dépendaient, devient un empire florissant et puissant. — Aloros, chef de la première

dynastie chaldéenne ; elle dure 224 années 2435?

De 2500 à 2300 avant l'ère vulgaire , des vaisseaux égyptiens paraissent à

plusieurs repi'ises à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate ? Sous le régne de Xisuthros, dixième roi de la première dynastie, a lieu une grande inondation. Restauration de Babylone ; fondation du temple de Bel. Famine qui pousse les peuples assis sur les bords du Tigre et de l'Euphrate à émigrer en Phénicie , en Palestine , dans le nord de l'Arabie et

enfin en Egypte 2300

La Babylonie, affaiblie par l'émigration d'une grande partie de sa population guerrière, tombe sous la domination médique. Fin de la première dynastie chaldéenne , sous laquelle furent faites les observations astronomiques envoyées de Babylone par Callisthènes à Aristote. Introduction de la religion de Zoroastre en Babylonie. Deuxième dynastie médique ; elle régna

234 années 2211

Invasion des races arabes de la Mésopotamie et de la Phénicie en Egypte. . 21(i6 Amraphel secoue le joug médique; il devient fondateur de la troisième dynastie chaldéenne qui a duré 458 années 19^7

Fin de la troisième dynastie babylo-chaldéenne. Dynastie arabe 1519

Fin de la quatrième dynastie arabe : elle avait duré 245 années 1274

La Babylonie vaincue est incorporée à l'empire d'Assyrie par un roi encore inconnu.

1. Comme pour l'Assyrie, nous donnons aussi la chronologie Babylonienne, telle que nous avons pu la reconstruire a l'aide des découvertes récentes qui ont jeté une lueur toute nouvelle sur cet Empire, dont la civilisation n'avait pu jusqu'ici être retrouvée qu'imparfaitement.

rJ ,

BABYLONIE

Tout ce que nous connaissons des Babyloniens tend à donner une haute antiquité à ce peuple. D'une origine ariane, qui s'effaça dans la suite des siècles, les Babyloniens primitifs, qui s'étaient fixés sur le cours inférieur de l'Euphrate et du Tigre, avaient fait du sol qu'ils habitaient un véritable paradis. Il est certain qu'enviés des peuplades nomades, des essaims arabes de l'ouest, du sud et du nord, comme également des montagnards de l'est, des Tatars, les Babyloniens eurent à en souffrir, et que souvent même ils furent subjugués par eux. Ils étaient essentiellement agriculteurs; l'agriculture et les arts chez eux étaient intimement liés au culte. La vénération de chaque divinité particulière, personnification des facultés de Dieu, provenait et se rattachait à une invention ou à une découverte utile, comme le dit Strabon '. Les prêtres étaient savants. Hérodote- rapporte que la connaissance du pôle, l'invention du cadran solaire et la division du jour en douze parties, fut empruntée par les Grecs aux Babyloniens. La monnaie, les poids et les mesures, introduits en Grèce par Pheidon, roi d'Argos, qui régnait de 775 à 7/i5 avant l'ère vulgaire, ont été imités de ceux de Babylone. Les Grecs en eurent connaissance par les Phéniciens et les colonies doriennes établies dans les îles de Crète et de Rhodes. La science des Babyloniens est prouvée par leurs poids et mesures. Un cube d'eau de pluie de 822,000 grammes formait le poids de leur talent; ce poids déterminait aussi leurs mesures de longueur. Le côté du carré d'un cube d'eau constituait la coudée babylonienne, égale à 52 centimètres. Deux tiers de cette cou-

1. Strabon, Géogr., 1. i, c. xxiv. — 2. Hérodote, 1. ii, c. cix.

dée formaient le pied babylonien, 35 centimètres. De semblables résultats ne s'obtiennent qu'à l'aide des connaissances matbémaliques et physiques. Un tel peuple a bien été capable d'élever les monuments dont nous allons parler.

