‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 60 sur 298 · Sphinx de Gizeh · texte numérisé non relu

Sphinx de Gizeh

La tête très-altérée du sphinx n'est dégradée que depuis une quarantaine d'années. « L'accent contemplatif de l'œil, la douce expression de la bouche, dit le capitaine Caviglia, et la belle disposition à l'angle du front, témoignent suflîsamment du talent admirable de l'artiste qui l'a exécuté. » Le sphinx avait la tête et la poitrine d'une femme et le corps d'un lion. On a exprimé là, dans un rapport intime avec la signification de la pyramide, l'entrée du soleil du signe du lion dans celui de la vierge. L'axe horizontal du sphinx est dirigé vers l'orient d'été, vers le soleil levant, à l'époque du solstice.

Le sphinx, avec la tête et la poitrine d'une femme et le corps d'un lion, n'a rien d'énigmatique : il représente on ne peut mieux le principe passif et le principe actif, la douceur, la bonté alliées à la puissance. C'est le mariage de ces deux principes, c'est l'union d'Osiris et d'Isis, du soleil et de la terre, du père- et de la mère. Le sphinx est dans un repos éternel. Quoique d'un aspect digne et noble, il n'a ni fierté ni action violente. C'est ce qui constitue aussi la nature du principe passif qui reçoit les germes de la vie dans son sein pour les faire

aboutir à maturité et à la perfection sans aucune manifestation extérieure d'énergie ou de volonté. L'Isis égyptienne ne pouvait donc avoir un interprète plus vrai et plus éloquent que la figure androgyne placée auprès de ses sanctuaires principaux. Nous ferons remarquer que Pline est le seul auteur ancien qui ait fait mention du sphinx. Ajoutons encore ici que le lion était consacré au soleil en Egypte et que l'eau des fontaines était crachée par des têtes de lion, parce que le Nil apportait de l'eau nouvelle aux terres ensemencées de l'Egypte à l'époque où le soleil passe dans le signe du lion '. Il est probable que le sphinx a été restauré sous Thoutmès III. Il était peint en rouge-.

Indépendamment des trois grandes pyramides dont il vient d'être parlé, il y en a six autres petites à Gizeh sans nom de fondateur. Il y a encore autour des pyramides de Gizeh une quantité de tombeaux. Ils sont rectangulaires etoblongs avec une couverture plate; leurs faces sont inclinées. Leur entrée est pratiquée dans la couverture, et sur une des petites faces extérieures se trouve une petite construction en avant-corps. Ces tombeaux datent de la même époque que les grandes pyramides; ils sont couverts de bas-reliefs peints assez bien conservés, représentant les mœurs et coutumes des Égyptiens. « Dans ces sculptures, le type des hommes a quelque chose de trapu et de rude ; quelques parties rendent la nature avec vérité. La pose est d'une grande simplicité, pour ainsi dire hiéroglyphique, et l'on sent qu'une loi hiératique a réglé les attitudes comme elle a réglé le système d'écriture déjà complet dans toutes ses parties, et va ravir aux artistes une partie de leur liberté (M. Prisse), » Un des tombeaux les plus remarquables est celui du prince Merhet, prêtre de Choufou et surintendant des bâtiments du roi.

Si les pyramides avaient un but sacré comme temples et un usage scientifique comme observatoires pour certaines expériences astronomiques, elles servaient encore à un autre objet : elles étaient employées comme trésors, pour abriter les richesses publiques et particulières en cas d'invasion des races arabes qui avoisinaient, vers l'est, la Moyenne-Egypte. Les herses colossales et multipliées en granit trouvées dans la pyramide méridionale de pierre à Dahschour, dans celle de Saccarah et dans celle de Chéops et de Mykérinos à Gizeh , indiquent suffisamment au besoin cette destination secondaire. Les pyra-

1. Plutarque, Banquet, 1. iv, 5« question. — Hoiap., Hierogl., 1, .\xi. — l'iine, Hisl. nat., 1. XXXVI, ch, xvii.

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