Colonne du Palais de Soleb
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au soleil. Aménophisl avait épousé une princesse éthiopienne de sang royal ; par elle, l'esprit de la race mélanienne fut inoculé aux princes égyptiens. Aménophis IV fonda dans la Moyenne-Egypte , dans le lieu nommé aujourd'hui El Tell ou Tell-el-Amarna , une ville nouvelle qu'il choisit pour sa résidence. Il finit par imposer ce nouveau culte et bâtit un temple au soleil, à Karnac; mais ses monuments ont été détruits, il n'en reste que des hypogées remarquables oi^i le style des sculptures emprunte des formes de ce roi quelque chose d'efféminé qui se remarque sur toutes les figures de cette époque; parmi ces figures quelques-unes cependant sont pleines d'expression et de vérité, et parfois même d'une réalité qui frise la caricature. Ce prince idolâtre fit effacer le plus possible les noms d'Amon dans les cartouches des monuments égyptiens. M. Prisse pense que c'est sous ce roi qu'eut lieu le premier emploi des voûtes pour relier les jambages des immenses portes des temples construits er^ briques crues à Tell-el-Amarna.
Les monuments égyptiens prouvent que l'architecture reçut un très-grand et très-beau développement sous les princes de la xviu^ dynastie. La conception des pylônes témoigne de la durée du génie égyptien qui cherchait à frapper et à saisir l'imagination par l'effet de grandes masses de construction : on ne rencontre que peu d'exceptions à cette règle générale. Les petits sanctuaires fermés sont animés et enrichis au moyen de piliers, de portiques, de péristyles, de cours et surtout de colonnades. On peut distinguer deux périodes dans la conception et l'emploi de la colonne, et ces deux périodes sont caractéristiques. Dans la plus ancienne , où dominent principalement les monuments élevés par Thoutmès III, la colonne paraît dans sa conception primitive : elle est demandée par la construction elle-même ; alors aussi elle est simple, à plusieurs pans non concaves, avec un tailloir, mais sans chapiteau. Dans la seconde période, sous Aménophis III, on introduisit dans la conception de la colonne un goût plus avancé, un sentiment plus développé du beau et en même temps une science plus compliquée. Cette seconde période est caractérisée dans ces piliers carrés , contre lesquels sont placées des statues colossales, qui ne sont pas servant, qui ne supportent rien, mais qui ne sont en leur place que comme ornement et symbole de la puissance et de la force royales.
Amentouonkh, dont le cartouche porte en surcharge le nom d'Horus, roi légitime, fervent restaurateur de l'orthodoxie égyptienne, détruisit les édifices consacrés au nouveau culte ; il ne laissa de monument remar-
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quable que le pylône méridional des propylées de Karnac, bâti avec les débris des temples des rois illégitimes. C'est de son règne que date aussi l'immense hypogée du grand prêtre Pètamounoph, entouré d'une enceinte dont l'entrée, formée d'un pylône en briques crues, était voûté *. Du même règne date aussi un spéos en face d'Abou-Sembil.
C'est sous la xvin« dynastie , qui a couvert toute la vallée du Nil de monuments splendides, que la renaissance et le développement des arts se révèlent par diverses tentatives de formes nouvelles en architecture dues surtout à Thoutmès 111 et à Aménophis III. Les règnes de ces deux princes peuvent être regardés comme l'époque la plus pure et la plus élégante de l'Architecture égyptienne. En ce qui touche la statuaire, qui est arrivée à son apogée sous ces rois, l'imitation de la figure humaine et la manière dont les grandes lignes sont traitées, sont fort remarquables : c'est à cette époque qu'appartiennent les plus belles statues. La sculpture des anima^ix et de la figure humaine, alliée aux formes des quadrupèdes, est aussi traitée avec une entente, une force et une vigueur qui n'a été égalée ou surpassée à aucune époque de l'art égyptien. On peut en dire autant des bas-reliefs qui atteignent à une perfection admirable.
Ce fut au xv^ siècle avant l'ère vulgaire que se développa le plus magnifiquement la puissance politique de l'Egypte. L'histoire montre Seti !*"■ (Sethos, Sethosis, Sesostris) ou Menephtha comme un roi conquérant, habile et victorieux. Parmi les constructions faites par ce roi, on distingue un temple en ruines, à Sescé -, au nord de la S*' cataracte, dans la Nubie supérieure. Les colonnes de ce monument, dont quelques-unes restent encore debout, sont couronnées du chapiteau élancé et rare, à feuilles de palmier, qu'on trouve dans la partie postérieure du temple de Soleb ; leur fût cylindrique est identique à celui des colonnes de ce temple : il est sans cannelures, mais moins élevé et d'une proportion plus lourde. Seti I^'' commença aussi le temple d'Abydos (l'Ebot égyptienne), au nord de Thèbes en descendant le Nil. Là se trouvent les plus belles sculptures de cette époque, tant pour la correction du dessin que pour le fini du travail. Au dire d'une stèle du Louvre, il décora un temple de son père (( d'une porte aussi belle que l'horizon au lever du soleil ». Nous avons déjà dit que Seti agrandit le
1. Lepsius, Monuments de rÉgijple et de la Nubie, t. II, l^^ division, pi. 94.
2. Cailliaud, Voyage à Méroé , etc. Il* volume, pi. 7 et 8. — Sescé est le lieu nommé Sasef sur la carte de Waddington et Hanbury.
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palais national de Karnac ; il y ajouta le pylône le plus proche de ce palais, au sud, et la grande salle hypostyle ; il y employa les débris des édifices de plusieurs des rois usurpatoars dont nous avons parlé plus haut.
Sous ce règne il y eut une ordonnance royale destinée à faciliter l'exploitation des mines d'oi', situées dans le désert à l'orient du Nil.
Vers ce temps, la sculpture des figures et des hiéroglyphes qui s'allient constamment aux œuvres de l'architecture égyptienne prend un caractère nouveau. Sous Seti, Vintaglio rllievato , ou bas -relief dans le contour creusé sans abattre la pierre qui l'environne, est employé pour les grandes représentations; jusqu'alors il n'avait été usité que pour les obélisques, les stèles , etc. L'obélisque flaminien date du règne de ce prince; il a 53 coudées ou 2/i'"57 de hauteur. Il fut transporté, par ordre d'Auguste, à Rome, et placé dans le grand cirque; Sixte V le fit élever en 1589, par Fontana, sur \a place du Peuple, à Borne, où on le voit aujourd'hui. ■
60. — Palais de Kourna. Partie de la façade. Échelle de 10 mètres.
Au nord de Thèbes, sur la rive gauche du Nil et en face de Karnac, est situé l'édifice appelé Menephthéion ou palais de Kourna ' , qui appartient à une des époques les plus glorieuses dont les annales égyptiennes aient constaté le souvenir. Son plan général réveille l'idée d'une habitation particulière et exclut celle d'un temple. La magnificence de la décoration, la profusion des sculptures , la beauté des matériaux et la recherche dans l'exécution, prouvent que cette habitation fut jadis celle d'un riche et puissant souverain. Ce qui reste de ce palais occupe l'extrémité d'une butte artificielle, sur laquelle existaient autrefois
1. Description de VEgyyle. Antiquités, t. II, pi. 41 et suivantes.
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