Diodore, 1. ii, ch. xiii
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neaux. L'emplacement du lieu qui s'élevait en colline en facilita les moyens. Les créneaux de la première enceinte étaient peints en blanc ; ceux de la seconde en noir ; ceux de la troisième en pourpre ; ceux de la quatrième en bleu ; ceux de la cinquième étaient d'un rouge orangé. Les créneaux de la sixième enceinte étaient argentés, et ceux enfin de la septième et dernière (intérieure) étaient dorés '. Dans l'enceinte dorée, étaient situés le cbâteau royal et le trésor. Ces créneaux recevaient leur couleur au moyen de briques ou de carreaux émaillés et cuits au feu, pratique ninivite. Ceux en or et en argent étaient recouverts de tôles d'or et d'argent. Ce furent de semblables créneaux qu'Alexandre fit démolir dans toutes- les fortifications à la mort d'Éphestion, ainsi que le rapporte Plutarque dans la vie de ce prince-.
Le nombre sept des enceintes de la ville d'Ekbatane avait une signification religieuse ; c'était un nombre sacré pour les adorateurs d'Ahouramasda. On reconnaît dans la disposition de ces enceintes la forme pyramidale usitée chez les Égyptiens, les Babyloniens et les Assyriens. Le nombre sept fait allusion à la divinité principale et aux six Amschaspands, ou génies de la bonté, de la justice, de la vérité, de la piété, etc. Ce qui prouve que les murailles d'Ekbatane ont eu une grande célébrité dans l'antiquité, c'est qu'un passage intercalé dans le livre de Judith rapporte que ces murs étaient élevés en pierres qui avaient 3 coudées de largeur sur 6 coudées de longueur, et qu'ils avaient une élévation de 70 coudées (plus de 39 mètres) ; que les tours dans lesquelles étaient 'pratiquées les portes de la ville avaient 60 coudées de largeur sur 100 de hauteur. Les rois de Perse avaient une telle confiance dans la sécurité du château d'Ekbatane, qu'ils placèrent la plus grande partie de leurs richesses dans le bâtiment du trésor de ce château. C'est encore là qu'ils établirent le dépôt des archives de l'empire, et c'est là enfin que Ktésias put compulser les diphthères royaux (volumes ou registres en parchemin. Diodore, 1. II, eh. xxxn). Pendant ses conquêtes d'Asie, Alexandre fit transportera Ekbatane toutes les richesses des Achaeménides trouvées à Babylone, à Suse et à Persépolis ^
On a retrouvé à Ekbatane la base d'une colonne cannelée'' du même ordre et du même style que les bases des colonnes des palais de Persé-
1. Hérotlote, 1. J, ch. xcvni. — 2. Plutarque, Fie d' Alexandre, ch. i.xxii.
3. Sti'abon, 1. xv, p. 731. — Arrieii, Expéditions d'Alexandre, 1. m, ch. xix.
4. J. Morier, Second Journal^ etc., p. 268. — Ker Porter, Travels, etc. ii, p. 114.
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polis, et offrant une fleur de lotus renverse'e. L'imitation de cette plante aquatique dans ces lieux n'a pu y être introduite que des bords de rindus, ou, ce qui est plus probable encore, des régions marécageuses, riches en roseaux, des plaines de Sennaar, de Suse et de Babylone. On a trouvé encore à Ekbatane , auprès du fragment cité , une terrasse irrégulière tout à fait conforme à l'emplacement d'un palais royal. Quant à l'ancienne fondation de Déjocès, il n'a pu en subsister que peu de chose, car son fils Phraortès, oliligé de faire la guerre aux Assyriens, y trouva la mort, et, par vengeance, Nabuchodonosor ordonna, en 625 avant l'ère vulgaire, la destruction complète de la ville nouvellement bâtie.
D'après Polybe, nous ne voyons chez les Mèdes que la construction en charpente usitée dans la Médie montagneuse, formée de poutres et de pilastres grêles, de colonnes et d'entablements dont le style rappelle les grandes salles de l'architecture persane de nos jours, composée de colonnes et de traverses en bois, offrant une polychromie variée et ornée de glaces, de tentures, de tapis, etc., telles qu'on en trouve à Téhéran, à Schiraz, à Ispahan et ailleurs.
