PHÉNICIE
Dans radyton ou lieu saint, on voyait la déesse sous une figure grossière et informe, ayant à chacun de ses côtés un candélabre. « La déesse n'est point représentée sous une forme humaine, dit Tacite ^ c'est un bloc arrondi, plus large à la base et se rétrécissant au sommet comme une pyramide. » Les Phéniciens n'avaient point de disposition pour la plastique, ils ne furent jamais des artistes, mais seulement des industriels. Dans le temple représenté sur les monnaies de Chypre, on voit des colonnes sans entablement, destinées sans doute à recevoir des traverses auxquelles appendaient des draperies. On retrouve donc jusqu'à un certain point, dans l'architecture phénicienne, des réminiscences de la tente, la maison par excellence des Sémites. Le tabernacle nomade des Juifs a de l'analogie avec ce que Ton connaît des temples phéniciens. L'Aphrodite phénicienne se nommait Astarté; elle avait son symbole dans le temple de Paphos: c'était un croissant, au-dessus duquel était figuré un soleil, symbole de Bel, le principe mâle de la faculté fertilisatrice de la nature. Astarté en était le principe femelle. On reconnaît là Osiris et Isis, et une influence égyptienne.
Les Phéniciens établissaient au bord de la mer leurs villes, adossées à des montagnes. Ils les concentraient dans un petit espace afin de ramasser leurs boutiques et d'offrir la plus grande quantité de marchandises aux acheteurs dans le moins de temps possible. Ces villes étaient fortifiées'par de hautes et épaisses murailles. Leurs maisons à plusieurs étages étaient, au dire de Strabon, plus hautes encore que celles de Rome.
Les Phéniciens avaient bâti un temple du Soleil à Utique, sur le grand promontoire qui forme un triangle avec la Sardaigne et la Sicile. On y voyait une charpente en cèdre de Nubie, qui, au dire de Pline, durait depuis l'origine de la ville, c'est-à-dire 1100 ans avant l'ère vulgaire-.
On a découvert à Lehîs , à Magraûah et à Mâder, au sud-ouest de Carthage , des tombeaux qu'on attribue aux Phéniciens , comme ceux de la nécropole de Kennùda, dans la province d'Oran ^. Quelques antiquaires placent au nombre des monuments phéniciens les îSuraghes de la Sardaigne et les Talayots des îles Baléares; il en est de même du grand temple de l'île de Gozzo, connu sous le nom
1. Hisloires, 1. il, ch. m. — 2. Pline, Hisl. nat., 1. xvi, eh. i.xxix, 3. Voyez H. Barth, ffianbcruiigcn imd) tic iîuftcnlâiitcv tcg Diittclmtetct^ 'J". I, p. 230 et suiv. — Revue archéologique, I, p. 5(i6.
de Giganteia. Mais cette opinion ne repose que sur des hypothèses. Quand on envisage ce que les races sémitiques ont produit dans les arts, et surtout dans l'Architecture et la Sculpture, on est logiquement porté à conclure que ces races ne sont pour rien dans la conception des édifices récemment découverts à Ninive. Les Arabes conquis ou vaincus ont pu être employés à former les grands monticules oi^i ces édifices sont situés, à fabriquer les briques, à maçonner les murs, à ébaucher les dalles, à tailler la charpente pour la partie supérieure des palais; mais ils n'en ont à coup sur conçu ni le plan, ni les élévations, ni exécuté les colossales sculptures, ce que prouvent assez la pauvreté de leur architecture, la grossièreté de leur plastique de tous les temps et de tous les lieux. A ce sujet encore l'ethnologie vient expliquer et confirmer ce qu'enseigne l'histoire. Aujourd'hui l'étude intellectuelle des races est indispensable pour le progrès des sciences historiques.
ÉDIE, PERSE
Baubaro, Josaphat. — Viaggi fatti da Venezia alla Tana in Persia, India e in Constantinopoli, con la descrizione délie città, luoghi, siti, costumi, e délia Porta di Gran Turco, etc. Venezia, per Figliuoli d'Aldo, 1543 et 1545. In-B.l
SUlanbctêto, 3.21. — 2lîcri}en(ânti|'d)c Sîeifetefc^vcibuug. ©djteâting, 1658. Iii-fol.
Della Valle, Pietro. — Viaggi descritti in lettere familiari al suo amico Mario Schipano, etc. Roma, 1650 à 165,3. 3 vol. in-4. Traduits en français sous le titre : Voyages de Pietro della Valle, gentilhomme romain, dans la Turquie, l'Egypte, la Palestine, la Perse, les Indes Orientales et autres lieux. Paris, 1C61-1663. 4 vol. in-4.
Bruyn, Corneille Le. — Ouvrage cité page 108.
NiEBDHR, C. — Voyage en Arabie et en d'autres pays circon voisins. Traduit de l'allemand. Copenhague, 1774-1778. 2 vol. in-4.
Heeren, a. h. L. — Ouvrage cité page 295.
