Philostrates, Vie d'Apollonius de Thyane, I. m, cli. vi
115 LIVRE PREMIKIi.
l'Inde primitive. Il est à remarquer qu'à plusieurs reprises les rois d'Egypte ont cherché à retremper le sang égyptien dans celui des populations de la mère patrie ; plusieurs siècles après l'expulsion des Hyksos, Rhamsès III ou Sésostris se rend en Colchide pour renouveler le sang de son peuple, pollué pai- Tintrusion de celui des Éthiopiens noirs ^ et des Sémites.
La population primitive de l'Egypte a pu venir sans obstacle de l'Inde, au pied du Caucase, par l'isthme de Suez, ou en traversant la mer Rouge. Elle est arrivée en Egypte par le chemin le plus naturel et le plus praticable. Les facultés intellectuelles des Egyptiens étaiijnt semblables à celles des Indiens : il y avait identité chez eux sur beaucoup de points. Strabon et une foule d'auteurs anciens ont saisi avec justesse et reconnu la ressemblance parfaite qui existait entre les civilisation indienne et égyptienne. Pour ce qui regarde les habitants, dit-il encore, ceux des contrées méridionales (de l'Inde) ressemblent aux nègres quant à la couleur foncée, mais non quant aux traits du visage et aux cheveux. Les habitants des régions septentrionales ont tout à fait l'apparence des Ég^'ptiens. Arrien et Pliilostrates font la même remarque.
Lorsque les premières populations arrivèrent en Egypte par le sud , la Basse-Egypte n'existait point encore et a Moyenne n'offrait qu'une contrée marécageuse. A cette époque, le cours du Nil était à environ 100 kilomètres plus à l'ouest et traversait le désert libyque. La première cataracte du Nil n'était point forcée par le fleuve, et à la place du Delta la Méditerranée formait un golfe qui représentait une assez profonde échancrure dans le continent africain. Ces populations, après avoir franchi l'isthme de Suez, la mer Rouge ou le détroit qui sépare l'Asie de l'Afrique, avaient poussé jusqu'à Méroé, pour descendre ensuite le cours du fleuve; car l'Egypte, on le sait, a été peuplée par le sud-. A ces époques reculées, la vallée du Nil offrait de nombreuses et vastes forêts qui devaient disparaître par la suite. On comprend qu'il a fallu des milliers d'années pour que la vallée du Nil inférieur devînt habitable, quand on sait par des calculs et des observations faits sur place par Dolomieu, l'assemblés dans un mémoire lu en 1818 à l'Institut, que le lit du Nil et le sol de la vallée du Nil
1. Par exemple, c'est d'Ames ou Alimes-Nofreari , Éthiopienne, de sang royal, femme d'Amouuôph I^r ou Aménophis Resorka, que sont issus la plupart des Pharaons de la xviii'' dynastie et des dynasties thébaines postérieures.