‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 115 sur 367 · Livre X, ch. XV (à 1a fin · texte numérisé non relu

Livre X, ch. XV (à 1a fin

duire une nouvelle espèce de caractères. Mais les mœurs des rois ne répondaient pas à leurs lumières. Un désordre universel s'introduisit au sein de la société, qui atteignit toutes les classes et prépara la'chute de la famille des Mérovingiens; Charlemagne seul put rétablir Tordre dans l'État et dans l'Eglise. Ce prince acheva ce que son père Pépin avait commencé. 11 fit rentrer la société dans ses gonds, conquit une partie de l'Espagne, soumit l'Italie, subjugua plusieurs peuplades en Allemagne, et enfin fonda l'empire français. Sa volonté toutepuissante et ses lumières appelaient autour de lui les artistes de tous les pays. Par son amitié pour la cour de Byzance et pour le calife Haroun-al-Raschid , des éléments de l'art néo-grec et arabe furent probablement introduits en France. Ces éléments ont eu une influence accidentelle et secondaire sur l'architecture. Les manuscrits de cette époque surtout portent l'empreinte d'une influence plus directe de l'Orient.

11 ne reste presque pas de vestiges de monuments élevés sous les premiers rois carlovingiens, et il paraît que les sciences et les arts étaient tombés à cette époque dans un état complet de barbarie, puisqu'à la mort de Pépin il ne se trouva à peine que quelques ecclésiastiques qui sussent lire et écrire'. Malgré l'état d'abaissement dans lequel étaient alors tombées la sculpture et la peinture si l'on en croit un historien contemporain, le moine de Saint-Gall *, l'art de fondre des cloches et celui de construire avaient néanmoins fait quelques progrès. Théodulphe d'Orléans se distingua par la construction d'une église à Germini, bâtie d'après le plan de celle d'Aix-la-Chapelle, et par une autre, celle de Saint-Riquier, dans le Ponthieu, fondée par les libéralités de Charlemagne, vers 800. Dans cette église on remarquait aussi le tombeau de l'abbé Angilbert.

Nous arrivons au siècle de Charlemagne, de ce prince dont l'enfance est restée aussi inconnue que le lieu de sa naissance. La tradition s'est chargée de remplir cette lacune; elle a enveloppé d'obscurité les premières années de cet homme extraordinaire, mais elle a rappelé pour lui les fables sur la naissance et les premières années de Cyrus et de Romulus.

Le règne de Charlemagne ouvrit une ère entièrement nouvelle pour les arts et pour l'état politique et moral de son empire. Son éducation ne différa sans doute point de celle des autres jeunes Francs nobles et

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