‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 91 sur 298 · Pausanias, 1. i, ch · texte numérisé non relu

Pausanias, 1. i, ch

C'est tout simplement ce son que faisait entendre la statue d'Aménophis au lever du soleil. Ce phénom'i-ne naturel parait surtout avoir été très-distinct, lorsque la statue fut brisée l'an 27 de l'ère vulgaire par un tremblement de terre : il a cessé depuis que Septime-Sévère la fit restaurer ' ,

Auprès de Kourna est un tombeau , celui du prince Schamthé ou Scha-em-haï, un des principaux personnages de la cour d'Aménophis III : il était le receveur des impôts maritimes, depuis l'Ethiopie jusqu'aux eaux de Naharain (la Mésopotamie). Ce tombeau présente les plus beaux spécimens de la sculpture en bas-relief, tant par la pureté du style que par la délicatesse du travail et la richesse de la décoration. D'après M. Prisse, il n'y a aucun monument de l'art ég\"ptien qui atteigne à cette perfection. Il est d'avis que le règne d'Aménôph ou Aménophis III est l'époque la plus pure et la plus brillante de l'art égyptien sous la restauration.

Il y a au sud de Thèbes des ruines de monuments élevés par des princes de la xvni« dynastie : à Latopolis existait un grand temple de Chnouphis, dont la dédicace avait été faite par Thoutmès III. Dans une autre partie de la ville se trouve un jambage de porte en très-beau granit rose, portant une dédicace de Thoutmès II , et provenant sans doute d'un des vieux monuments de cette nlle. On a trouvé à Apollinopolis Magna un seul débris de l'ancien temple, dédié au grand dieu Har-Hat, seigneur d'Hatfouh (Edfou) et qui datait aussi du règne de Thoutmès III. Le même roi avait bâti également un temple à Ombos, dédié au dieu Sévek-Ra ; un autre à Eileithyia, consacré à Sévek et à Sowan. D'autres temples avaient été élevés par Aménophis III. Les tombeaux ou hypogées creusés dans la chaîne arabique voisine de la ville d'Eileithyia remontent pour la plupart à une antiquité reculée. Celui dont la commission d'Egypte a publié les bas-reliefs peints^, relatifs aux travaux agricoles, à la pèche et à la navigation, a été creusé par la famille d'un hiéro-grammate nommé Phapé , attaché au collège des prêtres d'Eileithyia. Ce tombeau est très-ancien. Il existe près de cette ville un autre tombeau, celui d'un nommé Ahmosis, fils de Obschné, chef des mariniers, ou plutôt des nautoniers ; ce qui reste de l'inscription de cet hypogée nous apprend que ce chef commandait les bâtiments sous le roi Thoutmès F^ A l'est d'Eileithyia se

1. Voyez sur la statue vocale de Memnon un mémoire spécial de Letronne, Mèm. de l'Acad. des luscrip. et Belles-Lettres, Nouvelle série, t. X.

2. Description de l'Egypte, t. I, pi. 66 à 71. — Mémoires, t. III, p. 134.

PALAIS DE SOLEB. 219

trouvent les restes d'un sanctuaire où il y avait une salle avec quatre colonnes à seize pans et un relief avec la tète d'Hathôr, sur la paroi faisant face à la galerie centrale. Au nord de cette même ville se trouvait un temple offrant une disposition particulière : le sanctuaire, à faces extérieures inclinées , était élevé sur un soubassement très-saillant et d'une hauteur moyenne ; il était entouré d'un péristyle formé de piliers carrés, sans chapiteaux ni tailloir, et qui s'élevaient sur un mur d'appui. Au centre, sur la face principale, celle de l'entrée, il y avait, au lieu de piliers, deux colonnes à chapiteau de lotus, qui s'élevaient du soubassement lui-même et non sur le mur d'appui qui se terminait à l'endroit des colonnes et laissait ainsi le passage libre entre elles. Au-dessus des piliers et des colonnes, régnait l'architrave, couronnée de la forte gorge consacrée et qui supportait aussi la couverture'. Cet édifice était un de ces petits temples nommés Mammisi, lieu d'accouchement, que l'on construisait toujours à côté de tous les grands temples où une triade était adorée; c'était l'image de la demeure céleste, où la déesse avait enfanté le troisième personnage de la triade, image qui est toujours figurée sous la forme d'un jeune enfant -.

A Soleb, sur le cours supérieur du Nil, au sud, au delà de Semneh, où cessent les monuments les plus méridionaux du vieil empire, Aménophis III bâtit un palais et non un temple , comme le prouve la simple inspection du plan {figure n» 57). A 183 mètres du ISil se trouve le premier grand pylône. Des restes de murs font présumer que l'espace compris entre ce pylône et la seconde porte formait une enceinte composée de murailles de 25" 92 de longueur sur 13™ 70 de largeur. On arrivait ensuite à un péristyle de 21'" 30 de longueur sur 13™ 70 de largeur, orné de six colonnes, d'un diamètre de S^OZ). A l'extrémité de ce péristyle, il y avait un second pylône de 7™ 30 de profondeur, dont chaque aile mesurait 23™ 77 de longueur; la porte, placée au centre, avait 3™ 35 de largeur, donnant une longueur totale de 50™ 89. Ce pylône n'est point massif; il renferme non-seulement un escalier, mais encore des appartements pouvant servir d'habitation : il y a trois salles d'un côté, et de l'autre seulement deux. Au palais de Soleb se voient les plus anciens chapiteaux dactyliformes : là se trouvaient aussi les deux beaux lions de granit qui font aujourd'hui l'ornement du Brltish Muséum.

1. Description de l'Egypte, t. I, pi. 71. — 2. ChampoUion, Lettres, etc., p. 193.

A l'ouest . dans une grande salle , des sculptures représentent les conquêtes du Roi, au sud, qui les étendit jusqu'au pays Karoci qui

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. — Plan du Palais île Sok-b.

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