‹ Histoire générale de l'architectureChapitre 34 sur 108 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

A la suite de la longue lutte avec l'Angleterre, une milice permanente amena et conserva la tranquillité et l'ordre dans le royaume. La gueri'e aux grands vassaux et aux petits propriétaires nobles rendit de la force non seulement au pouvoir royal, mais encore à la classe moyenne ou bourgeoise. En 1470 l'imprimerie, introduite en France par l'Allemagne et l'Italie, concourut à y faire plus généralement connaître et répandre la littérature classic|ue; par la suppression des bourses dans l'Université de Paris, la liberté fut donnée à l'instruction jusqu'alors officielle. La nouvelle culture intellectuelle et littéraire s'étendit par l'action que François P'' exerçait sur elle. A l'insuffisance de l'Université de Paris succéda l'établissement du Collège royal. En peu de temps il se forma une école d'humanistes français par lesc|uels la philosophie, l'histoire, le droit et la médecine firent des progrès rapides et importants; d'un autre côté, le poids de l'érudition fut funeste au goût dans la langue maternelle, ainsi que le prouve l'exemple de la pléiade poétique.

C'est par les hommes éminents que nous avons déjà nommés dans notre Introduction que l'œuvre bienheureuse de la Renaissance fut commencée et continuée sans cesse en France, qui suivit pas à pas le grand mouvement rénovateur et intellectuel éclos en Italie un siècle avant chez nous. Il ne faut pas oublier que vers le milieu du quinzième siècle il s'éleva dans ce pays une immense activité littéraire qui détruisit en détail les idées qui eurent cours pendant le moyen âge,

basées sur les éluciibrations absurdes écloses chez les Juifs de l'anliquité. L'activité littéraire en question amena nécessairement un étonnant ennoblissement de l'esprit partout où elle apparut.

Les lettres exercent, selon le mouvement et la marche du temps, une grande influence sur la vie et le destin des nations. Au moyen âge les savants restaient isolés et entièrement séparés de la culture sociale des hautes classes, comme celles-ci l'étaient elles-mêmes du reste de la nation. Les savants écrivaient peu et en latin; cela changea lors de la Renaissance.

Le colossal faisceau formé par les humanistes de tous pays, faisceau des créations intellectuelles et scientifiques dues au profond et beau génie de l'antiquité hellénique et romaine, du génie grec et latin du paganisme, a donné dès le dernier quart du quinzième siècle une impulsion bienheureuse et mâle, toute nouvelle, aux peuples de l'Europe.

Ce faisceau de lumières humaines, basées sur la science et l'observation des lois de la nature, sans alliage surnaturel, porta une grave atteinte à l'association ecclésiastique ou cléricale et à ses prétentions Imaginatives, association qui pour exister et subsister fut dans l'obligation de créer et de maintenir constamment l'ignorance, par conséquent la barbarie et la guerre. — L'imprimerie vint vigoureusement en aide à cette rénovation sociale amenée par la Renaissance de l'étude des auteurs classiques. Les imprimeurs de Milan et de Venise publièrent jusqu'en 1574 nombre d'auteurs grecs ; ceux de la Junta de Florence, depuis l'année 1500, en firent autant pour les classiques latins.

Pendant les guerres d'Italie, François I" fut frappé de la grande différence qui existait entre la culture intellectuelle des Français et des Italiens, dont il chercha la cause dans la différente méthode d'éducation supérieure, qui n'était point encore basée en France sur les {'lude)< classiques. Pour les mettre au même niveau, conseillé par Guillaume Budé, le roi créa le Collège royal (collège de France), dans lequel la littérature ancienne, les mathématiques et la médecine étaient les principaux sujets d'enseignement. Dès lors les études classiques prirent un élan que continuèrent luie longue suite de savants et dont les arts profitèrent naturellement avec gi'and bénéfice. • Le protestantisme eut quelques succès en France sous le règne de François I"; la Réforme amena, comme partout ailleurs, certains dé-

