‹ Histoire générale de l'architectureChapitre 13 sur 108 · II II II II II · texte numérisé non relu

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G. — É''lise Saint-Lnuient, à Florcneo.

système des arcs a quelques avantages, mais aussi des inconvé nients qui lui sont inhérents : ces défectuosités sont bien du fait de l'architecte de Saint-Laurent. Les arcs naissent sur un entablement couronnant la colonne et qui a quatre faces, ce qui est matière à critique, parce que cette disposition donne une apparence de faiblesse et d'insuffisance, quoique cette apparence prête elle-même à contribuer à la légèreté et à l'élégance du monument (en admettant toutefois que rien ne vient les contredire) en donnant au-dessus un poids apparent. Dans Saint-Laurent l'entablement est d'un mauvais effet, parce qu'il ressemble à un second chapiteau plus grand, mais non plus solide. En outre il a l'absurdité d'exiger une toiture, et il est évident qu'elle est impossible. On remarque aussi que les piliers qui supportent la coupole à l'intersection de la croix sont beaucoup trop faibles : ils sont à la vérité plus forts que les autres supports, mais en aucune manière en proportion avec le poids qu'il ont à soutenir. Tous les détails des moulures, des chapiteaux, etc., sont de mauvais goût; les colonnes et les piliers, les archivoltes et les architraves sont en macigno, pierrre dure.

Ainsi qu'un grand nombre de monuments florentins, Saint-Laurent n'a pas de façade achevée. Au moment de la renaissance des arts à Florence, le style du roman italien qui la précéda immédiatement, commençait à disparaître, et l'architecture imitée du romain antique, le remplaça. Les splendides façades des cathédrales d'Orvieto et de Sienne furent-elles cause de cette absence de façades aux monuments du culte? L'architecture intérieure des édifices religieux du quinzième siècle ne pouvait s'accorder avec le style antique ; il répugnait de s'inspirer de la magnificence des deux façades précitées, car il n'y aurait pas eu d'harmonie entre l'intérieur et l'extérieur. On préféra donc laisser les façades frustes en attendant que les développements de l'architecture nouvellement conçue vinssent en aide. Voilà sans doute pourquoi les façades du dôme de Sainte-Croix, de Saint-Laurent et du Saint-Esprit, avec beaucoup d'autres monuments inférieurs de la Toscane, datant de la Renaissance, sont restées inachevées ou modernes.

Brunelleschi fit plusieurs voyages à Rome; en 1407 il y était tombé malade, en 1417 il y retourna. Chaque fois qu'il y séjourna, il étudia les monuments de l'antiquité romaine. Avec son ami Donato ou Donatello, il fit dos fouilles, il dessinait les édifices qu'il distinguait

ECOLE TOSCANE. m

le plus, temples circulaires, carrés, octogones, basiliques, aqueducs, bains, arcs de triomphe, colisées, amphithéâtres et surtout les édifices construits en briques. Il sut distinguer les ordres dorique, ionique et corinthien. Brunelleschi était bon mathématicien. Jeune encore, il avait appris l'orfèvrerie, à monter les pierres fines ; il avait aussi étudié la physique, la mécanique, l'horlogerie ; il s'était également appliqué à la perspective; il en purgea les erreurs. Il fut aussi sculpteur habile et enfin s'adonna d'une manière toute spéciale à l'étude de la coupole du Panthéon de Rome.

En l'année 1420, Brunelleschi, âgé de 43 ans, fut chargé par les Pazzi, riche famille de Florence, de bâtir le cloître, situé au sud de l'église Santa Croce de Florence. Il y éleva la chapelle dite des Pazzi. La façade du porche de cette chapelle est d'une élégante composition et se ressent de l'étude récente que l'auteur avait failo des monuments antiques de Rome et de l'ouvrage de Vitruve, Ce porche est ouvert sur la cour du cloître dont il fait partie. Le rez-de-chaussée est formé de six colonnes isolées, non cannelées, d'ordre corinthien. Entre les deux colonnes du milieu s'élève une arcade ornée d'une riche archivolte. Un entablement bien proportionné couronne ces six colonnes, dont la frise est décorée de petits médaillons contenant des petits bustes. Au-dessus s'élève le premier étage, derrière lequel sont les voûtes du porche. Cet étage est séparé au centre par la grande arcade dont nous avons parlé. Sur l'axe des colonnes du bas, sont disposés d'élégants pilastres jumeaux cannelés et surmontés de chapiteaux composites d'un goût parfait. Ce petit monument est terminé par un entablement semblable au précédent, à l'exception toutefois de la frise qui, au lieu de médaillons, offre une rangée de strigiles peu accusées et qui se marie bien avec l'ensemble. Les strigiles ne sont pas verticales, mais obliques, de gauche à droite. Au premier étage les quatre compartiments entre les pilastres, derrière lesquels sont les voûtes du porche, ne sont pas laissés unis, mais ornés de quatre panneaux rectangulaires, entourés de moulures. Nous le répétons, cette façade est une composition de maître, mais qui dans son ensemble rappelle la disposition qu'on a devant soi en entrant au Panthéon de Rome, et en même temps aussi une partie du baptistère de Saint-Jean de Florence. Les corniches des deux entablements sont ornées d'oves et sous ces oves des denticules, séparés des premiers par un mince filet.

On ne peut cependant pas disconvenir que le style qu'adopta Brunellesclii se distingue surtout par de grandes qualités techniques, des progrès statiques, une étiule d'antiquaire des monuments de Rome, étude dans laquelle il s'aida consciencieusement du texte de l'ingénieur romain A'itruve plutôt que par une imagination riche et abondante, par des ressources multiples de conception, de finesse et d'élégance; il a une grande partialité pour les monuments qu'il a vus et étudiés. Il avait jusqu'à un certain point le sentiment des lignes et des surfaces, mais il ne possédait pas le génie de la décoration, de l'embellissement du corps des monuments par des détails bien raisonnes pour relever l'engourdissement des dispositions abstraites et muettes do l'architectonique. Dans les profils, il n'a pas la grande délicatesse de beaucoup de ses prédécesseurs directs. Sou style est personnel, et en architecture il n'eut point d'élèves et ne fil point école.

Baccio PintcUi était un des architectes les plus distingués de l'école florentine. Il avait au plus haut degré le génie de son art. Tout, dans ses œuvres, est raisonné, original, riche, décoratif, avec une entente consommée des lignes, des surfaces et de l'ornementation qui est toujours sobre et élégante, d'un goût exquis. Aussi cet artiste fut-il appelé à exécuter un grand nombre de constructions plus distinguées les unes que les autres. C'est surtout à Rome qu'il exerça son génie en y élevant des édifices trop peu appréciés aujourd'hui. Au nombre de ses églises nous nommerons Sant'Agostino *, élevé en 1483 sous les auspices du cardinal d'Estouteville, ambassadeur de France, mais restaurée en 1740 par Vanvitelli. L'élégant mais simple portail est en travertin enlevé au Golisée; il est orné de pilastres corinthiens et s'est maintenu dans son état primitif. L'emploi des colonnes attenant avec des pilastres dans la nef, témoigne d'un maintien du système de l'architecture romano-italienne, tel qu'il fut pratiqué surtout au quatorzième siècle en Italie.

La coupole de Sant'Agostino est la première élevée à Rome dans les temps de la Renaissance : elle fait époque dans l'histoire de l'architecture. Au lieu d'être portée jusqu'alors sur un mur circulaire, s'élevant de fond comme au Panthéon de Rome, puis sur des arcs d'un plan polygonal avec pendentifs, comme à Saint-Marc de Venise,

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