‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 74 sur 298 · Beni-Hassan. Colonne a faisceau · texte numérisé non relu

Beni-Hassan. Colonne a faisceau

tosis 111. Aménemhé III, que les Grecs nomment Mœris, a immortalisé sa mémoire par des monuments utiles et considérables. Héro-

192 I.IVIÎK i'im:mier.

dote ' dit de ce roi qu'il ajouta le vestibule septentrional au temple de Phtha de Memphis, et qu'il continua à creuser un lac. Ce lac avait 3,600 stades de tour. « On l'a creusé de main d'homme, et lui-même en fournil la prouve, dit encore Hérodote-. Ce lac tirait ses eaux du Nil par un canal de communication. Pendant six mois, elles coulent du Nil dans le lac, et pendant les six autres mois, du lac dans le fleuve. Pendant les six mois que l'eau se retire, la pêche du lac rend au trésor royal un talent d'argent chaque jour; mais, pendant les six autres mois que les eaux coulent du Nil dans le lac, elle ne produit que vingt mines''. On voit presque au milieu du lac deux pyramides qui ont, chacune, cinquante orgyies (92"' /t5) de hauteur au-dessus de l'eau, et autant au-dessous. Sur l'une et sur l'autre est un colosse de pierre, assis sur un trône. » Diodore rapporte que le Hei a\ait l'ait creuser ce lac pour régler les inondations du Nil, afin qu'une trop grande abondance d'eau ne produisît pas des marais, et que de l'autre côté une inondation trop peu abondante ne nuisît pas à la fertilité de la vallée. C'est pour cette raison qu'il aurait mis en communication le lac avec le Nil, au moyen d'un canal de quatrevingts stades (lZi,8l9 mètres) de longueur et trois plèthres de largeur (92°'/)5 ), et en ouvrant ou en fermant l'embouchure de ce canal, il faisait couler les eaux dans le canal ou les laissait s'en échapper, et qu'ainsi il aurait réglé la quantité d'eau selon les besoins de l'agriculture ^

Le but de cette grande entreprise est clair : ce lac artificiel était un réservoir pour régler l'inondation annuelle. Les étiages du Nil qui se trouvent tracés sur les rochers de Semneh en Nubie, au-dessus des cataractes de Ouadi-Halfa, et qui dataient du règne de ce prince, prouvaient avec quel soin le roi Aménemhé avait songé à tout ce qui pouvait contribuer à la réussite de ses projets. Ces étiages montrent en même temps que la Nubie , attaquée par les Égy ptiens depuis le premier Sesortosis , leur était soumise alors jusqu'à Semneh.

A quelque distance au-dessus de Memphis, la chaîne libyque est coupée par une petite vallée qui conduit à une plaine ou contrée appelée aujourd'hui le Fayoum. C'est à travers cette vallée que s'étendait le canal qui menait les eaux dans le lac Mœris (depuis longtemps ce canal n'est qu'un fossé à sec) ; à l'entrée de la vallée jusqu'à moitié

1. Hérodote, 1. u. tli. ci. —2. /./., 1. ii, ch. ci, CXLIX. — 3. 1,380 francs. 1. Diodore. 1. i. eli. lu.

de son étendue, des voyageurs modernes croient avoir reconnu les traces et les ruines des digues régulières et puissantes qui formaient autrefois le lac Mœris. On voulait en même temps gagner toute la plaine du Fayoum sur le désert, et, dans ce but, on y conduisit le tropplein du lac par de petits canaux d'irrigation. Dans la suite, lorsque les digues ne furent plus entretenues en bon état, il y eut pendant l'inondation une irruption des eaux qui couvrirent les parties basses de la vallée. Voilà l'origine du lac actuel de Birket-el-Kéroum, dans le Fayoum, dont les eaux suffisent toujours à en rendre la plus grande partie une des plus fertiles et des plus productives de l'Egypte.