veloppements de l'esjjrit ainsi que dans plus d'une branche des sciences et des arts, quoique le protestantisme fût mêlé aux guerres civiles, guerres qui amenèrent un temps d'arrôt dans les progrès, jusqu'à ce qu'enfin l'édit de Nantes, de l'année 1598, assura aux protestants le libre exercice de leur culte et l'accès à toutes les fonctions publiques. Nombre d'artistes distingués passèrent au protestantisme, tels que Jean Goujon, Jacques Androuet du Cerceau, Salomon de Brosse et autres.

Henri IV et son ministre Sully, catholiques et protestants, constituèrent comme bon ton de faire progresser l'activité intellectuelle par nombre d'institutions nouvelles. Sur toute la surface de la France, des écoles et des collèges furent fondés dans les couvents et ailleurs; à la fin du seizième siècle, les catholiques eurent vingt-quatre et les i?éformés trois universités. — Dans les ordres religieux, il y eut au commencement du dix-septième siècle une nouvelle concurrence dans la progression des sciences, et dans la seconde moitié de ce siècle, les Bénédictins et surtout les membres de la congrégation de Saint-Maur, les Pères de l'Oratoire et les jansénistes de Port-Royal, arrachèrent aux jésuites la gloire de la primitive érudition du royaume. Dès lors, elle gagna toujours de plus en plus en substance et en étendue.

Le goût pour les lettres antiques et l'ardent désir d'en finir avec la fastidieuse lecture des créations littéraires mystiques et ascétiques du moyen âge furent stimulés par les traductions en langue vulgaire de nombre d'auteurs classiques. Ainsi Jean de Rouroy avait traduit les Stratagèmes de Frontin, Laurent de Premierfait donna une version française du. Senectute etDeAinicitia, de Gicéron, àa Y Economique d'Aristote. En 1417 Jean de Luxembourg traduisit IcsHarangues de Gicéron contre Verres ; en 1466 Guillaume Rippe en fit autant pour Térence ; en 1429 JeanTourtier donnalos Aphorismes d'Hippocrate en français; en 1474 Jean du Ghesne en fit autant pour les Commentaires de Gésar; en 1485 Robert Gaguin avait entrepris le même travail; en 1477 Vasquez de Lucena, Portugais au service d'Isabelle, femme de Philippe le Bon, fit une traduction de Quinte-Gurce ; sous le règne de Louis XII, Glande de Seyssel traduisit la Cijropédie de Xénophon, les livres XVIII à XX de Diodore de Sicile, le Démétrius de Plutarque, enfin Justin et Appien.

Richelieu ravit, il est vrai, leurs libertés aux protestants et ruina

ainsi les institutions destinées à l'éducation et à la culture intellectuelle en général, institutions qui disparurent insensiblement jusqu'en l'année 1681 : cependant l'amour pour la science, la conviction de leur nécessité dans un royaume puissant, l'ambition de son génie despotique ne lui permirent pas d'opprimer les sciences : mais il voulait être à leur tête et les dominer. Ce but en lui-même fut l'institution de l'Académie française en 1635, suivie par d'autres.

Les études humanistes, celles des auteurs grecs et romains, enrichirent la langue française, celle de Rabelais surtout, que la faute d'un retour au mysticisme du moyen âge sous le règne néfaste de Louis XIV appauvrit singulièrement. Il ne fallait qu'une langue pauvre pour des doctrines pauvres, fausses, qui transportaient au delà du monde des sens, du monde matériel, l'imagination humaine dans un monde que l'homme ne connaît pas à cause de l'exiguïté de ses sens. Aussi y est-il plus question de la vie future que de celle du présent.

