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Coupe du Trésor d'Atrée àMykène

culaires, diminuant de diamètre à mesure qu'elles s'élèvent, forment une voûte d'apparence parabolique, terminée par une pierre unique

qui lui sert de clef. La porte, dont les murailles ont plus de six mètres d'épaisseur, n'a pu être pratiquée qu'en réservant la largeur de la baie, qui fut surmontée d'une énorme arcbitrave ou linteau, posant sur les deux jambages ou piedsdroits. Par ce moyen, il était en même temps ])ossible de ménager au-dessus de ce linteau une ouverture ou fenêtre triangulaire, destinée à décbarger l'architrave et à donner du jour et de l'air, pris dans le passage, dans l'intérieur de la voûte.

Le linteau (B) est formé de deux énormes pierres superposées. La plus grande, forme pénétration dans la voûte: elle a 8™ 15 de longueur sur 6™ 50 de profondeur et 1"'22 d'épaisseur. Le second linteau est de la même hauteur, et probablement de la même longueur que l'autre. A la base, la porte a S™ 17 de largeur, et au sommet 2™ 32 : sa hauteur est de 6™ 30 ; sa hauteur primitive était plus considérable. La face tlu linteau est ornée de deux moulures parallèles qui se continuent sur les jambages (G) de la porte. 11 existe sur la face supérieure de l'architrave et sur les murs au-dessus de la porte, aux deux côtés de l'ouverture triangulaire (A), des rangées régulières de trous qui doivent avoir servi à l'assujettissement d'une décoration. Ces indices sur le monument même donnent d'autant plus d'inqwrtance aux fragments d'ornementation découverts dans les décombres du passage. Parmi eux sont une base de semi-colonne de marbre vert avec des monuments formant galons mêlés d'enroulements, un fragment de fût de colonne chevronné avec alternance d'enroulements . des tablettes en pierre, une d'une couleur verdâtre, une ^^'-- - coupe .le

la Porte d'entrée

autre d'un rouge éclatant, une troisième en marbre du Trésor dAtrée blanc, toutes ornées d'enroulements et de détails en 'i^'ykène. coquille et en éventail. Ces fragments se distinguent par les contours corrects et aigus de leur ornementation. On y a trouvé encoie enfin

THÉ s on D'ATHÉE. /ll5

une tablette en rouge antique. Mais moins cette espèce de décoration de pierre et ce style bariolé, de couleur et de dessin à moitié barbare, correspondent aux usages postérieurs de rarcliitecture grecque, moins aussi devons-nous refuser de voir dans ces vestiges remarquables les fragments d'une décoration contemporaine à la construction, et nous figurer la représentation d'un portail richement orné. Les demi-colonnes étaient placées sur les

^ 133. - Moulures

jambages de la porte , leurs chapiteaux étaient des jambages de la Porte fixés dans l'architrave, et les tableaux de la lUi Trdsor d-Atrue

a Mykcne.

fenêtre étaient ornés de ces tablettes. Les traces qui se trouvent dans l'embrasure de la porte semblent indiquer qu'en cette place le portail était entièrement revêtu de tôles ou de plaques d'airain. Au milieu de la porte, on voit, dans le linteau, les trous dans lesquels tournaient les gonds des vantaux. En franchissant le seuil de la porte, on pénètre dans cette salle circulaire à voûte parabolique de 1/| mètres de diamètre et de 12"'50 d'élévation (actuelle). Dans une élévation de plus de vingt assises hautes de 6G centimètres, on aperçoit des rangées verticales et régulières de trous, dans lesquels on a trouvé des clous en cuivre qui étaient destinés à maintenir des plaques de métal. Ces trous ne commencent qu'à la quatrième assise d'en bas, à 1"'70 du sol actuel, dans laquelle on en conqDte /iG, à 66 centimètres les uns des autres. On a retrouvé des vestiges du revêtement lui-même et des clous à large tête plate. Avant qu'on employât, pour animer les parois des murailles, la peinture et la sculpture, on cherchait, surtout selon une antique coutume argienne, à donner aux intérieurs de la richesse et de la noblesse au moyen de métaux polis. C'est surtout à la lueur des flambeaux que la voûte de cet édifice devait produire une impression extraordinaire, par les éclats et les reflets que se renvoyaient les parois. Aussi Homère a-t-il l'habitude de faire valoir l'éclat de semblables murailles d'airain des palais princiers.

