‹ Histoire générale de l'architectureChapitre 39 sur 108 · CHARLES VIII ET LOUIS XIL · texte numérisé non relu

CHARLES VIII ET LOUIS XIL

dans ce bain improvisé. Les beaux vêlements ne manquaient pas pour se rhabiller, ni les lits ornés avec richesse pour ceux qui avaient besoin de repos. « 0 delitie Italiane >•>, ajoute le narrateur dans son enthousiasme, « corne per la discordia nostra siete estinte ».

Il s'ouvrit donc un monde inconnu et non pressenti aux regards des Français si facilement émus. Au lieu de leurs châteaux fortifiés du moyen âge, entourés de murailles et de fossés, défendus par des tours sombres couronnées de mâchicoulis et de créneaux, ils virent 'des palais ouverts, des demeures princières et éclatantes avec leur loggia et leurs arcades, leurs décors de marbre, de peintures et de sculp- P" 'IT X tures, des villas avec leurs larges péristyles, leurs magnifiques jardins. Chez eux en France, au nord, tout était sombre, altier, guerrier, là-bas tout était joyeux, riant, ouvert, franc et fait pour réjouir l'existence. Nous connaissons les richesses qui furent créées par deux générations d'architectes, de sculpteurs et de peintres, depuis Brunelleschi, Michelozzi,

(jhiborti, Masaccio à Florence et dans d'autres villes d'Italie, en fait d'églises, de chapelles et de palais. Aujourd'hui encore la plénitude de ces œuvres gracieuses et plaisantes agit sur nous d'une façon magique; que durent donc être ces beautés inaccoutumées pour des hommes du Nord, dans l'entier attrait de ces nouveautés qui les saisirent si inopinément ? Les murs massifs en pierre de taille des palais florentins ^ sont môme mentionnés par le chroniqueur aride, et le palais Médicis brillait dans tout l'éclat de sa nouvauté, palais qui fut offert comme habitation au i^oi, lui semble entièrement bâti en marbre "^. Mais c'est avec une prédilection particulière que les charmes des villas sont décrits qui, dans la libre alliance de l'archi-

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