‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 13 sur 298 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

pagné les commencements de la civilisation , et lorsque la réflexion scientifique apparaît, la poésie a déjà fourni la plus grande partie de ses créations propres et naturelles.

Si une nation tient sa culture intellectuelle d'un sacerdoce purement religieux, ses premiers essais dans la réflexion emprunteront à ce foyer un caractère religieux. Si, au contraire, ses rapports civils primitifs n'ont pas admis de sacerdoce, son développement ne portera point de traces d'influence sacerdotale, et sa réflexion sera comme sa poésie, sans aucune nuance religieuse particulièiv. 11 en fut ainsi chez les Chinois. Chez les Indiens, au contraire, l'opposé a eu lieu. Mais lorsque le sacerdoce n'embrasse pas l'ensemble de la science, lorsqu'il n'est pas à la tête du développement intellectuel, il y a rivalité et lutte, parce que la science laïque embrassant toutes les branches de la science, profitant de l'expérience et de l'observation des phénomènes de la nature, avance la culture de l'esprit humain et règle avec plus d'ordre les rapports de l'homme avec l'univers. L'étude de la nature, la grandeur et l'unité de ses lois, l'harmonie puissante qu'on y remarque, font connaître la véritable théologie à l'homme, et, jusqu'à un certain degré, lui donnent la mesure de sa conduite, car il n'est qu'une agrégation de ce grand tout de l'univers.

C'est pendant le moyen âge que fut donné le plus révoltant spectacle d'un sacerdoce dont les idées roulaient sur une idéologie sans bases dans le monde, persécutant toujours et partout les idées justes et généreuses qui tendaient au perfectionnement de la société occidentale. Ce sacerdoce ne pouvait subsister qu'au moyen de l'ignorance des masses et par l'anéantissement de toute science réelle et non nominative.

La religion a eu une action directe sur toutes les architectures dès leur origine, à l'exception des constructions d'utilité matérielle, comme canaux , écluses, ponts, silos, citernes, fontaines , etc. Ce qui distingue entre autres les races ou variétés humaines, c'est la théologie de chacune d'elles. Cette distinction n'a point encore été clairement et particulièrement faite par les philosophes et les ethnologues. Elle est cependant d'une grande importance pour l'appréciation du caractère moral et intellectuel des diverses nations, comme pour l'étude et l'appréciation vraie de l'Architecture des monuments religieux.

Il existe dans l'esprit de l'homme une intuition , dans l'âme humaine un certain pressentiment de l'existence d'un Être suprême, d'un Principe premier, source des lois fondamentales de la nature, de leur vie

et des rapports qu'elles ont entre elles. L'homme supérieur et complet arrive à la croyance en Dieu d'abord par l'intuition ; en second lieu, en observant, en étudiant l'univers, en remontant des effets aux causes des phénomènes du monde. Il y arrive par l'admirable harmonie qu'il remarque tout autour de lui, tant dans le monde physique que dans le monde immatériel. C'est dans leurs sentiments de noblesse, d'élévation , c'est encore dans leurs idées essentiellement moi-ales et pratiques, c'est aussi en interrogeant le monde visible, ce miroir de la divinité, que certains peuples de l'antiquité, ceux d'origine ariane, sont arrivés à constituer une théologie savante, vraie et utile à tous les honmies sur la terre. C'est cette connaissance de l'essence de l'Être- Principe et de ses facultés, c'est la science de sa manière de travailler et de gouverner dans le monde par les lois invariables qu'il a établies dès le commencement des choses, qui ont porté ces peuples à la distinction morale et intellectuelle que nous sommes obligés de reconnaître en eux, quand nous les étudions sérieusement et avec un esprit libre de préjugés et de calcul.

Tous les grands et profonds ouvrages théologiques des anciens sont malheureusement perdus, soit par le temps et des circonstances fortuites, soit à dessein par la méchanceté et l'intérêt de sectes postérieures qu'incommodait la substance consistante de ces ouvrages savants. On n'en trouve plus que les titres et quelques citations dans les auteurs classiques qui nous ont été conservés. Les recherches de la science moderne nous montrent toutefois que les peuples de race ariane avaient une religion rationnelle au sommet de laquelle était l'Esprit Un, l'Être-Principe, intelligent et actif. Un monothéisme ternaire et savant constituait donc le principe] de leur théologie. Tel était Amon en Egypte, Zeus en Grèce, Tinia chez les Étrusques, Brahma dans rinde, Zerouana Akarané dans la Bactriane, la Médie et la Perse , et Odin chez les Germains et les Celtes. Chez tous ces peuples. Dieu est toujours agissant; il produit, constitue la nature avec ses lois; ses différents modes d'action dans l'univers reçoivent des noms, sont revêtus d'images allégoriques pour les faire plus facilement comprendre aux intelligences inférieures, incapables de saisir les facultés abstraites, mais réelles de la divinité.

Chez tous ces peuples il y avait un culte aussi utile que la religion l'était elle-même. Il avait pour objet les travaux divins accomplis et en action dans l'univers. Il représentait ensuite les travaux que les hommes, comme êtres finis et intelligents, ont à faire sur cette terre

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