‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 235 sur 298 · CORRUPTION PAR LE COMMERCE · texte numérisé non relu

CORRUPTION PAR LE COMMERCE

avec les races arabes du levant et des côtes septeiitri(3nales de l'Afrique eussent corrompu les Grecs, que les plus beaux monuments de la Grèce furent élevés. Le génie qui présida à leur conception avait encore toute la pureté nationale , l'élévation dont les Grecs ont fait preuve en toutes choses. C'est à la fin du v« siècle avant l'ère vulgaire que se montre dans le goût des Grecs la décadence qui arriva à son plus haut point du temps d'Alexandre. C'est l'époque aussi où un nombre considérable de petits poètes civils égarent de plus en plus l'esprit public en faussant les doctrines et les traditions séculaires. Le commerce et une sorte de bourgeoisie ou de tiers-état amenèrent en partie les tristes circonstances qui mirent la Grèce sous le sceptre spoliateur des Romains.

La corruption de toute espèce, qu'amènent le séjour au bord de la mer et le commerce, avait été remarquée par les anciens. Strabon ne trouve pas étonnant que , vu la préférence donnée par les Grecs au commerce et les injustices qu'il fait commettre, Homère ait qualifié de justes et vénérables des peuples qui vivaient sans commerce, qui ne connaissaient point ce que c'était que d'amasser de l'argent, et chez lesquels, hormis l'épée et le vase qui leur servait à boire, tout était en commun ' . (( Notre manière de vivre actuelle, dit encore Strabon, s'est étendue chez presque tous les peuples, et a dépravé leurs mœurs par l'introduction du luxe, des plaisirs, et en leur donnant l'envied'acquérir, par des moyens illicites, de quoi les satisfaire. C'est ainsi qu'une grande partie de cette corruption a pénétré chez les peuples barbares, et entre autres chez les nomades. Dès qu'ils se sont appliqués à la navigation, ils se sont pervertis au point de piller et de tuer les étrangers ; et par leurs liaisons avec diverses nations, ils en ont adopté le luxe et le trafic, deux choses qui paraissent tendre à la civilisation, mais qui corrompent les mœurs, en introduisant chez les hommes l'intrigue à la place de cette simplicité dont nous parlions tout à l'heure-. »

(( Le voisinage de la mer est doux pour une ville, à ne faire attention qu'au moment présent, dit Platon ', mais, à la longue, devient réellement amer. Le commerce que cet élément facilite, l'appât du gain qu'il présente, et les marchands forains qu'il attire de toutes parts, corrompant les mœurs des habitants, leur donnent un caractère double et frauduleux, et bannissent la bonne foi et la cordialité des

1. Strabon, 1. vu, p. 8oO. — 2. Id., 1. vu, p. 301. — 3. riatoii, /f,v Ioîs, 1. iv.

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