L'architecture des Babyloniens, mélange d'Arians, de Tatars et de peuples sémitiques les plus primitifs de l'antiquité, est presque entièrement concentrée dans les limites de Babylone, capitale de l'empire, et ses environs. Les ruines de cette ville antique ne sont point comparables par leur beauté, ni par leur conservation, à celles que nous offrent encore d'autres pays ; mais ces montagnes de décombres et de débris, que des voyageurs modernes sont allés étudier avec autant d'étonnement que de fatigue, méritent néanmoins une attention spéciale. Ces ruines doivent être classées parmi les vestiges que des civilisations très-reculées ont laissés à notre méditation. Mais là, on ne trouve ni colonnes, ni chapiteaux élégants, ni entablement avec frise ornée, ni fronton décoré de statues; on n'y rencontre que des masses énormes et solides de maçonnerie, des traces d'enceintes, de palais immenses, où l'art ne consiste que dans la conception de l'étendue horizontale et perpendiculaire de colossales dimensions.

Les traditions nationales des Babyloniens ont été recueillies et écrites en langue grecque par Bérose, prêtre du temple de Bel à Babylone, qui vivait sous Ântiochus Soter et écrivait entre les années 280 et 270 avant l'ère vulgaire. Selon Bérose, à la suite du chaos. Bel fertilisa la terre et y fit paraître les hommes , qui se multiplièrent beaucoup. 11 parut tout à coup un être à tête humaine avec une voix d'homme ; la partie inférieure de son corps avait la forme d'un poisson. Cet être sortit de l'Océan indien; son nom était Oannès. Du temps de Bérose, on conservait encore son image. Tous les matins, au lever du soleil , cet être s'élevait de la mer ; il ne prenait aucune nourriture. Il enseigna aux hommes à bâtir des temples, à fonder des villes et à cultiver la terre, à l'ensemencer, à récolter en un mot ; il leur apprit tout ce qui a rapport à la vie , et leur révéla les lois, les arts, l'architecture, les sciences et l'arpentage. Aussitôt qu'arrivait la luiiu cet être redescendait dans la mer. Enfin les hommes donnèrent l'empire à Aloros, auquel six autres princes succédèrent. Sous leur règne, parurent encore six autres hommes-poissons qui continuèrent les enseignements d'Oannès. Trois autres princes succédèrent à ces sept rois, et les règnes de tous ces patriarches se montaient ensemble à quatre cent trente deux mille années. Au dernier d'entre

eux, Xjsuthros, il fut ordonné par Bel de se sauver sur un vaste vaisseau à cause d'une grande inondation qui allait avoir lieu. Après ce déluge partiel, régnèrent encore, selon Bérose, quatre-vingt-six princes pendant un espace de plus de trente mille ans. Nous remarquerons, en passant, que, ce nombre de /i32,000 se retrouve dans le Kaliyouga des Indiens, et que, sans avoir connaissance sans doute des périodes indiennes, le grand Kepler a pris le nombre /i32 comme base de ses calculs dans son ouvrage : Harmonia Mundi (1619). Les quatre-vingtsix rois demi-dieux de Bérose n'ont rien d'historique. A la suite des dix patriarches, avant l'inondation et après la longue série des princes fabuleux, Bérose fait suivre le règne des rois chaldéens à Babylone qui se disaient descendre de Bel et de Beltis (Mylitta), divinités supérieures du pays. Nous ne connaissons rien de ces rois, à l'exception de deux d'entre eux, dont parle la Genèse au chapitre xiv. Les rois Amraphel de Sennaar et Kedorlaomer d'Elam ont dû régner, selon l'auteur de la Genèse, durant douze ans sur les tribus méridionales de la Syrie. Ils étaient certainement des Tatars ; c'est avec le dernier des deux qu'Abraham eut à combattre. Ces princes formèrent des États florissants, en utilisant les aptitudes et les talents des populations caucasiennes qu'ils avaient soumises.