« Désespérant de dépasser la Grèce, et même de l'atteindre, le seizième siècle se contenta de l'admirer et de la suivre, et il ne fut si grand que parce qu'il sut comprendre et continuer son œuvre. Il salua la renaissance de la Grèce, il crut voir son âme s'élancer du tombeau, rayonnante comme un phare, enveloppée d'une vapeur d'aurore, et le monde sortit de la grande nuit. On sut jusqu'à quelles cimes lumineuses pouvaient monter la force et le génie de l'homme.

« C'est là le plus grand bienfait de ces nobles études classiques dont le développement, chez les peuples modernes, donne la mesure de leur civilisation. Elles ne forment pas seulement des lettrés, mais des hommes; au milieu de la tempête des intérêts déchaînés, elles gardent le dépôt de la flamme sacrée dans le sanctuaire de l'idéal. La Grèce fait pour nos fils ce qu'elle faisait pour les siens : elle leur enseigne l'une par l'autre les lois éternelles; elle les conduit parle chemin du beau à la connaissance du vrai et du juste. Dans la morale, comme dans l'art, elle occupe le point culminant de l'histoire. Aucun rêve ne fut plus beau que le sien, et aucun peuple n'approcha plus près de son rêve. A ceux qui soutiennent que la civilisation énerve les races ; à ceux qui confondent l'art avec le luxe, et qui, au nom de la morale, maudissent la poésie et le culte de la beauté, on peut répondre que le peuple qui a produit les plus splendides chefs-d'œuvre de la pensée est aussi celui qui a laissé les plus grands exemples de toutes les vertus, et que nous devons autant de respect à son héroïsme

que d'admiration à son génie. Grâces en soient rendues à ses dieux protecteurs, aux dieux de la l^eauté, enfants de la lyre d'Homère, aux Muses, à la Sagesse antique sortie tout armée du large front de Zeus, et à la terre féconde, nourrice des héros ^ »

Les arts ont suivi l'impulsion donnée à l'activité scientifique. Ils furent entraînés par l'universel mouvement intellectuel qui s'était manifesté dès le quatorzième siècle en Italie et qui s'éleva en France au seizième.

Si au grand temps de la Renaissance en Italie, toute la foule a eu l'intuition de l'art, il en fut en grande partie de môme en France; intuition étouffée et comprimée pendant longtemps de ce côté des Alpes.

Les premiers architectes de la renaissance française, furent plus emharrassés que ceux d'Italie pour saisir les éléments pouvant constituer un nouveau style d'architecture: l'Italie avait toujours été rebelle à l'acceptation de l'ogive et à ses développements; par le style roman, l'antique y avait maintenu sa prépondérance pendant le moyen âge. Les primitifs architectes français de la Renaissance eurent encore l'imagination péniblement surchargée de l'architecture si triste et si monotone du monothéisme judaïque qui -, par le christianisme, fut introduit en Occident et s'y maintint depuis douze siècles, non sans attaques et sans secousses continuelles. Le polythéisme seul fait naître et vivre les arts et les sciences, témoin certains pays, surtout la Grèce ancienne. Il a fallu la connaissance de la civilisation hellénique au quinzième siècle en Italie, au seizième en France pour donner une impulsion nouvelle et fraîche aux études et à la pratique des sciences et des arts. De là, la renaissance de l'architectui-e avec ses élégances, avec toutes ses splendeurs de magnificence. La nature, les lois de l'équilibre, les belles formes reprirent alors leurs droits ainsi que leurs prérogatives.

Voilà pourquoi l'architecture ne trouva pas instantanément tout à fait sa voie. Indécise, troublée dans des essais timides de régéné-

\.La Morale avant les philosophes, par Louis Mcnard. Paris, 1860. 1 voL in-8°, p. 285.

2. Un Gaulois, Claudius Rutilius Nuniatianus, a déjà dit au cinquième siècle : « Pliit aux dieux que la Judée n'eût jamais été conquise ! » appréhendant sans doute les funestes conséquences que les idées écloses dans celle province allaient exercer sur le reste de l'empire romain.

ration, ses efforts ne purent être exempts de tâtonnements et quelquefois même de maladresse. Cet art n'avait au début pu saisir la direction et l'ordre qu'il avait à suivre mais qu'il trouva en peu de temps, sous le règne de François l"', d'une manière plus élégante et plus correcte que sous Louis XII.