Il n'y a rien d'étonnant qu'il existe quelque analogie quant à des détails et des ornements entre l'égyptien, le grec, l'indien et le médique; ces peuples sont de même race : les mêmes facultés, les mêmes aptitudes produisent en général les mêmes tendances et les mômes résultats, sauf les modifications introduites parle caractère du pays, la religion, les mœurs, les occupations et les influences étrangères. La colonne isolée, plus ou moins élevée, plus ou moins grosse, est une des créations particulières à la race ariane. On la retrouve chez les Indiens, les Mèdes et les Perses, les Égyptiens et les Grecs. Toutes les autres nations l'ont copiée de ces peuples. Dans la Grèce seule, la colonne est arrivée à sa plus haute et k sa plus complète perfection.
Mais ayant vécu longtemps en contact avec les Assyriens, les Mèdes et les Perses en empruntèrent le faste, la pompe et la magnificence, ainsi que presque toutes les formes de leur architecture dont Ninive leur servit de prototype.
En l'année 558 avant l'ère vulgaire, Kyros dépouilla Astyages de sa couronne et termina ainsi la puissance des Mèdes. Quoique l'intention de Kyros fût de régénérer le royaume des Perses, et que, par ce motif, il respectât Pasagardes et Persépolis, la ville oi^i l'on conservait le trésor et les archives de l'empire gravées dans la pierre, qu'ensuite il laissât
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à la première de ces deux villes le privilège de sacrer les rois et d'en être la nécropole; il sentit qu'après l'anéantissement de l'empire de Babylone, Babylone serait néanmoins plus convenable comme capitale de l'Asie, qu'une des deux villes nommées de la Perse orientale, ou enfin qu'Ekbatane, l'ancienne" capitale des Mèdes. Mais comme il eût été impolitique, peut-être même impossible de transférer du premier couple siège sacré dans une ville étrangère et immense, Kyros fonda une nouvelle capitale à Suse, qui se trouvait sur le territoire national et cependant peu éloignée de Babylone. Il ne faut pas confondre cette ville avec une Suse plus ancienne, de fondation assyrienne, qui se trouvait plus à l'orient, non loin des sources de l'Eulœus, afïluent du Pasitigris.
La ville de Suse, d'une forme oblongue, s'étendait sur la rive orientale duChoaspis; elle avait, selon quelques auteurs, 120 stades de tour, selon d'autres 200. Les murs d'enceinte, les temples et les palais étaient, comme à Niniveet à Babylone, élevés en briques cuites posées avec de l'asphalte. Les maisons étaient longues et étroites parce qu'on manquait de poutres de grande dimension. Il y avait cependant encore un autre motif du peu de largeur des maisons de Suse. A cause de la chaleur excessive du pays, on était obligé de recouvrir les toits de 2 coudées (92 centimètres) de terre, dont la charge aurait fait plier les poutres d'une grande portée. En parlant de ces maisons, Strabon dit que les bois de palmier ont une particularité, c'est que plus ils sont vieux plus aussi ils durcissent ; que la charge ne les fait pas plier vers le bas, mais qu'au contraire la convexité s'opère en sens inverse du poids qui le charge '. Tous les rois de Perse agrandirent le palais impérial de Suse en y ajoutant de nouvelles constructions. C'est par là qu'ils voulaient immortaliser leur règne, et ces bâtiments servaient en même temps de dépôt pour les impôts qu'ils levaient. Aujourd'hui les ruines de cette ville se reconnaissent dans des monceaux considérables de décombres et de briques, parmi lesquels on trouve des blocs de marbre et de grosses dalles avec de l'écriture cunéiforme, monceaux qui se prolongent dans une étendue de plusieurs kilomètres, comme les ruines de Babylone et de Ninive.
Lors des fouilles entreprises par un voyageur anglais, M. Loftus, en 1851 et 1852, on découvrit les restes d'un édifice de 3/|3 pieds anglais de longueur sur 2/|Zi de profondeur. Au centre on trouva trentesix colonnes avec plinthe carrée, semblables à celles de la salle hypo-