LES TOMBES ROYALES
liant vers le haut en une figure d'homme, un anneau à la main, et finissant vers le bas en une robe richement ornée.
La façade de ces tombes reproduit fidèlement celle des palais des rois de Perse, qu'on peut donc restaurer à leur aide. La porte simulée au centre, entre les deux colonnes médiales du rez-de-chaussée, est couronnée de la grande gorge égyptienne. Son chambranle se compose de trois champs en retraite l'un sur l'autre. L'aspect général de ces façades sépulcrales, la disposition de leurs divers détails prouvent qu'elles sont une imitation d'une construction antérieure en charpciiterie. Un seul détail n'y appartiendrait pas, et ce détail, c'est la porte simulée avec son couronnement égyptien. L'intérieur de ces tombes ne répond en aucune manière à l'élégance de leurs façades extérieures. En pénétrant par une ouverture pratiquée dans la porte simulée et et qui a à peine un peu plus que le tiers de la hauteur de cette porte, on arrive à un espace oblong et transversal, au fond duquel sont placés trois niches ou renfoncements qui contenaient les sarcophages.
Les inscriptions de ces tombeaux sont, comme d'habitude, en trois langues. Dans l'un d'eux, on a reconnu celui de Darius, fils d'Hystaspes (il régnait de 521 à ^85 avant l'ère vulgaire). Les trois autres tombes appartiennent aux rois antérieurs et postérieurs à Darius. La première dans l'ordre est le tombeau de Kambyses (530 à 521), la troisième celui de Xerxès (de /t85 à /|07), et la quatrième le tombeau d'Artaxerxès I (/i67 à ^2/i). Ces tombeaux sont établis dans la montagne à une élévation telle qu'on ne peut y arriver qu'au moyen de longues échelles. Ktésias rapporte que Darius ayant fait faire son tombeau sur le mont à deux cimes, « ses parents voulurent le voir : il leur en coûta la vie. Les prêtres qui les guindaient au haut de la montagne, ayant aperçu des serpents, en furent si effrayés, qu'ils lâchèrent les cordes. Le prince et la princesse se tuèrent en tombant. Cet accident causa beaucoup de chagrin à Darius. 11 fit décapiter les quarante personnes chargées de monter au haut de la montagne son père et sa mère ' . »
Il est remarquable que Kambyses ait abandonné le style dans lequel est élevé le tombeau de Kyros pour en adopter un autre complètement différent et se rapprochant du caractère des tombaux de la Lycie en Asie Mineure.
Il est à observer que les tombeaux de la montagne auprès de Persé-