l'IiiK', llisl. .\,it., 1. xx.wi, ch. V
DECADENCE DE E\ (iUÈCE. 527
munuments en Grèce. L'esprit doi-icn et l'esprit ionien se livrèrent à une lutte désastreuse pour la civilisation greccpie. Le sentiment de liberté des Étals ioniens se révolta contre l'oligarcliie dorienne cpii les menaçait de sa pi^épondérance. L'état politique des provinces t^iccfpics favorisa l'établissement du despotisme; la recherche d'alliés puiss'uits, l'or des rois de Perse, le régime de l'égoïsme et celui de l'ambilion, corrompirent la nationalité grecque, et à la (in riiég(;in()iiic maritime d'Athènes fut détruite. La seconde tyrannie de Sparte fut pire que la première : elle lit à la lin aboutir la Grèce à une impuissance absolue. Les chefs de la république qui vinrent après Périklès, plus égaux entre eux, et voulant tous avoir le premier crétlit, étaient réduits à flatter le peuple et à lui abandonner les affaires. De là résultèrent bien des fautes. Dans l'intérieur, ces chefs furent les premiers dont les querelles réciproques troublèrent les affaires de l'Étal '. A cette époque il n'y avait plus, dans les difféi^ents états grecs, de noblesse, de vertu, de res[:ect du droit; la majorité était formée par le bas peuple, et les hautes classes étaient devemies les corruptrices incessantes, égoïstes et perverses de la chose publi(ji;e. L'ancienne tragédie avait été protégée par l'État athénien : elle avait inllué sur la vie civile et politique. Les honnnes d'Athènes voyaient dans cette tragédie l'image de la dépendance de la royaid/^ héroicpie du tlestin, la nullité de la vanité terrestre, l'anéantissement de l'orgueil humain devant le courroux des dieux. La vieille comédie au contraire, née de l'ironie envieuse de la démocratie de Mégare, avait exprimé la raillerie des classes aisées. Elle devait, dans l'État, selon l'expression d'Aristophanes, rendre les hommes meilleurs; le poète comique devait être un maître pour les adultes; la comédie ne devait s'occuper que de ce qu'il y a de plus élevé et n'embrasser que l'ironie contre des individus choisis dans la masse. Mais elle ne fut pas longtemps à transgresser ces limites et elle entraîna le public à un esprit de moquerie qui ne ménagea plus rien.
Le pouvoir politique en Grèce veillait au développement, à la culture, ainsi qu'à la fécondation de l'esprit religieux qui surgissait spontanément de l'intelligence et des sentiments du cœur. Le pouvoir travaillait à faire vénérer et craindre les dieux, à faire accomplir les devoirs qu'on devait leur rendre, et enfin, à faire respecter la foi en leur gouvernement du monde. 11 eut à sévir dans une circonstance mémorable.