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De palais massifs comme des citadelles

2. « Puis il fut accompagné au logis qui luy estoit préparé, appartenant à Pierre de Médicis, dont les murs sont tous bastis de marbre.» Lavigne, journal, dans Godefroy, Recueil de pièces concernant le règne de Charles VIII. Paris, 1617, in-4°.

19a LIVRE TROISIÈME.

tectiire avec la disposition des jardins et des parcs, renouvelèrent sans cesse l'admiration. Toutes ces merveilles firent un profond effet sur Charles ; on le voit assidûment se promener à Florence et à Rome *, visitant surtout les églises et observant leurs nomln-euses curiosités : il achète des livres et appelle en France de nombreux artistes destinés à exécuter des travaux pour lui.

Ce fut encore avec plus de puissance que l'action de l'Italie augmenta sous le règne sage et heureux de Louis XII. On reconnaît ensuite plus clairement l'impression produite par les arts d'en delà des Alpes dans les remarques des chroniqueurs. Ainsi Jean d'Autun décrit la beauté dos parcs de Pavio, leurs magnifiques groupes d'arbres, leurs belles et riches prairies, leurs bassins et leurs jets d'eau, leurs jardins zoologiques et leurs fabriques, qui lui apparaissent comme un véritable Éden-. Il donne aussi une description exacte du dôme de Gênes avec son beau portail, ses nefs ornées de colonnes de porphyre, de la chapelle de Saint-Jean-Baptiste ^ avec ses statues et son tabernacle en marbre et ses sculptures. Les belles œuvres de Givitali de Lucques ont ravi les yeux et se sont imprimées dans la mémoire de l'historiographe royal, quoiqu'il en ignore le nom d'auteur. Il n'a pas môme oublié une relique célèbre, le doigt du saint j)ar lequel il a désigné la personne du maître et qui « supernaturellement fut exempt de la puissance du feu. » L'admiration pour l'Italie se réfléchit encore plus tard dans le Pantagruel de Rabelais où Epistemon * raconte une visite qu'il fit en « bonne compagnie de gens studieux, amateurs de pérégrinité, et convoiteux de visiter les gens doctes, antiquités et singularités d'Italie. Et lors curieusement contemplions l'assiette et beauté de Florence, la structure du Dôme, la somptuosité des temples et palais magnifiques... quand un moine d'Amiens, nommé Bernard Lardon, comme tout fasché et monopole (intrigué), nous dit : Je ne sçay que diantre vous trouvez icy tant à louer. J'ay aussi bien contemplé comme vous, et ne suis aveugle plus que vous. Et puis: Qu'est-ce? Ce sont belles maisons. C'est tout.

1. Il allait par récréation voir les lieux les plus curieux et les choses les plus rares.

2. Chroniques de Jean d'Autun, I, 51: « que mieux sembloit un Eden parasidique qu'un domaine terrestre. »

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