Parmi les monuments les plus célèbres de l'antiquité se trouve le Labyrinthe , qui était situé auprès du lac Mœris , emplacement compris aujourd'hui dans le Fayoum. La fondation du labyrinthe date du règne d'Aménemhé III (3256 à 32/j8 avant l'ère vulgaire), roi de la xii** dynastie. Le laby- LlllII J

rinthe était destiné à recevoir, pendant les grandes rifTrfT

assemblées nationales de l'Egypte, les députés

, , • -1 i -i-i • 1 • ■■ 41. — Plan général du

sacerdotaux, civils et militaires des provinces du Labyrinthe

royaume. Du temps d'Aménemhé III, l'Egypte était divisée en douze nomes, districts ou préfectures : dans la suite, il y en eut vingt-sept, et plus tard, il y en eut trente et même trente-six. Ce palais était un vaste édifice, construit en calcaire compacte, de lllOmètresde longueur, del'est à l'ouest, sur 740 mètres delargeur, du nord au sud, dans lequel il y avait douze palais, de chacun 185 mètres carré, ayant au centre une vaste cour a de 117 mètres environ carrée, en avant, une autre de 173 mètres carrée. Hérodote ' parle de douze palais : Diodore^, qui n'en décrit qu'un seul, donne à chacun un stade ou 185 mètres de dimension en tous sens. Car si l'on admettait que l'ensemble n'eût que 185 mètres, il n'y aurait point eu de place pour les cent cinquante-six colonnes qui se trouvaient dans les cours, car Diodore dit positivement qu'il y avait quarante colonnes sur chaque côté, comptant double les colonnes d'angle, selon l'usage des anciens. En coupant perpendiculairement les palais et les cours b par une colonnade de 8 mètres, on aurait h mètres de colonnade mitoyenne pour chaque palais, qui avait sans doute des jours pris d'en haut; ensuite un espace de U mètres pour arriver au mur des chambres, 2 mètres d'épaisseur de mur, 6 mètres de largeur pour les chambres :

1. Hérodote, 1. ii. ch. cxLviii. — 2. Diodore, 1. i. ch. lxvi.

2 mètres pour le mur de refend entre les chambres et les salles, qui elles-mêmes avaient aussi G mètres; ensuite 2 mètres de mur et 8 de colonnade couverte autour des cours d'honneur, ce qui fait \m tolal de ok mètres qui, doublés pour chaque palais, donnent ()8 mètres à déduire de 185 ; restent donc 117 mètres, sur lesquels il faut placer les quarante colonnes de Diodore, ce qui donne 3 mètres d'axe en axe de chaque colonne.

La cour b avait également 185 mètres; il faut en déduire k mètres de chaque côté pour les colonnades mitoyennes, de 8 mètres de largeur chacune ; reste à 177, ayant sur chaque face vingt-sept colonnes, ce qui résulte des paroles de Strabon ^ Leur distance d'axe en axe était de G mètres environ. La disposition générale que nous donnons ici au labyrinthe résulte des l)ortes et des aulœ- dont Hérodote fait mention. 11 dit qu'il y en avait six exposées au nord et autant au midi.

11 y avait dans ce vaste édifice un souterrain et un rez-de-chaussée contenant chacun quinze cents pièces, ce qui fait pour chaque palais cent vingt-cinq salles et cellules. Les salles devaient donner sur la cour d'honneur et les chambres étaient situées sur les corridors mitoyens. C'est ce qui résulte encore du récit d'Hérodote quand il dépeint les surprises de ceux qui passent des auLv dans les chambres qui les environnent, de ces chambres dans les portiques, et de ces portiques enfin dans d'autres oulx. Les quinze cents salles étaient sans doute destinées à loger les députés des nomes et leur suite, et parmi ces salles il y avait des pièces d'honneur. L'emplacement étant restreint et le nombre de pièces considérable, il s'ensuit qu'elles étaient petites. Comme l'entre-

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