Dans l'axe du nord au sud du Tholos, au nord à la droite de l'entrée, une plus petite porte, construite de la même manière que la première, conduit dans une salle souterraine creusée dans le roc et qui a 8"'60 de longueur sur 6'"25 de largeur et /j"'50 de hauteur (actuelle). On voit dans les jambages de la porte les trous pour de gros verroux.

Toute cette construction, ainsi que nous l'avons dit, était souter-

raine. Après son achèvement, on la couvrit de la terre qui en sortait, afin que les assises fussent maintenues par un poids d'une pression égale.

La petite salle taillée dans le roc était destinée à une tombe royale : la salle circulaire avait pour but de renfermer des objets de prix et de grande dimension. Si l'on prend en considération Tusage perpétuel et séculaire des Grecs de placer dans les tombeaux une partie des biens terrestres de ceux qui y étaient inhumés, on sera aussi conduit à l'opinion de voir dans notre monument un double but, parfaitement d'accord avecla grandeur d'idées de l'époque héroïque. L'origine et l'essence de ces monuments sont donc funéraires : le grand espace circulaire est un trésor en tant qu'il contenait les objets qui furent les plus précieux aux yeux du héros qui reposait dans le caveau postérieur, tels qu'armes, char de combat et autres objets d'art, bijoux, armures, etc. Ce n'était donc pas un trésor des princes vivants et régnants : celui là était dans l'enceinte de l'acropole ; mais c'était un trésor d'un héros mort, c'était avec son tombeau un sanctuaire public de la ville, auprès duquel on faisait les sacrifices consacrés aux morts qui avaient été mêlés aux faits glorieux de leur histoire.

A environ une trentaine de pas vers l'acropole, à l'ouest, au bas de la porte des Lions, se trouve une éminence de terre de figure semblable ayant une voûte également parabolique, mais qui s'est affaissée. On ne voit que les entrées en ruine de deux autres édifices souterrains qui sont situés sur le versant occidental de la montagne et séparés des premiers par les vestiges de la rue antique dont nous avons parlé. 11 est probable qu'il y a encore d'autres monuments semblables sous le sol de l'ancienne ville, qui a été peu fouillé jusqu'à présent'.

On pense, non sans quelque raison, que les tombeaux-trésors, sur le versant Est, appartiennent aux princes de la maison royale des Atrides, Atrée ou Agamemnon: que ceux du versant opposé ou occidental, plus éloignés et hors de vue de l'acropole, furent ceux de klytaimnestra et de son amant Aigisthos.

Auprès de Mykène, il existe un monument de l'époque héroïque : il est petit et forme un rectangle oblong^.

Il y avait encore en Grèce d'autres monuments semblables à ceux de Mykène : près d'Amyklai sur l'Eurotas; à Pharsale dans le sud de laThessalie; à Elis, bâti par Agamèdes et ïrophonios : à Orchoménos

1. Pausaiiias parle de Mykéue, 1. ]i. ch. xv, xvi ; I. v, ih. xxiii; 1. vu, ch. xxv.

2. La Grèce, Vues pittoresques et topograpliiques, par le baron de Stackelberg.

ORCHOML'INUS. /il7

en Béotie. Nous citerons encore la cuve d'airain des Aloïdes et la cuve dite souterraine; le Thalamos de bronze de Danaë et d'Alkmène, etc., etc.

Pausanias^ rapporte que le monument d'Orchomènos, qu'il nomme le trésor de Minyas , « était de forme circulaire, et que la coupole ne se terminait pas tout à fait en pointe , qu'au sommet était une pierre formant la clef de voûte de tout l'édifice. » 11 était entièrement construit en marbre blanc tiré de loin, car il ne s'en trouve pas dans le voisinage. La salle circulaire est détruite; il ne reste plus debout que la porte d'entrée qui, dans sa partie encore visible, a 2'"33 de hauteur et 2"" 50 de largeur au sommet ; elle s'élargit vers sa base. On estime que sa hauteur primitive pouvait être au moins de 6 mètres. L'architrave , d'un seul bloc , a environ 5 mètves de longueur et 1 mètre d'épaisseur; elle est d'un poids d'environ 2Zj,000 kilogrammes. Par le segment de cercle formé à l'intérieur de cette architrave, on a trouvé qu'à cette hauteur la salle devait avoir approximativement 20™ 30 de diamètre, dimension très-supérieure à celle des monuments de Mykène.

