Straboii, 1. xv, p. 733. — 2. Hérodote, 1. i, ch. cxxxi
cité fortifiée, dontle circuit extérieur égalait àpeu près celui d'Athènes', et qui fut Agbatane (Ekbatane). Cette \ille, avec son château fortifié, était située dans le plus beau site de la Médie, sur une colline où se trouvaient des sources, et dans le voisinage d'une montagne d'où l'on découvrait la mer Caspienne. Le palais d'Ekbatane était destiné au séjour d'été des rois mèdes qui fuyaient le soleil ardent de leurs provinces méridionales. Ekbatane semble l'avoir emporté sur toutes les autres cités par ses richesses et par la beauté de ses édifices. Au-dessus de la citadelle était le palais du roi. « Ne rien dire du palais, dit Polybe, est aussi difficile que d'en donner la description détaillée. Pour ceux qui aiment à offrir aux lecteurs des récits surprenants, et qui ont pris la coutume de ne rien exposer sans emphase et sans amplification, Ekbatane est une riche matière. ]\Iais un tel sujet ne cause qu'embarras et hésitation à l'Instorien qui aborde avec une crainte excessive tout ce qui est en dehors des idées ordinaires. Le palais du roi a sept stades de circonférence, et par la magnificence de ses ornements donne une haute opinion de l'opulence de ses fondateurs. Bien que toute la boiserie fût de cèdre et de cyprès, on n'avait rien laissé à nu ; les poutres, les lambris, les colonnades dans les portiques et sous les péristyles étaient couverts de lames d'argent et d'or. Toutes les tuiles étaient d'argent -. »
Diodore attribue à Sémiramis la fondation entière de la citadelle royale d'Ekbatane, ainsi que les travaux hydrauliques destinés à amener des eaux abondantes dans toute la ville ^. On ignore toujours si ces travaux étaient dus à Déjocès ou à un de ses successeurs, ou même à un des princes Acha^nénides ; mais toujours est-il qu'ils n'appartiennent pas à Sémiramis ni à son peuple, qui n'étaient ni constructeurs ni industrieux. Quand on consulte Diodore, il faut le faire avec une grande réserve. Cet auteur crédule et peu scrupuleux attribue à Sémiramis l'inscription et les sculptures de Bisoutoun, qu'on sait aujourd'hui positivement appartenir à Darius.
Ekbatane avait sept enceintes; les murs concentriques étaient renfermés l'un dans l'autre et construits de manière que chaque enceinte ne surpasscàt l'enceinte suivante que de la hauteur des cré-
1. ITéiodnte, 1. i, cti. xcvm. — Diodore, 1. xvii, cli. ex, dit qn'Elvbatane avait 250 stades de tour, plus de 36 kilomètres. Han'imata dans les inscriptions de Darius. On pense que le mot Haganiata sijïnitiait haras. •• .