‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 166 sur 298 · MÉDIE, PERSE · texte numérisé non relu

MÉDIE, PERSE

Sur les confins extrêmes du plateau de l'Iran, au sud-ouest de la mer Caspienne, était située la Médie, dont le nord formait un pays de montagnes, entrecoupées de riches vallées fertiles en pâturages ; le sud était moins accidenté et formait une vaste plaine, u On ne saurait en dire assez sur la grandeur et sur la force d'un tel pays, dit Polybe. La Médie occupe le centre de l'Asie, et, si on la compare dans ses diverses parties aux autres contrées de ce continent, elle l'emporte sur toutes par son étendue et par l'élévation oi!i elle est placée ; elle domine les nations les plus courageuses et les plus puissantes. Du côté de l'aurore et de l'orient, elle a pour bornes les déserts qui séparent la Perso de la Parthiène ; elle commande aussi les portes appelées Caspiennes , et en est maîtresse ; elle touche aux montagnes des Tapyresqui sont peu éloignées de la mer d'Hyrcanie. Au midi, elle est voisine de la Mésopotamie et des pays des Appoloniates, et elle s'étend jusqu'à la Perse contre laquelle la protège le mont Zagros ; cette montagne est haute de cent stades, tantôt formant de vastes ouvertures, tantôt présentant une chaîne presque continue. Elle est entrecoupée de vallons fort étroits et de longues vallées habitées par les Cossiens, les Corbrenens et les Carchiens et d'autres peuples barbares, habiles en tout ce qui concerne la guerre. A l'occident, elle confine au pays des Satrapiens, situé à une distance peu éloignée des peuples occupant les rivages de l'Euxin. Du côté du nord, elle est limitée par les Élyméens, les Aniaraces, les Cadusiens, les Matiens, et s'élève au-dessus de cette partie du Pont qu'avoisinent les Palus Méotides. Enfin, elle est traversée de l'orient à l'occident par une suite de montagnes au milieu desquelles se déroulent des campagnes pleines de villes et de

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bourgs '. » La Médie était favorisée par la nature : arrosée par des rivières, elle offrait de riches vallées, des champs fertiles, des montagnes boisées où croissaient des citronniers et des orangers; la vigne aussi y était abondante. Les forêts livraient de magnifiques bois de charpente.

Les Mèdes étaient de race ariane ^. Ceux du nord parlaient le zend, et ceux du midi le pehlvi. Très-braves et guerriers, il ne leur était pas permis de parler des choses qu'il était défendu de faire. Ils commençaient à cinq ans à instruire les enfants, et depuis cet âge jusqu'à vingt-quatre ils ne leur apprenaient que trois choses : à monter à cheval, à tirer de l'arc et à dire la vérité ^ Comme les Perses, ils étaient polygames.

Les Mèdes avaient pour religion celle de Zoroastre; c'était un pur mqnothéisme. Elle enseignait un tout inerte, un tout intclUgcnl, Zoréuana Akarané qui, par son verbe, donna l'existence à deux êtres également éternels tous les deux, indépendants l'un de l'autre et puissants, dont l'un, le bon principe, était nommé Ormouzd, c'est-à-dire dispensateur de la lumière, le Soleil, et le mauvais principe /l/wmw)), c'est-à-dire celui qui ternit la lumière, l'ennemi de la lumière. D'après les ordres du Principe premier, Ormouzd avait créé le monde intellectuel et le monde matériel; Ahriman, les mauvais génies avec lesquels il s'élève de l'empire des ténèbres, le Touran, pour chercher à détruire éternellement l'empire de la lumière, l'Iran, le siège d'Ormouzd. Mais le second devait être détrôné par le premier qui est beaucoup plus puissant, et retourner même au bien quand le mal serait anéanti. Comme intermédiaire entre les deux, se trouvait Mithras, le Soleil, être mâle et femelle. L'immortalité de l'âme était admise dans cette religion. Des Perses, qui avaient la môme croyance, cette doctrine passa mutilée aux Juifs, mais seulement après leur captivité.

La religion des Mèdes et des Perses, à leur entrée dans l'histoire réelle et positive, était la religion de Zoroastre, mais ayant subi une transformation ou sorte de renaissance. Le Zoroastre historique, celui qui vivait sous le fils d'Hystaspe, c'est-à-dire Darius, qui monta sur le trône de Kyros et de Kambyses et en tête de la dynastie bactrienne, branche de la maison perse des Achaeménides, reconstitua une religion basée sur cette portion de la religion assyrienne formulée et pra-

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