‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 163 sur 298 · I Rois, ch. VI, V. 7. — 2. Id., cli. vi, v. 15. — 3. kl · texte numérisé non relu

I Rois, ch. VI, V. 7. — 2. Id., cli. vi, v. 15. — 3. kl

33/i " ■ LIVRE PREMIER.

bois de cyprès, sur trois rangs transversaux ; une quatrième rangée la séparait du vestibule. Les architraves ainsi que les couvertures de ce monument étaient en bois de cyprès ; les murs extérieurs et le soubassement furent bâtis en pierres de taille. Ensuite, venait une seconde salle semblable à la première, et plus loin les habitations ou appartements particuliers du roi. Le palais de sa femme, qui était la fille d'un roi d'Egypte, terminait cet édifice, qui lui-même rappelle entièrement les palais des bords du Nil ; il ressemble parfaitement au Rhamesséion ou palais de Rhamsès le Grand à Thèbcs. La construction en bois, les colonnes, les architraves et la couverture, également en madriers, montrent le rapport de l'architecture des Hébreux avec celle des Phéniciens et des Assyriens leurs voisins.

Les Juifs étaient polygames , comme tous les peuples de l'antiquité. Salomon avait un harem nombreux, composé de plus de mille femmes arabes. Mais la reine, la mère de l'héritier du trône, était fille d'un roi d'Egypte. Les livres juifs se taisent sur les bâtiments qui devaient loger une aussi grande quantité de femmes, dont une partie habitait sans doute auprès du palais de Jérusalem , et l'autre la résidence d'été auprès du Liban. Si le temple et le palais de Salomon se rapprochaient, quant au style, de l'architecture égyptienne, les harems empruntaient le leur aux palais de Ninive, avec des soubassements en pierre et des substructions en .charpente. 11 y avait bien moins de distance de la Judée à l'Egypte qu'à Ninive : l'influence égyptienne a dû se faire sentir avec plus de puissance que celle de l'Assyrie. Les palais de Ninive sont de plus ornés de nombreuses sculptures, et dans les constructions juives c'est tout le contraire. La grande valeur intrinsèque des métaux précieux employés suppléait à la richesse ornementale.

Salomon étendit encore sa magnificence sur d'autres parties de son petit royaume. 11 bâtit les villes de Gaser, Bethoron , Baalath , et Thadmor dan^ le désert de la Syrie, renouvelée au ui° siècle par le prince arabe Septimius Odenath et sa femme Zénobie.

PHENICIE

8cnj. — !Dic ®5tter ViMi Spavl^eê. 18()8.

SKûnter, g. m. — Dîcligicn bcr Savtt^agcr. .Kot'cn'^agcn, 1821. In-4. 2« édit. 1824, dans

laquelle se trouve un mémoire sur le temple de la déesse céleste de Paphos. — 2)ei- îem^jel îjcr ®Littin 511 *45aï'()0'3. iÎLHicu^agcii, 1824. In-4. aSôtticf^er, SB. — ®cfcî)irf)tc ter eavUiagcr; nnd) tcii DueKcii bcavtcitct. a?ct1iu, 1827.

In-8. 486 pages.

SDîoBcrê/ g. S. — !î)ic ^^cuijicv : Untcrfudjungcu ùiev tic aîeligiLin itnb toic ®ottï)citcii

ber 55^ëni5iev, mit 3îûrffi({)t auf bic wnranbtcu (5ultc bcv Savt()ager, ®i)vcï, a3ati)UMiicv:,

3[ff\ncv, bcr -§ctnâcv unb bcr Stcg'.ivtcr. Scmi uiib a?cvtin, 1841 à 1850. 3 vol. in-8. aSart^. JQ. — aBaiibccuiigcii buvrf) bie ivùilcnlâiibcv bcS IViittclmen-c-^. 1845 à 1847. 1 vol.

in 8.

@ct^arb, @. — Uebev bie Jlunft bev $^c>nicier (dans îlfc^antlungen ber hinigtidjeii

5(tabemic bcï aBiffenfc^aften 511 i'evliii aul bem Satire 1846, p. 379 et suivantes). Braun, Julius. — Ouvrage cité page 316.