Les monuments de Babylone datent de deux époques bien distinctes. Ceux de la première époque remontent à la fondation de la ville, aux dynasties nationales, à l'ancien empire babylonien. Les commencements de cet empire sont en rapport avec les grandes migrations des peuples qui correspondent, quant à la chronologie, avec l'irruption des Hyksos en Egypte, et la fondation du grand empire d'Assyrie par Ninus. C'est à ces époques reculées qu'appartenaient le temple ou tour de Belus, ou Baal, qu'on reconnaît dans le Birs-Nimrod, et l'ancien palais situé sur la rive occidentale de l'Euphrate. Là, comme sur les bords du Nil, on mit le fleuve entre soi et l'ennemi; la race ariane mit l'Euphrate entre elle et les Arabes. Les monuments de la seconde époque dataient des princes chaldéens qui régnaient au vn^ siècle avant l'ère vulgaire. Le palais oriental, les jardins suspendus et quelques autres monuments lui appartiennent.

Les auteurs grecs ont nommé avec raison Bel ou Belus, Zeus; c'était dans l'origine un dieu céleste asiatique, qui groupait des nuages et lançait la foudre. Son nom en sanscrit était Djaus, le ciel. La divinité babylonienne, Bel, se retrouve à Ninive dans les sculptures qui décorent les parois intérieures des palais. Là, on la voit sous la forme

d'une figure (iiii marche, tenant la foudre en main, ainsi que les Grecfe l'ont figurée plus tard. A Babylone, le dieu céleste asiatique, Zeus, a été allié au fondateur humain de la \"ille de Babylone, venu par mer de l'Egypte avec une colonie d'Égj-ptiens '. Cette colonisation se rapporte aux vaisseaux qui parurent 2,500 avant l'ère vulgaire à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate. A cette époque il y avait longtemps que les pyramides de Memphis existaient, ainsi que celles qui les avoisinent. Aussi retrouve-t-on la forme architectonique de la pyramide égyptienne dans le temple de Bel à Babylone, comme nous le verrons. On retrouve aussi dans la théologie babylonienne la Nepté, la Neith céleste, sous le nom d'Astarté (Rhéa, Aphrodite). La Mylitta babylonienne et la Héra grecque, identiques entre elles, sont les mêmes que l'Eileithyia égyptienne. A l'extrémité de la rampe, par laquelle on montait au sommet de la pyramide de Belus, se trouvaient les statues de Zeus, de Héra et de Rhéa 2. Une femme babylonienne passait la nuit dans le sanctuaire pratiqué dans le dernier gradin supérieur, usage égyptien selon Hérodote; car il rapporte qu'une femme passait également la nuit dans le temple d"Amon à Thèbes^.

Il existait donc plus d'une similitude entre la théologie et l'architecture des Babyloniens et des Égyptiens : par leur comparaison, on arrive à conclure que les premiers ont reçu leur civilisation des seconds, ce qui se rapporte également avec le témoignage de Diodore, dont la principale source était Manéthon, pour tout ce qui concerne ^Ég^■pte et ses colonies. Mais la civilisation babylonienne n'a pu se maintenir intacte, franche de toute influence extérieure, comme celle de l'Egypte. Elle a dû nécessairement subir l'action des Mèdes, des Arabes et des Assyriens qui avait aussi modifié son génie pour les beaux arts et l'expression matérielle de sa manifestation.

Il y a également des coïncidences entre les poids et mesures babyloniens et égyptiens. Le stade babylonien, par exemple, de 320 coudées, est déterminé par une des opérations faites dans le tracé mathématique de la pyramide de Chéops à Memphis ''.

1. Diodore , 1. i, c. xxviii et lxxxi. Selon Apollodore (I. ii^ c. iv, §4) Belus a réffné en Egypte.

2. Id., 1. II, c. IX. — 3. Hérodote, 1. i, c. CLXXXii. 4. Yo\ez figure 19, et page 161 à 163.

BABYLONE. 303

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