‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 208 sur 298 · I. Vitruve, 1. n, ch. i · texte numérisé non relu

I. Vitruve, 1. n, ch. i

s'augmentèrent et que la société civile se fonda , la nécessité de l'abri pour la famille se fit plus fortement sentir. Alors commença le développement de la maison particulière. On conçut l'atrium .'■'-^. ou cour centrale et des pièces circonvoisines : le tout entouré ■^ ^i d'un mur sans fenêtres , disposition c[uë nous retrouvons dans les *Y^ maisons du temps d'Homère, c|ui en suivirent encore l'usage, toute-

fois en le modifiant. La plus ancienne aristoci^atie pélasgique , qui ne se distinguait que par la supériorité intellectuelle, la noblesse de caractère, une haute moralité, la sagesse et la justice, habitait sans doute déjà dans des espèces de châteaux situés au-dessus des plaines, sur des collines ou des versants de montagnes. Les villages, les bourgs |et les petites villes venaient se grouper autour. Cela suffisait à des peuples agriculteurs qui n'avaient pour industrie que la fabrication des outils et ustensiles qui se rattachent aux travaux de la

. ,ifi L'âge héroïque produisit les habitations décrites par Homère. .Nous ^^ arrivons aux palais et aux forts des petits princes grecs, ou rois, ou Anakles. Nous possédons non-seulement des descriptions de ces constructions dans les auteurs classiques, mais nous en avons encore même des restes. Homprc nous a donné des indications sur ces palais', en parlant de l'habitation d'Llysse dans l'île d'Ithaque, de celle d'Alcinoiis, dans l'île de Schéria, Corcyre, aujourd'hui Corfou, et enfin de celle de Ménélas.

Les grandes maisons d'habitation chez les Grecs du temps d'Homère, les palais de la noblesse, étaient composés d'une cour, d'un corps de logis pour les hommes et d'un autre, tout au fond, pour les femmes. C'est ce que le poète nous apprend en parlant de la maison de Pcâris -. En avant de la cour principale, une autre cour était destinée au service de la maison et sur laquelle donnaient les dépendances. Chaque maison ou palais était circonscrit par une enceinte composée d'un mur épais et élevé, plus ordinairement en bois, mais en pierre chez les riches. Les murs de clôture du palais d'Ulysse ressemblaient à ceux d'une forteresse. Ils étaient surmontés d'une espèce de créneaux ; sur la face du devant était pratiquée une porte d'entrée à deux vantaux'. Ces créneaux indiquent que le mur servait de rempart et de défense en y^ cas de l)esoin. 11 devait donc être épais et élevé et avoir par derrière, ou à l'intérieur et en contre-bas des créneaux, une plate-forme où l'on

1. Odyssée, cl), iv, v. 72; vu, v. 81—2. Iliade, ch. vi, v. 312. 3. Odyssée, ch. xvii, v. 266)

PALAIS r3'0DYSSÉE. ^29

pouvait circuler. Aux deux côtés de la porte d'entrée il y avait des bancs en pierre où s'asseyaient les hommes pour converser. Après avoir franchi la porte de l'enceinte, on entrait dans la cour de service sur laquelle donnaient les écuries pour les chevaux et les mulets, les étables, les remises pour les voitures et les chars de combat, les magasins à fourrage, les logemonls des domestiques, etc. De cette avantcour, on entrait dans la cour d'honneur; au milieu s'élevait l'autel consacré à Zeus Herkeios , le protecteur des cours \ et destiné aux sacrifices solennels. Cette cour était entourée d'une colonnade sur une partie de laquelle ouvraient les appartements des hommes et des étrangers. Au fond et au centre étaient les salles de bain et le passage qui conduisait à la salle des hommes, pièce principale de toute l'habitation. Cette salle était spacieuse, ornée de plusieurs rangs de colonnes supportant la toiture, et éclairée à droite et à gauche par des fenêtres. Tout au fond de l'habitation se trouvait le corps de logis des femmes, nommé Gynécée , renfermant des salles de bain, des salles de travail et d'autres pièces plus élégantes, où elles recevaient leurs parents et leurs amies. Mais la demeure principale des femmes et filles grecques était au premier étage, nommé ÛTcepwov. Après Homère, l'habitation des femmes, au premier étage, n'était d('jà plus une règle générale, mais seulement une exception. Des cours latérales et parallèles à l'axe de l'ensemble flanquaient des deux c(Més la salle des hommes et établissaient un passage libre des appartements des hommes à ceux des femmes. Ces maisons avaient un étage supérieur au-dessus du rez-de-chaussée et plus particulièrement au-dessus du Gynécée-. Sous terre étaient pratiquées des caves pour les besoins de la maison; on y conservait les vins, l'huile et la farine. Elles servaient en même temps de trésor; on y plaçait l'or et l'argent et les vêtements précieux^. Dans l'origine, ces palais étaient bâtis en charpente comme les plus anciens temples. Plus tard , quand on les éleva en pierre, les plafonds et les toits furent probablement en charpentes \ qui recevaient pour couverture, soit des joncs, soit des lames ou plaques de métal, en cuivre, or ou argent.

Il n'est point question de serrures pour la fermeture des portes. Elles se fermaient intérieurement par des loquets ou des verrous en bois ou

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