Les Minyens, peuple très-ancien, comme le dit Pindare, avaient pour capitale Orchomènos, située en Béotie, sur le versant sud-ouest du mont Hyphanteion, sur lequel était bâtie l'acropole. Orchomènos était placée à l'embouchure du Kephissos, au bord du lac Kopaïs. 11 ne reste que de bien faibles vestiges des arts et de la richesse des habitants de cette ville, chantée par Homère. Les Béotiens célébraient encore dans des temps très-postérieurs, comme leur plus grande solennité, la fête des Dédalidcs , preuve du souvenir de leur ancienne et très-ancienne pratique dans les arts. Pour les Grecs, Dédale était l'inventeur et le représentant des arts et des métiers, a Quant au trésor de Minyas à Orchomènos, rapporte Pausanias, c'est une des merveilles de la Grèce et qui ne le cède à aucun autre en Grèce ni à l'étranger-. » Nous avons déjcà parlé des tunnels qui déchargeaient le trop-plein des eaux de la plaine du centre de la Béotie dans la mer. Ces tunnels et le monument dit trésor de Minyas peuvent suffisamment prouver qu'Orchomènos était un centre des arts grecs et des richesses de la Grèce, peut-être le plus ancien de tous. L'état florissant de cette ville s'explique par les exportations de grains qu'elle faisait dans le golfe Pagasétique et surtout pour Jolcos. Nous avons, dans les monuments primitifs que nous venons de nommer plus haut, une preuve de l'habileté des races arianes dans la conception et l'exécution de grands

1. Pausanias, l. ix, ch. xxxvin. — 2. Pausanias, 1. ix, ch. xxxviii.

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travaux d'architecture. Les quelques réminiscences orientales que l'on trouve chez les Grecs primitifs ne se rapportent pas à l'orientalisme sémitique, mais à l'orientalisme arian, qui est autrement pur et beau. Si les murs de Tiryns nous montrent déjà diverses étapes de progrès chez les Grecs dans l'art de construire, qui consistent à superposer d'énormes blocs de pierre, à les combiner et à les réunir pour en faire des galeries couvertes, et enfin à dresser les parois intérieures au moyen du ciseau, les murs de Mykène nous offrent des progrès postérieurs. A côté de blocs bruts on trouve là aussi des pierres taillées en polygones, parfaitement juxtaposées, et enfin la construction par assises régulières et pierres carrées. De ces faits il s'ensuit que ces murs sont de différentes époques. L'art grec fit un progrès de plus dans ces salles circulaires de forme conique, dont le type primitif semble se retrouver dans les galeries couvertes de Tiryns. Quant à la sculpture de la porte des lions, la hardiesse du savoir-faii-e y est surprenante.

^SàM»

lo4. — Monument dit de Kenclireai

A la droite do l'antique route stratégique d'Argos àTégée, au pied sud du mont Chaon et à vingt minutes de marche de TErasinos, existe un monument de forme pyramidale en ruine , dont le genre de construction indique qu'il appartient à l'époque héroïque. Le plan de l'édifice forme un rectangle orienté du nord au' sud, de H'"o2 de longueur sur 10™35 de largeur. L'angle sud-est est coupé et évidé à angle droit; il s'y trouve une porte, dont le haut est formé par des pierres en encorbellement, comme cela se voit aux galeries de Tiryns, qui conduit à un étroit corridor à l'extrémité duquel on entre par une autre porte à droite dans l'intérieur de la pyramide. Cette dernière a à l'intérieur environ dix pas carrés; elle était divisée en deux parties dans sa longueur par un petit mur de refend. La pyramide s'élève sur un socle peu élevé, de 2™15 de hauteur, formé de grosses pierres de tailk'. Les murs ont à leur pied de 2"M30 à 3 mètres d'épaisseur, et

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