CHAPITRE TROISIEME
où ils sont placés, non pour vivre dans l'oisiveté, mais pour travailler et veiller à l'ordre qui y est établi. Ce culte avait des symboles et des allégories conçus par le génie créateur et poétique dont l'homme est doué, et surtout la race ariane. Les différentes formes du culte étaient destinées à la solennisation et à l'embellissement des cérémonies et des fêtes périodiques et nationales qu'amenaient le changement des saisons et la production de la terre fertilisée par l'action directement divine du soleil et par la main de l'homme : et cet ensemble multiple, que le peuple voyait et comprenait, servait autant à ses plaisirs qu'au perfectionnement de ses sentiments moraux.
La religion ainsi conçue et le culte ainsi pratiqué ont produit, au sein des races caucasiques, l'Architecture la plus élevée, la plus noble et la plus élégante. Ils ont donné naissance aux formes les plus pures, les plus imposantes et en même temps les plus gracieuses. Telles furent les architectures égyptienne, grecque, assyrienne ou médique, perse, indienne, et sous un autre rapport celle des Celtes qui, dans sa rusticité matérielle, ne manque pas d'une haute et profonde sublimité.
Il n'en a point été ainsi chez la race sémitique ou arabe et chez les peuples qui en sont issus. Ils vivaient au sein d'une nature triste, pauvre, monotone, dénuée de toute beauté et où il n'y avait aucun des éléments pouvant servir à constituer la science. Aussi cette race estelle restée ignorante jusqu'à ce jour. Les quelques connaissances qu'elle possède ne sont que des emprunts faits à la science des races arianes. Ensuite l'Arabe a tout aussi peu d'aptitude pour les sciences exactes et naturelles qu'il en a pour le travail manuel et pour le travail honorable. Il aime par excellence l'aléatoire, le trafic, l'usure; c'est dans son caractère, dans ses os, et dans la moelle de ses os Toutes les races arabes n'ont eu qu'un dieu nominal ; elles n'ont jamais pu se rendre raison des lois et des phénomènes du monde; chez elles, tout est hasard ou fatalisme. De là souvent la négation de Dieu et l'immoralité profonde où l'histoire nous les montre tombées. De là aussi cette poésie emphatique et triste, superficielle et monotone qui contraste tant avec la poésie vraie, nerveuse, gaie, multiple, variée et surtout pratique des races arianes. Le dieu des Arabes est un dieu de colère, un dieu vindicatif, irrité, qui influe et pèse sur les destinées humaines par des moyens directs et surnaturels, en cassant tout en dehors de chez lui, l'ordre et les lois qu'il a établis. Ils n'avaient et
n'ont qu'un dieu imaginaire, qui ne répondait en rien à l'être et à l'essence du principe qui avait établi les lois du monde et l'harmonie universelle. Aussi les natures énergiques, les esprits entreprenants, chez les Arabes, sont-ils devenus athées, ne regardant la société que comme un champ à exploiter dans leur intérêt. Chez eux le culte n'est qu'un mécanisme composé de formes familiales exagérées, sans rapports avec la terre et les travaux que les hommes ont à y faire.
Chez les peuples de race ariane, il y a un fait qui n'a point encore été signalé : c'est qu'ils n'avaient pas d'établissements spéciaux destinés à l'étude, à l'enseignement et à l'interprétation du dogme religieux, de la connaissance élucidée des choses divines. Ils ne connaissaient pas non plus de profession de foi publique, ni d'engagement à y rester fidèlement attachés. Pour eux, il ne s'agissait que de la culture et de la fécondation vivifiantes des sensations nées du sentiment religieux. Ils travaillaient à faire respecter et craindre les dieux; ils travaillaient à l'accomplissement des devoirs par lesquels on les honorait et aimait directement, ainsi qu'au maintien de la croyance en leur gouvernement du monde. Voilà ce que l'autorité politique des peuples caucasiens faisait en faveur de la confiance et de la foi religieuses. Généralement chez eux, point de caste particulière de prêtres ; l'autorité laïque et politique exerçait à la fois le pouvoir religieux.
Chez les peuples de race arabe, au contraire, nous voyons des castes sacerdotales uniquement occupées des études et de l'enseignement religieux. Chez les Juifs, par exemple, la tribu de Lévi se consacrait à Jehovah; ces prêtres expliquaient ce qu'ils appelaient la loi sacrée : ils en interprétaient l'esprit et la lettre ; ils en développaient non-seulement le contenu, mais ils y ajoutaient encore l'interprétation allégorique en l'étendant à l'infini ; ils y ajoutaient leurs commentaires qui, à la longue, aboutirent à une exposition fantastique et à la tradition. Il y eut chez les Juifs des écoles publiques destinées à l'enseignement religieux, et d'autres écoles où se formèrent ce qu'ils ont nommé les prophètes.