Sact, A. J. Sylvestre de. — Mémoires sur diverses antiquités de la Perse, etc. Paris, 1793. In-4.
Chardin, J. — Voyages en Perse et autres lieux de l'Orient. London, 1686. In-fol. Nouvelle édition. Paris, 1811. 10 vol. in-8. Atlas in-fol.
MoRiER, J. — A Journey through Persia, Armenia and AsiaMinor to Constantinople in the years 1808 and 1809. London, 1812. In-4. Traduit en français parEyriès. Paris, 1813. 3 vol. in-8.
OcsELET, William, — Travels in varions countries of the East, more particularly Persia. London, 1819 à 1823. 3 vol. in-4,
Hœck, C. F. E. — Veteris Media; et Persiaî Monumenta. Gœttinguœ, 181H. In-4.
3/t2 BIBLIOGRAPHIE.
DuPRK. — Voyage en Perse fait dans les années 1807 à 1809. Paris, 1819. In-B.
Ker Porter, Kobert. — Ouvrage cité page 295.
Maurice, Th. — Observations on the Ruins of Babylon and Persepolis. London,
1816-1818. 2 vol. in-4.
9i^cbc,3. ®. — î)ie ^ciUge ©agc unb bat" gcfammte 9itUgicu«fnt1cm bcv altcn ïBattïer-
ïïlictev unb *pcrfer cber bcâ Scnbïctfé. gvauEfutt, 1820. 1 vol. in-8. SRofenmùKcr, e.g. ^.— Jpanbbud) tctbitlifrfjcn 3l(tettI)uiuéEuubc. Seitjig, 1823 àl831.
4 vol. in-8.
Alexander, J. E. — Travels from Lidia to England, comprehending a visit to the
Burman empire and a journey through Persia, Asia Minor, European Turkey, etc.
London, 1827. In-4.
BccKiKGHAM, J. S. — ïravcls in Assyria, Media and Persia, with researches ia
Ispahan and Persepolis. London, 1830. 2 vol. in-8. Saffcii, St). — S)ic alt^evfif^en .Rci(«3nfcî)viftcn son !Çcvfcï)ctiê. ©ntjiffcvung bc« 2Ilp^n«
beté uub (Svfdivung beê SiitiattS. Sîctfi gcogvap^ifdien llnterfudiungcu ùbcr bic Sage bec
im .§crcbptifd)cti S,atvapien»3Scrjeicînuffe iinb in einer 3nfd)ïift eïn.Hi!}iitcn alH:crfifd}cn
9>ôlfer. a3cnn, 1836. Grand in-8.
Sîittcr, S. — Zit erbtunbe son Stncn. SevUn, 1838. In-8. vie vol., l^'' division. RiCH, J. C. — Ouvrage cité page 296.
AiNswoRTH, W. F. — Ouvrage cité page 296. Latard, a. h. — Ouvrage cité page 296. Tex:er, Ch. — Description de l'Arménie, la Perse et la Mésopotamie. Paris, 1842.
I vol. in-fol.
Rawlinson, h. E. — The Persian cuneiform Inscription at Behistun decyphered and translated, with a niemoir on Persian cuneiform Inscriptions in gênerai and on that of Behistun in particular. Journal of Ihe Royal Asiatic Society of Great-Britain a7}d Ireland. x= vol. 1847. In-8.
Texikr, Ch. — Description de l'Asie Mineure, Paris, 1839 à 1849. 3 vol. in-fol.
Flandtn, e. — L'Orient. Paris, 1853. 3 vol. in-folio. — Constantinople et le Bosphore, 40 planches; Scutari, 5 pi. ; les Dardanelles, 2 pi. ; Smyrne, 4 pi. ; Rhodes, 25 pi. ; Chypre, 4 pi. ; Syrie et Palestine, 20 pi. ; Egypte, 7 pi. ; Mésopotamie,
II pi.; Bagdad, 11 pi.; Perse, 11 pi.; Arménie et Mer Noire, 10 pi. Fx.ANDiN, E. et P. CosTE. — Voyage en Perse. Paris, 1850. 2 vol. in-B. Atlas de
6 vol. grand in-fol.
Fergiisson, j. — The Palaces of Nineveh and Persepolis restored. An Essai on
ancient Assyrian and Persian Architecture. London, 1851. In-8. Vaux, W. S. W. — Ouvrage cité page 269. SBvaun, SuUuê. — @cfdid)tc bcr .Runfl in i^rcm ©ntïtùcfhuigggang buv^ Me a^ëlfcv bcr
alten ÏGclt l^inbutdj auf bcm SSoben bet Ovtêfunbe nadjgmicfen. aBiesbaben, 1856.
Contenant la Vallée du Nil et la Mésopotamie (Babylone et Ninive), les contrées
limitrophes, l'Arménie, la Médie, la Perse, la Syrie, la Palestine, l'Arabie avec les
côtes de la Phénicie, Chypre et Carthage. 1 vol. in 8.