VI. — DU NOMBRE DOUZE
Le nombre douze est en dehors de la décade : il n'est donc pas un nombre primitif, mais complexe ou composé. Sa signification, par conséquent, ne peut pas être développée par la position de ce nombre
dans la dizaine. Sa signification est dérivée, et nécessairement dérivée des n(3mbrcs qui le forment. Ces nombres sont ceux qui , additionnés ensemble, produisent le nombre sept. C'est le nombre trois et le nombre quatre, qui, dans le nombre sept, ne font que s'unir, s'associer. Mais dans le nombre douze, le nombre trois et le nombre quatre se réunissent de façon que le quatre domine, et qu'il embrasse le trois. Le nombre douze est par conséquent, un quatre, mais qui, par l'admission du trois, reçoit en lui une qualité précise. Le nombre douze ne désigne pas, comme le nombre sept, l'alliance et le rapprocbement de Dieu et de la terre, mais une communauté dans laquelle Dieu forme le centre, une communauté dans laquelle il se révèle un ensemble qui se meut d'après une ordonnance divine.
Nous ne citerons ici que l'emploi du nombre douze sans entrer dans les détails de sa signification, que nos lecteurs, d'ailleurs, saisiront au premier coup d'œil. Les douze planètes du ciel dans une antiquité reculée, les douze mois, les douze heures, les douze signes du zodiaque, les douze grandes divinités chez presque tous les peuples , les douze tribus hébraïques , les anciens douze nomes et les douze palais composant le labyrinthe d'Egypte, les douze tables des constellations pour les heures de chaque mois de l'année, au tombeau de Rhamsès Méiamoun à Thèbes, les douze tribus d'habitants primitifs des environs de Delphes , les douze villes confédérées des Ioniens sur la côte de la Carie, les douze travaux d'Hercules, les douze prophètes, la loi des douze tables à Rome, les douze apôtres , les douze compagnons de Charlemagne, les douze pairs de France, etc. '
1. Voyez aussi sur les nombres le chapitre premier de la Tliéoloçiie rosmogonique.