Comme chez le Sémite Dieu est un être imaginaire ou une créature de Dieu, relégué hors du monde qu'il a abandonné, une loi sans connexion avec le monde visible est censée régir les hommes. Mais comme les hommes vivent nécessairement dans le monde matériel, qu'ils en ont besoin à tout instant pour en tirer ce qui est nécessaire à leur existence physique comme à leur vie intellectuelle et à la poésie de leur cœur, cette loi, d'une abstraction controuvée, les a
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conduits et les conduit à se heurter aux choses qui composent la nature, et par suite à se heurter et se froisser les uns les autres. En thèse générale, la science leur est antipathique et ils la croient oiseuse : d'autre part, ils la proclament un écart de la raison dont les révélations positives ne concordent pas avec les révélations déclarées divines par eux. Chez les Arabes et chez ceux qui admettent leurs idées, l'homme est le roi absolu de la nature. A quel litre? A celui d'un orgueil excessif. Ils ne comptent pour rien les belles créations du génie, les étonnants secrets surpris à la nature, les mer\eilleuses inventions de la raison humaine qui, disent-ils encore, ne doivent servir tout au plus qu'aux loisirs et aux délassements des hommes. Les Arabes n'ont pas le sentiment inné de la justice comme les Arians; ils n'admettent pas comme ces derniers que les hommes reçoivent dans ce monde la punition de leurs forfaits et la récompense de leurs sentiments pour le beau en tous genres. Chez les Sémites, la religion imiinide et eflYaie les hommes par les menaces de la colère et de la justice de Dieu : chez eux, il n'est question que des peines éternelles qu'il infligera, des supplices perpétuels qu'il fera subir aux méchants dans l'autre monde, sans pour cela que les méchants s'amendent et changent leur manière d'être.
De tels sentiments et de telles doctrines ont été contraires à la naissance des arts. Chez les nations arabes ou cousines germaines des Arabes, point d'architecture, point de sculpture, point de peinture; mais de la poésie qui fatigue bientôt l'esprit arian à cause de son emphase, de ses excentricités, de ses figures plus exagérées que naïves et simples. 11 n'y a point d'art chez le Sémite parce qu'il est personnel, incapable de s'élever à la conception de la communauté. Il ne pense qu'à lui , qu'au temps présent ; il ne voit pas la postérité dans le temps, il ne voit que le premier plan, et si son imagination lui suggère un au delà, elle le lui dépeint avec des charmes voluptueux et matériels.
C'est de l'Asie centrale que l'espèce humaine s'est répandue dans les diverses contrées de la terre ; ce point a été par conséquent le berceau d'une civilisation primitive, dont les branches, plus ou moins modifiées, ont suivi les migrations que nous avons tracées dans les chapitres précédents. C'est dans l'Asie centrale qu'on rencontre avec les premières idées religieuses les premiers efforts de l'art se manifestant extérieurement, c'est-à-dire se montrant aux sens par des formes sensibles, palpables. On y retrouve encore les langues primi-
lives et une variété infinie de branches de la science humaine. C'est aussi pour cette raison qu'on aperçoit chez les divers peuples de la terre des analogies frappantes dans leurs idées, dans leurs mœurs et dans leurs arts, analogie dont il a été parlé au commencement de cette introduction. Issus d'une même souche, les peuples n'ont point toujours emprunté leurs connaissances les uns aux autres, mais ils ont puisé à une source commune et primitive. Ce n'est que dans la suite des temps qu'un peuple a reçu ses connaissances d'un autre peuple et qu'il a développé et perfectionné les éléments de sa civilisation.
L'homme dans son état primitif a sans doute mené une vie calme, paisible, naturelle, sans fard et sans art; tel qu'il avait été placé sur cette terre, il représentait la somme totale et le résumé complet de la nature entière; il renfermait en lui tout ce qui avait été donné isolément aux autres créatures. L'instinct seul chez les animaux, l'organisme dans les plantes, propagent les espèces, mais dans des bornes fort restreintes. A l'homme seul fut donné le libre ai'bitre, et il voyait devant lui un champ immense où il pouvait exercer sa raison et déployer ses facultés. L'homme est le maître, le chef de notre terre. C'est dans la nature de l'homme, dans son âme, que sommeillait, indépendant encore, le perfectionnement de ses tendances naturelles; par l'observation et la science, il avait le pouvoir de s'élever incessamment et sans limites au perfectionnement de ses penchants et de ses sentiments.
La religion, dans le sens le plus étendu, et qu'il ne faut pas confondre avec le culte, est la conscience ou le sentiment de la dépendance des lois naturelles de Dieu. La religion est par conséquent aussi la continuation et la prolongation des principes de la famille hors de la famille, parmi les groupes et les individus de son espèce qui lui sont étrangers, pour la formation, la conservation et le gouvernement de la société politique.
Chez les peuples de race ariane. Dieu se révèle dans ses œuvres, il se révèle dans l'univers : mais ces œuvres, cet univers ne sont pas lui. Cette révélation vraie et réelle pousse au développement de l'esprit et de l'intelligence : elle pousse encore au développement de la science et de la morale naturelle. Chez les peuples de race arabe. Dieu se révèle d'une manière directe , immédiate: le Sémite, qui aime le merveilleux parce qu'il est sans science, croit qu'un des siens, dans un âge reculé, a entendu la voix de Dieu, que Dieu lui a mis la plume en main et lui a dicté ses volontés ! Ces codes enfantés dans les déserts