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Sujet du vase d'Eigotimos et de Klitias

L'entasis ou renfiement des colonnes, la courbure donnée aux grandes lignes du stylobate et de l'entablement, n'ont été appliquées que dans le but d'obvier à un effet d'optique et pour conserver aux lignes toute la force et tout le caractère de la ligne droite absolue.

Un des plus anciens exemples de l'architecture dorique a été con-

ARCHITECTES. /)/i7

serve sur un vase exécuté par le potier Erpjotiiiios et découvert en 18/(5 sur le territoire de Cliiusi, l'ancien Clusium en Étrurie.

Parmi les nombreux sujets de ce vase, peints par klitias, dont le principal représente le mariac^e de Pelée et de Thétis, on remarque la façade d'un monument dorique à colonnes. L'entablement se compose d'une architrave, d'une frise et d'une coruiche. L'architrave est lisse. La frise est ornée de métopes et de triglyplies (ces dernières étaient probablement peintes dans le monument imité par le peintre du vase en question). La corniche est formée d'une haute gorge ornée de feuilles et qui rappelle les gorges de couronnement des façades des monuments égyptiens. Les colonnes doriques de notre vase ont une plinthe ou base unie, comme nous en avons rencontré sur les bords du Nil. Les colonnes ont un chapiteau à échine et tailloir '.

Quant aux architectes des temps reculés de la Grèce, les auteurs ne nous en nomment que trop : mais leur âge et leur histoire sont enveloppés d'obscurité. Parmi les plus anciens est cité Dédale, habile dans l'architecture et la sculpture en bois. 11 résume, dans son nom, l'origine et le développement de ces deux arts : il en embrasse plusieurs siècles, et paraît dansl'Attique, en Crète, jus(iu'en Italie et en Sicile. Les traditions Cretoises qui se rapportent à Dédale paraissent être les plus anciennes. Là, il exécuta un taureau pour Pasiphaé, le labyrinthe pour le minotaure, la salle de danse pour Ariane, expressions figurées pour les merveilles du ciel et de la terre, en sorte que Dédale pourrait bien avoir eu, dans la connexion primitive de ces mythes, la signification d'un démiurge cosmique '-. Plus tard, on en fit un artiste en rapport avec la plus ancienne architecture, manifestée dans des constructions souterraines,--des tombeaux imposants, des murs de colossales dimensions, aussi bien que dans la sculpture au service du culte qui demandait, dans les temps les plus primitifs, des statues, ^oava, ^ai^aXcc'-'. Dédale est donc le représentant général de cette activili' de l'esprit et le fondateur et la personnification héroïque des corporations ou associations qui la pratiquaient ; le signe caractéristique, toutefois, de ses propres créations, fut l'inspiration divine, quelque rude que fût d'ailleurs leur exécution matérielle \ C'est dans cette acception qu'il

1. Braun, Movumenti Imditi, t. IV, pi. 54 à 57. — Aiinali, t. XX, p 299 à .382. — 5hdico(m3ifcf)e 3citiing, 1850, pi. 23, 24.

2. ^fijthologie grecque, par L. Preller^ 1854, t. II, p. 345.

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