‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 160 sur 298 · Plan du Temple tle Salomon · texte numérisé non relu

Plan du Temple tle Salomon

archives, des trésors et des objets servant au culte. Peut-être celles du bas servaient-elles d'habitation aux prêtres attachés au temple; celles du milieu, à la conservation des choses précieuses; celles du haut, aux archives. Enfin, peut-être aussi le couloir supérieur devait-il servir de passage en cas d'incendie. A la gauche du monument, c'est-à-dire au midi , se trouvait une porte servant d'entrée aux couloirs ou corridors, et un escalier tournant ou à vis , pareil à ceux des

IIG. — Conpe du Temple

de saiomon. églises chreticnnes. Cela mdique que les cor-

ridors avaient une destination , et qu'on ménageait l'espace en y pratiquant cette espèce d'escalier qui prend le moins de place possible.

Quant au comble à deux versants que quelques auteurs ont placé sur ce monument, nous pensons que cette forme toute septentrionale ne lui convient pas. Le toit était en forme de terrasse, plat avec une pente double pour l'écoulement des eaux. Cette terrasse, en bois de cèdre recouvert d'une lame d'or, a dû être garnie d'un bout à l'autre de longues lames de fer ou d'acier pointues et dorées. Josèphe rapporte qu'elles étaient destinées à empêcher les oiseaux de se placer sur le toit et d'y laisser tomber leur fiente. « Définitivement, dit >L Arago ', le temple de Jérusalem, resté intact pendant plus de 1000 ans, peut être cité comme la preuve la plus manifeste de l'efticacité des paratonnerres. » Le temple de Saiomon fut brûlé en 588 avant l'ère vulgaire; il ne subsista donc que /^IT ans après son achèvement. En 53/i, Zorobabel construisit le second temple, qui fut détruit par Hérode. 37 ans avant l'ère vulgaire. En l'année 35 , ce prince rebâtit le troisième temple; c'est celui que Jésus visita, et qui fut détruit par Titus, l'an 70 de l'ère vulgaire. Quant au témoignage de Flavien Josèphe sur la couverture du temple de Saiomon, nous ne pouvons pas y ajouter grande foi : cet auteur vivait onze siècles après sa construction , et n'a pu puiser ses renseignements que dans les livres des Rois et de la Chronique où il n'en est pas fait mention.

Maintenant que nous avons essayé de donner une idée de l'ensemble du temple, nous allons passer aux détails. D'abord se présentent les portes d'entrée. Celle qui était entre la cella et le lieu très-saint avait deux vantaux ou battants; elle était de bois d'olivier

1. Annuaire pour l'an 1H38, présenté au roi par le bureau des loiijifitudes. Notices scientifiques, par M. Arago, sur le tonnerre, p. 601, 60."?.

et ornée de sculptures représentant des chérubins , des palmiers et des fleurs épanouies. Tous ces ornements étaient recouverts d'une tôle d'or. La porte entre le pylône et la cella était également à deux vantaux, dont chacun, divisé en deux parties, se repliait sur lui-même par le moyen de charnières, sans doute, mais dont le texte ne parle pas. Cette porte était en bois de cyprès et ornée des mêmes sculptures que la première. Son chambranle était en bois d'olivier. Le texte hébreu n'indique point la place des fenêtres : il dit seulement qu'il y en avait qui étaient larges en dedans et rétrécies en dehors. Nous croyons pouvoir placer ces ouvertures sur les murs latéraux de la cella qui dépassaient de 7"° 65 (y compris la corniche de 0" 33) ceux des corridors. En plaçant douze pièces sur chaque collatéral, et en donnant une fenêtre à chacune d'elles, nous trouvons sur la façade le nombre 12, nombre si significatif chez tous les peuples; et en plaçant les fenêtres de la cella sur l'axe de ces dernières, nous verrons encore apparaître le nombre 7, qui, nous l'avons démonlré plus haut, n'est pas produit par le hasard. Les temples antiques n'ont point de fenêtres; le culte israélite en exigeait : les fumigations, les encensements et le sacrifice des parfums, ainsi que les soixante-dix lampes ardentes, demandaient nécessairement des ouvertures pour laisser échapper les odeurs et la fumée. Afin d'établir un courant d'air plus vif et de faciliter l'échappement et l'évaporation, on construisit des fenêtres larges intérieurement et étroites à Textérieur. 11 n'y avait que de fort petites ouvertures horizontales dans le lieu très-saint, où ne se pratiquaient point de cérémonies et oi!i l'on ne voyait ni lampes ni encens. La sainteté du lieu, regardé comme la demeure du Dieu d'Israël, était encore rehaussée par une obscurité mystérieuse et complète, dont parle Salomon ' lorsqu'il dit que <( Dieu veut être adoré dans les ténèbres. ))

Il y avait à l'entrée du pylône deux colonnes isolées, qui nous rappellent en partie les obélisques égyptiens; celle de droite se nommait Jachin, et celle de gauche Boas. Jachin signifie : il consolidera; Boas veut dire : en lui est lu force. Et ce n'est pas accidentellement que ces deux colonnes furent placées là, à l'entrée du sanctuaire : elles devaient représenter le symbole de la puissance créatrice de l'être primitif, auquel le temple était consacré, et servir de symboles et d'images aux éléments de la formation. Jachin représente la ligne

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