PHENICIE

Les Phéniciens étaient des Sémites du rameau araméen, refoulés du golfe Persique, par des peuples d'autre race (Égyptiens?), en Arabie, qui s'arrêtèrent enfin sur les rives les plus orientales de la Méditerranée. De ce point, ils se répandirent dans une grande quantité d'îles et sur presque toutes les côtes de cette mer, surtout dans celles de Rhodes et de Crète, où sans doute ils rencontrèrent les races tatares qui les avaient précédés. Dès les temps les plus reculés, les Phéniciens connaissaient la navigation et l'usage des métaux. Ce fut surtout dans leurs possessions sur la mer Adriatique qu'ils eurent d'abord l'occasion d'augmenter leur science dans l'art de naviguer, à l'occasion de la pêche considérable du thon qui se fait dans la Méditerranée à certaines époques fixes de l'année. Puis, par la construction de leurs vaisseaux ils acquirent une grande pratique et une grande habileté dans l'architecture navale, et par conséquent aussi dans la charpenterie. Comme les Juifs, ils n'ont pas eu le sentiment du beau, ni le sentiment des arts, surtout des arts du dessin. Ils restèrent donc, à cet égard, tout à fait barbares, se contentant de pures ébauches et de symboles grossièrement exécutés. Ils n'ont montré ni talent, ni aptitude pour l'architecture.

La Phénicie était un petit pays, ayant à peine 175 kilomètres de longueur et d'une largeur fort exiguë. C'était une contrée fertile, avec des plaines bien arrosées, accidentée de monticules et limitée principalement à l'est par le Liban, qui fournissait en abondance du bois pour la construction des maisons et des vaisseaux. Auprès de Sarepta, étaient des mines de fer et de cuivre; sur les côtes, on péchait la pourpre, et avec les pyrites des rivages on fabriquait le verre dont on faisait des vases, des plats, des verres à boire, etc. Les Phéniciens I. 22

avaient des comptoirs ou factoreries en Orient, en Espagne, sur la côte septentrionale de l'Afrique, et anciennement aussi dans les îles grecques, en Italie, en Sicile, à Malte, etc. Ils trafiquaient des produits d'un luxe inutile fabriqués chez eux; ils vendaient des étoffes de pourpre et de la verroterie : leur commerce primitif était un trafic d'échange. Des côtes de la Baltique ils tiraient l'ambre, de la Bretagne l'étain; au moyen de leurs possessions dans le golfe Persique, ils commerçaient même avec les Indiens, dont ils étaient connus sous le nom de Javana. Par les caravanes, ils envoyaient aussi leurs produits, tant naturels que fabriqués, à Babylone, h. Ninive, à Thapsake et à Karchemis (Circesium). Quelle que fût la richesse des Phéniciens, ils ne l'employèrent pas à l'édification de monuments d'architecture dont ils n'apprécièrent ni l'utilité ni le besoin. Ils ignoraient la grandeur des dimensions, et ils ne s'inquiétaient pas de la durée des édifices. Il n'y avait chez eux que la jouissance du moment et des yeux. Incarnation complète de la petite industrie, ils ne s'inquiétaient que du luxe et du faste dans la décoration et les détails; briller aux regards, fixer temporairement les sens, leur suffisait. Leurs temples petits, comme l'idée de leurs dieux, étaient presque en totalité bâtis en bois : certaines parties se distinguaient par la valeur de la matière précieuse dont elles se composaient. C'est ainsi que dans le temple de Melkarth à ïyr, temple de leur dieu urbain et du commerce, Hérodote vit deux colonnes dont l'une était d'or fin et l'autre d'émeraude. Les prêtres lui dirent que ce temple avait été bâti en même temps que la ville, qui était habitée déjà depuis deux mille trois cents ans '. Mais, selon Justin, Tyr ne datait que d'une année antérieure à la prise de Troie -. Il y avait à Paphos, ville de l'île de Chypre, un autre temple phénicien célèbre dédié à Aphrodite^. Selon Strabon, il était situé à dix stades |de la mer (1850 mètres); son enceinte, de 150 mètres de longueur sur 100 de largeur, était divisée en deux parties égales : dans l'une des deux était bâti le temple aux dimensions très-exiguës. Sur la face principale, percée de trois petites fenêtres, étaient deux obélisques réunis par une chaîne. Une balustrade semi- circulaire entourait une avant-cour où l'on nourrissait des pigeons. La partie centrale s'élevait considérablement au-dessus des espaces latéraux.

Page 1