‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 217 sur 298 · Pausanias, 1. xi, ch. m. — 4. Id., 1. ii, cli. iv · texte numérisé non relu

Pausanias, 1. xi, ch. m. — 4. Id., 1. ii, cli. iv

UkS ^ - LIVRE PREMIER.

fut tout particulièrement honoré dans l'Attique par les sociétés d'artistes qui y étaient établies ; ce fut là aussi que son histoire fut composée et racontée d'une manière toute spéciale : on le fit même paraître sur le théâtre. 11 est censé né à Athènes , était fils d'Eupalamos, c'est-à-dire l'agile, l'expert dans les arts, et membre de la race royale des Érechthides. 11 ét&it architecte distingué et le premier qui imagina de représenter l'homme par la plastique. Sa sœur Perdix avait un fils qui fut son élève, et cela avec un talent si prononcé qu'il menaça de surpasser son maître. Dédale le précipita du haut de l'Acropole. C'est le plus ancien exemple de la tradition du maître et de l'élève que le moven âge avait aussi adopté. Dédale fut obligé de fuir chez Minos pour se soustraire à sa condamnation à mort par le tribunal de l'Aréopage : en Crète, il continua l'exercice de son art. Pour comprendre ce qu'il bâtit pour Ariane, c'est-à-dire un emplaceinent pour la danse, il faut savoir qu'Ariane, la très-sainte, était une divinité ou une personnification représentant la terre fertile, telle qu'elle alterne pendant le cours des saisons avec joie et peine, tantôt en une vie voluptueuse et productive, tantôt en un sommeil engourdissant. Les danses d'Ariane, dans le culte, sont l'image de son union avec Dionysos : encore un exemple que les arts les plus primitifs concouraient aux solennités du culte. Dans la suite, les poètes civils et les littérateurs firent voyager Dédale en Italie, en Sardaigne, en Sicile, en Orient, en Asie Mineure, et même en Egypte.

La tradition de deux autres architectes de la même catégorie, toujours nommés ensemble, et spécialement comme constructeurs de souterrains, de eaveaux, de trésors et de temples en forme de cryptes, est d'origine grecque, mais très-défigurée par des éléments se rapportant aux contes orientaux, ainsi que l'a prouvé K.-O. Millier. 11 s'agit d'Agamèdes et de Trophonios. On leur attribue les trésors de Minyas à Orchomènos, d'Hyriée à Hyria, d'Augeias à Élis, et ils les volent précisément (le la manière qu'Ht'rodolc rapporte le vol du trésor de Rhampsinite ' . Ils élèvent aussi d'autres monuments, des temples et des châteaux royaux-; on leur attribuait les plus anciens sanctuaires de diverses contrées, entre autres le temple de Delphes. Mais tout porte à croire que Trophonios n'est autre que l'Hermès chthonique, dispensateur de la prospérité, Ipio'Jvioç, qui en même temps entre et ressort furtivement et avec ruse dans les profondeurs de la terre. Aga-

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