Au commencement du seizième siècle, les architectes eurent donc à s'inspirer par le secours de réminiscences exotiques, romaines et florentines; timides et ignorant encore en partie les moyens scientifiques de construction, ils furent tout à coup appelés à remplacer les châteaux forts à tourelles, à mâchicoulis, à fossés et ponts-levis par des palais où l'on ne devait plus rencontrer de souvenirs du moyen âge et de sa rudesse. Il arriva aussi que l'architecture religieuse dut être oubliée ou abolie et que le style de la Renaissance fut appliqué à presque tous les monuments nouveaux du culte ; ce fut encore une nouvelle conquête.

Au seizième siècle l'architecture, régénérée en s'inspirant de l'antic[ue, subit dans ses dernières années un recul, un arrêt, semblable à la langue française; elle s'appauvrit, revêtit un caractère de monotonie (pi'ellc imprima dans l'éternelle reproduction et abâtardissement des ordres dits toscan ou romain, corinthien et composite. La cannelure des colonnes est supprimée, les frises restent lisses, d'énormes modillons sont employés verticalement au lieu de la position horizontale qu'il doivent avoir; l'emploi des bossages est presque supprimé. Le fronton aigu est de rigueur, au-dessous est pratiqué un mur percé de portes et de fenêtres au lieu du péristyle à jour du temple grec.

Dans son magnifique discours préliminaire de V Encyclopédie, en parlant de la Renaissance, d'Alembert dit: « Quand on considère les progrès de l'esprit depuis cette époque mémorable, on trouve que ces progrès se sont faits dans l'ordre qu'ils devaient naturellement suivre. On a commencé par l'érudition, continué par les belles-lettres et fini par la philosophie. Cet ordre diffère à la vérité de celui que doit observer l'homme abandonné à ses propres lumières, ou borné au commerce de ses contemporains... en effet, nous avons fait voir que l'esprit isolé doit rencontrer dans sa route la philosophie avant les belles-lettres. Mais en sortant d'un long intervalle d'ignorance que des siècles de lumières avaient précédé, la régénération des idées, si

on peut parler ainsi, a dû nécessairement être différente de leur génération primitive.

« Les chefs-d'œuvre que les anciens nous avaient laissés dans presque tous les genres avaient été oubliés pendant douze siècles. Les principes des sciences et des arts étaient perdus, parce que le beau et le vrai, qui semblent se montrer de toutes parts aux hommes, ne les frappent guère à moins qu'ils n'en soient avertis... Cependant la plupart des beaux esprits de ces temps ténébreux se faisaient appeler poètes ou philosophes. Que leur en coûtait-il, en effet, pour usurper deux titres dont on se pare à si peu de frais, et qu'on se flatte toujoui's de ne guère devoir à des lumières empruntées? Ils croyaient qu'il était inutile de chercher les modèles de la poésie dans les ouvrages des Grecs et des Romains, dont la langue ne se parlait plus; et ils prenaient pour la véritable philosophie des anciens une tradition barbare qui la défigurait. La poésie se réduisait pour eux à un mécanisme puéril; l'examen approfondi de la nature et la grande étude de l'homme étaient remplacés par mille cjuestions frivoles sur des êtres abstraits et métaphysiques ; questions dont la solution, bonne ou mauvaise, demandait souvent beaucoup de subtilité, et, par conséquent, un grand abus de l'esprit. Qu'on joigne à ce désordre l'état d'esclavage où presque toute l'Europe était plongée, les ravages de la superstition qui naît de l'ignorance, et qui la reproduit à son tour, et on verra que rien ne manquait aux obstacles qui éloignaient le retour de la raison et du goût; car il n'y a que la liberté d'agir et de penser qui soit capable de produire de grandes choses, et elle n'a besoin que de lumières pour se préserver des excès.

