ChampoUion, Lettres écrites d'Egypte, etc., p
SPÉOS D'ABOU-SEMBIL. 229
sur la tête on reconnaît pour le sens de la vue personnifié, tandis que le parèdre de la déesse est le sens de l'ouïe, caractérisé par une grande oreille tracée également au-dessus de sa tête, et par le mot sôlem (l'ouïe) sculpté dans sa légende; il tient de pUis en main tous les instruments de l'écriture, comme pour écrire tout ce qu'il entend '. « A la suite du promenoir, dit Diodore, venait la bibliothèque sacrée, sur la porte de laquelle on lisait ces mots : Médicaments de l'ame^. » Un escalier conduisait du rez-de-chaussée sur le toit de la partie postérieure de ce palais. On y trouvait u un cercle en or ayant 365 coudées de circonférence. Le cercle était divisé en autant de parties que la circonférence comprenait de coudées; chacune de ces divisions représentait un jour de l'année, et contenait une inscription qui indiquait l'heure du lever et du coucher naturel des astres, avec des pronostics sur les variations de l'atmosphère, rédigés d'après les observations des astrologues égyptiens". » Le cercle, dont parle Diodore, ayant 365 coudées de circonférence (168 mètres), son diamètre était donc de 56 mètres; c'est-à-dire la largeur hors œuvre du palais. Ce cercle avait non pas une épaisseur horizontale d'une coudée (0'"Zi618), mais une hauteur verticale d'une coudée, qui, peu épaisse, pouvait bien être en or, ainsi que le rapporte Diodore. Il est donc impossible d'admettre, avec M. Letronne, que ce cercle représentait un solide de 53 mètres cubes, dont le poids en or égale i, 170, 280 marcs, et la valeur 1,850 millions, et que cette circonstance seule rend tout le récit fabuleux^. Le récit est véridique, croyable; seulement il ne faut pas confondre hauteur avec épaisseur.
Avant de quitter le Rhamesséion occidental de Thèbes, nous devons faire remarquer une particularité d'exécution matérielle dans cette belle résidence royale. Les bas-reliefs , qui couvrent le bandeau et les jambages de la porte conduisant de la première salle à la suite de la grande salle hypostyle dans la troisième ou bibliothèque, sont d'un relief tellement bas, qu'on l'attribuait à l'effet du temps et à la barbarie ; mais une inscription dédicatoire de Rhamsès le Grand, dans les formes ordinaires pour les dédicaces des portes, a fait savoir que cette porte a été recouverte cl' or ^mr . On a trouvé ensuite que l'espèce de stuc blanc qui recouvrait encore quelques parties de la sculpture, avait été étendue sur une toile appliquée sur les tableaux; qu'on avait
1. ChampoUion, Lettres écrites d'É'jypte, etc., p. 285. — 2. Diodore, 1. i, ch. XLix,