‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 187 sur 298 · Ktésias, Ilisloire de Perse, ch. xv · texte numérisé non relu

Ktésias, Ilisloire de Perse, ch. xv

polis ne sont point contemporains des palais que nous avons décrits. Quand ces tombeaux furent établis, il y avait longtemps déjà que le siège du souverain de l'empire de Perse avait été transporté à Suse, plus à l'ouest, ainsi que l'exigeaient les intérêts politiques des souverains de la Perse.

Le plus grand nombre des monuments delà Perse les plus splendides furent élevés sous le règne de Xerxès et de ses successeurs. On se fera une idée des immenses richesses de la Perse sous ce prince, si l'on considère que tous les trésors royaux des temps primitifs, de l'Inde jusqu'en Egypte et en Lydie, étaient tombés dans les mains de la noblesse perse, et que ces trésors furent mis en circulation sous le règne du fils de Darius. 11 en fut de même des trésors enfouis auparavant dans les temples et détenus jusqu'alors par le sacerdoce; ils furent également mis en circulation, et l'argent des prêtres développa dans la nation les arts, les plaisirs et les vices qui avaient été limités auparavant aux temples et aux fêtes qui s'y pratiquaient. On trouve dans les Perses d'Eschyle un tableau fidèle des rapports sociaux des Perses entre eux et avec les Grecs, tableau qui peut aider à donner une idée morale et intellectuelle de ce peuple.

En face et à peu de distance des tombes de Nakschi-Roustam, existe une construction d'un genre particulier, qui était autrefois un temple consacré au feu. 11 consiste en une tour carrée de 6"" 70 en tous sens, ornée aux angles de pilastres lisses, et sur trois de ses faces, de petites niches en pierres noires en rangées horizontales. L'ensemble, de 10 mètres de hauteur, est couronné d'une corniche composée de denticules. Sur la quatrième face, faisant front aux tombes, est pratiquée la porte, autrefois inaccessible du sol. Le bistre du plafond rend encore témoignage de la destination de cet édifice dont la couverture est formée de deux grandes dalles. C'est là qu'on entretenait le feu éternel. Strabon ' rapporte que les prêtres y entraient journellement, qu'ils y priaient pendant une heure et qu'ils entretenaient -le feu éternel sur un autel placé au centre du petit temple. Pendant cette cérémonie, ils étaient coiffés de turbans ou de tiares en feutre dont les jugulaires descendaient jusqu'aux lèvres qu'elles couvraient sans doute pour ne pas toucher le feu sacré de leur haleine. Le feu éternel était ensuite porté sur les autels découverts, appelés Atach-Gah -.

1 Stiabon, 1. xv, p. 733. — 2. Coste et Flandin. T. IV, pi. 208.

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