‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 61 sur 298 · Vyse, T. II, p · texte numérisé non relu

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inides défiaient par les dimensions extraordinaires de leurs faces la patience et la cupidité des hordes sémitiques qui ont envahi l'Egypte. • Les entrées en étaient soigneusement dissimulées, et les prêtres-trésoriers en connaissaient sans doute seuls les issues réelles. Pour entamer une pyramide afin de pénétrer dans les salles qu'elle cachait dans son noyau, il fallait une aptitude différente de celle des ennemis permanents des Égyptiens, des outils compliqués et enfin un temps plus long que celui qu'ils passaient à opérer leurs razzias. On sait le nomhre d'années, le temps et les frais d'argent que les modernes ont employés pour pénétrer par les voies primitives dans l'inlérieur des pyramides; la science enfin (ju'il a fallu j)our se guider avec la houssole! Qu'on rélléchisse aussi que les Arabes furent maîtres d'une partie de l'Egypte pendant plusieurs siècles et qu'ils furent obligés de respecter les pyramides, faute de moyens pour les détruire. Ce ne fut certes pas la volonté qui leur manqua. Les Arabes d'il y a six mille ans étaient aussi cupides que ceux qui nous sont contemporains.

•Le nombre des pyramides, en Égy pte , ne peut être une objection à ce qu'ils aient été des temples. Qu'on songe que, dans la seule ville de Cologne, il y avait plus d'églises an moyen âge qu'il n'en fallait pour entendre la messe dans une église différente chaque jour de l'année. Pendant plusieurs siècles du moyen âge, on a enterré dans les églises, ce qui cependant ne les a jamais fait passer pour des tombeaux.

Autour des pyramides s'élevaient les cimetières des villes menacées dans les temps fort reculés des inondations du Nil. M. Perring pense que les pyramides d'Abou-Roash ont appartenu au cimetière de la ville de Latopolis, celles de Gizeh à celui d'Héliopolis, celles de Saccarah à Memphis et celles de Dahschour, enfin, à Acanthus. C'est ainsi qu'au moyen âge les églises étaient placées au milieu des cimetières.

Quelques voyageurs prétendent avoir retrouvé de nombreux vestiges de routes qui auraient été fort larges et établies entre deux murs de soutènement, bâtis en briques et d'une élévation telle que l'inondation n'aurait pu les submerger. Mais ces prétendues routes ne sont que les vestiges indestructibles des anciennes enceintes élevées autour ^es pyramides.

Les pyramides d'Egypte sont les monuments d'Architecture auxquels l'imagination des anciens et des modernes s'est le plus exercée à donner des destinations diverses. Il n'y en a point qui aient fait naître plus de systèmes fantastiques : presque toute l'antiquité en a fait des tombeaux de rois; Aristote, Pline l'Ancien et Josèphe ont pensé que

ces monuments n'étaient destinés qu'à satisfaire la vanité et à flatter le despotisme écrasant des princes; Proclus est d'opinion qu'ils servaient à des observations astronomiques, comme sorte de gnomons -, Barthelemi de Salignace, voyageur du xvi^ siècle, supposait qu'ils avaient été élevés par Joseph et destinés à servir de greniers à grain . Jean Helfricus, de la même époque, pensait que la grande pyramide était le tombeau du roi qui se noya dans la mer Rouge en poursuivant les Juifs. Goguet, dans son Origine des lois, est de l'opinion d'Aristote et de Pline. Un auteur allemand, du nom de Medicus, a écrit un mémoire intitulé : Les 'pyramides ne seraient-elles pas une représentalion de l'immortalité de l'âme ' ? Diderot croyait que les pyramides étaient destinées à conserver et à transmettre certaines connaissances ainsi que des documents historiques; idée renouvelée dans les Nouvelles recherches sur l'origine et la destination des pyramides d'Egypte ; ouvrage dans lequel on s'applique à démontrer que ces murailles renferment les principes élémentaires des sciences abstraites et occultes, ainsi que ceux des arts utiles à la société, par A. P. J. de V... Paris, 1812, in-8o, 151 pages. Dans ses notes sur les voyages de Bruce (t. V, p. 2/i3 ), Blumenbach les considère comme des rochers taillés en forme pyramidale et pourvus d'un revêtement extérieur. Gatterer, dans son Histoire universelle, les prend pour des symboles du royaume des ombres ou des morts et comme étant élevés dans des lieux de sépulture. S. Simon Witte, dans son Essai sur l'origine des pyramides, 1789, les prend pour des buttes de basalte élevées dans leurs formes actuelles, au-dessus de la surface de la terre, par l'explosion de volcans souterrains. Fr. Chr. Ruhn se déclara gravement contre cette hypothèse dans son Exposition impartiale des causes qui s'opposent à l'assertion que les py7'amides d'Egypte seraient des œuvres de la nature ^. Enfin, M. Fialin de Persigny a émis l'opinion que les pyramides étaient destinées à retenir les sables qui viennent du désert. On voit qu'il y en a pour tous les goûts.

La pyramide de Zawyet-el-Arrian est située à environ 1,320 mètres à l'ouest du village dont elle a emprunté le nom. Elle est construite en pierre à chaux du voisinage ; ses assises ne sont point régulières et les blocs qui la composent n'ont pas été équarris. Sa construction

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