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Palais du Louvre

lignes des entablements et la suite uniforme des baies. Riches d'imagination, les façades de Lescot terminent la série des monuments du style qui commença à fleurir sur la fin du règne de Louis XII, si élégant, si pittoresque et inspiré librement des plus beaux monuments de la Renaissance italienne. Lescot est un des premiers architectes français qui aient employé le style antique, pur de tout mélanine.

Philibert De L'Orme, né à Lyon en 1515, est au nombre des premiers architectes français du seizième siècle qui allèrent en Italie étudier les éléments de l'art antique et de la Renaissance. Il était de retour de Rome en 1536. Ce furent Guillaume du Rellay et son frère Jean qui le firent revenir en France. En 1542 il commença le portail de l'église Saint-Nizier à Lyon, qu'il n'acheva pas parce

que le cardinal du Bellay l'attira à Paris pour lui confier la construction de son château de Saint-Maur, qui eut lieu peu de temps avant la mort de François 1". Ce château était flanqué de quatre gros pavillons qui se joignaient : le rez-de-chaussée était décoré de pilastres corinthiens. Le milieu offrait un fronton, sur le tympan duquel était le buste en bronze de François F"'. Disons en passant que le cardinal Jean du Bellay se servit de la faveur royale dont il jouissait pour l'avancement des lettres et des arts, et qu'il se joignit au savant Budé pour décider le roi à fonder le Collège royal; il mourut en 1570. Le château de Saint-Maur a été détruit.

De L'Orme commença la construction du palais des Tuileries en 1564. « Le palais des Tuileries aurait été de beaucoup l'œuvre la plus importante de cet architecte, s'il lui eût été donné de le terminer; mais, quoiqu'il y ait travaillé jusqu'à sa mort, il s'en faut bien qu'il ait eu cette satisfaction. Son projet, que Du Cerceau nous a conservé (dans le second volume de son grand ouvrage), était de donner à l'édifice la forme d'un grand quadrilatère régulier, d'environ 265 mètres de largeur sur 164 de profondeur, présentant à l'intérieur quatre petites cours et une grande. De son plan gigantesque. De L'Orme n'a pu réaliser qu'une faible partie, la moitié ou à peu près d'un des grands corps de bâtiment, représentée par le gros pavillon central et les ailes adjacentes, si misérablement défigurés par Levau'. «

Inspiré de l'architecture florentine de la fin de la première période de la Renaissance italienne, le style de Philibert De L'Orme est moins riche et pittoresque que celui de Lescot ; il est peut-être trop sobre de détails, ce qui le rend moins pompeux; il ne manque cependant pas d'élégance, d'assez belles proportions et d'une puissante solidité. Les galeries ouvertes du bas produisaient un bel effet, et l'étage, d'une composition heureuse, était bien conçu.

En 1552 le roi Henri II fit abattre le vieux manoir d'Anet et chargea De L'Orme de le rebâtir pour Diane de Poitiers dont Anet était la propriété. L'architecte, jaloux de satisfaire son protecteur et la belle favorite qui le dominait, mit un grand zèle à s'acquitter de sa tâche, de sorte que, pendant plusieurs années, il ne cessa de remanier les anciens bâtiments et d'en élever de nouveaux, au nombre desquels fut une chapelle très remarquable, qui a échappé à la des-

1. Les Grands Architectes français de la Renaissance, par Adolphe Berty, Paris, 1860, in-8°, p. 32.

traction. De L'Orme avoue qu'il jouit à Auet d'une liberté d'allures qu'on ne lui laissa point toujours ; aussi est-ce là, plutôt que partout ailleurs, qu'on peut rencontrer un exemple propre à illustrer ses idées en architecture. Le château d'Anet, quoicfue démoli en grande partie durant la Révolution, est d'ailleurs, à cause des changements Cfu'avait subis le château des Tuileries, le plus important des édifices subsistants dus à De L'Orme, dont il paraît avoir été longtemps l'œuvre de prédilection. Les livres de De L'Orme renferment plusieurs planches relatives au château d'Anet, et il en est souvent question dans le texte'.

Le style d'architecture de De L'Orme est d'une grande pureté, il a beaucoup de finesse et une originalité attrayante. En l'étudiant, on est frappé qu'avec sa simplicité ce style saisit de plaisir et de contentement tout spectateur connaisseur et appréciateur du beau. Cet architecte avait été en Italie, berceau de la Renaissance, pour y étudier les monuments récemment érigés: il s'inspira de leur perfection, dont il profita pour la mettre en œuvre dans sa patrie, où il réussit à merveille, ce qu'ont essayé tant d'autres architectes sans réussite.

En l'année 1564, sous le règne de Charles IX, Catherine de Médicis, sa mère, commença la construction du palais des Tuileries - à Paris. Mais effrayée d'une prédiction que le nom de Saint-Germain lui serait funeste et se souvenant que les Tuileries étaient situées dans la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, elle renonça aux travaux de ce château vers 1572; son fils Charles IX fit lentement continuer la construction de cette habitation royale, délaissée en partie. C'est au génie de Philibert De L'(Jrme qu'était due cette belle galerie ouverte, admirée depuis des siècles par tout le monde, plus particulièrement encore par les artistes les plus distingués de tous pays, les hommes de goût, connaisseurs et amants du beau dans les arts. Il s'est cependant malheureusement trouvé en France une réunion d'hommes, de députés, assez dénués du sentiment du beau, assez peu artistes et peu Français pour avoir osé voter la démolition des Tuileries, incendiées en 1871 par la Commune, composée de pas mal

1. Les Grands .Irchitcctes frdiiriiis de la Renaissance, p. 3"2. — Histoire et descripiion. du cliâteau dWnet. par P. D. Roussel, petit in-l'olio. — MonoQraj/hie du château d'Anet, par Rodolphe Pfnor. In-folio.

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