« Aussi fallait-il au genre humain, pour sortir de la barbarie, une de ces révolutions qui font prendre à la terre une face nouvelle : l'empire grec est détruit, sa ruine fait refluer en Europe le peu de connaissances qui restaient encore au monde : l'invention de l'imprimerie, la protection des Médicis et de François I''' raniment les esprits, et la lumière renaît de toutes parts.

« Nous serions injustes si, à l'occasion du détail où nous venons d'entrer, nous ne reconnaissions point ce que nous devons à l'Italie ; c'est d'elle que nous avons reçu les sciences qui depuis ont fructifié si abondamment dans toute l'Europe ; c'est à elle surtout que nous devons les beaux-arts et le bon goût, dont elle nous a fourni un grand nombre de modèles inimitables.

« Tant de préjugés, qu'une admiration aveugle pour l'antiquité contribuait à entretenir, semblaient se fortifier encore par l'abus qu'osaient faire quelques théologiens de la soumission des peuples. On avait permis aux poètes de chanter dans leurs ouvrages les divinités du paganisme, parce qu'on était persuadé, avec raison, que les noms de ces divinités ne pouvaient être qu'un jeu dont on n'avait rien à craindre. Si, d'un côté, la religion des anciens, cpii animait tout, ouvrait un vaste champ à l'imagination des beaux esprits, de l'autre, les principes en étaient trop absurdes pour qu'on appréhendât de voir ressusciter Jupiter et Pluton par quelque secte de novateurs; mais l'on craignait ou l'on paraissait craindre les coups qu'une raison aveugle pouvait porter au christianisme. Comment ne voyait-on pas qu'il n'avait point à redouter une attaque aussi faible! Envoyée du ciel aux hommes, la vénération si juste et si ancienne que les peuples lui témoignaient avait été garantie pour toujours par les promesses de Dieu même. D'ailleurs, quelque absurde qu'une religion puisse être (reproche cpie l'impiété seule peut faire à la nôtre', ce ne sont jamais les philosophes qui la détruisent. Lors même qu'ils enseignent la vérité, ils se contentent de la montrer, sans forcer personne à la connaître. Un tel pouvoir n'appartient qu'à l'Etre tout-puissant. Ce sont les hommes inspirés qui éclairent le peuple, et les enthousiastes qui l'égarent.

« Quoic[ue la religion soit uni([uement destinée à régler nos mœurs et notre foi, ils la croyaient (certains théologiens) faite pour nous éclairer aussi sur le système du monde, c'est-à-dire sur ces matières que le Tout-Puissant a expressément abandonnées à nos disputes. Ils ne faisaient pas réflexion que les livres sacrés et les ouvrages des Pères, faits pour montrer au peuple comme aux j)hilosophes ce qu'il faut pratiquer et croire, ne devaient point, sur les questions indifférentes, parler un autre langage que le peuple. Cependant le despotisme théologique ou le préjugé l'emporte. Un tribunal devenu puissant dans le midi de l'Europe, dans les Indes, dans le nouveau monde, mais que la foi n'ordonne point de croire ni la charité d'approuver, ou plutôt que la religion réprouve, quoique occupé par ses ministres, et dont la France n'a pu s'accoutumer encore à prononcer le nom sans effroi, condamna un célèbre astronome pour avoir soutenu le mouvement de la terre, et le déclara hérétique : à peu jjrès comme le pape Zacharie avait condamné, quelques siècles auparavant, un évoque

pour n'avoir pas pensé comme saint Augustin sur les antipodes, et pour avoir deviné leur existence six cents ans avant que Christophe Colomb les découvrît. C'est ainsi que l'abus de l'autorité spirituelle, réunie à la temporelle, forçait la raison au silence, et peu s'en fallut qu'on ne défendît au genre humain de penser. »

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