CONTACT AVEC L'ORIENT
rieuses Aucun renseignement ne nous fait connaître la construction de quelque autre monument sous le règne de Dagobert, ni le nom d'architectes ecclésiastiques qui vécussent sous lui et sous ses successeurs de la première race ; il est probable cependant que ces artistes étaient des prêtres. Saint Éloi exerça d'abord son art comme laïque ; il n'entra dans les ordres que plus tard , et son histoire nous apprend que des hommes de sa capacité trouvaient un haut et puissant patronage chez les princes et que leur célébrité était due à l'estime de leurs contemporains pour leurs talents.
Dans le vin0 siècle , Pépin le Bref témoigna de sa piété dans les églises de son royaume. 11 entreprit de rétablir l'église de Strasbourg, où il vint, en 769, avec sa femme et son fils. Il commença à bûtir sur l'oratoire des prêtres un beau chœur contre la cathédrale, qu'il laissa cependant inachevé a. Pépin rebâtit aussi l'abbaye de Saint-Denis, qui ne fut terminée que par son fils Charlemagne et consacrée en 775.
Les rois mérovingiens du vu* siècle, quoique barbares, étaient cependant en contact avec une cour policée et entourée de pompes et de richesses. Ils reçurent involontairement sans doute des étincelles d'une civilisation plus élevée que la leur, et cela par les fréquentes ambassades qu'ils envoyaient à Constantinople et l'intimité qui s'établit en quelque sorte entre eux et les empereurs d'Orient. Malgré la rudesse des Francs, ils eurent cependant un rapprochement avec les Grecs; le commerce avec le Levant n'était point interrompu et nous avons des exemples du séjour de plusieurs Francs à la cour de Constantinople3, ainsi que de pèlerinages entrepris pour visiter Jérusalem. On allait de la Gaule en Orient dans l'unique but d'y étudier les sciences, ainsi que le prouve l'histoire du médecin Réoval, rapportée par Grégoire de Tours*. Des familles romaines, douées d'une certaine culture intellectuelle, demeuraient dans les Gaules ; parmi elles nous voyons Enius, appelé aussi Mummolus, général de Contran ; ces familles s'élevèrent aux premiers emplois de l'État et aux premières dignités de l'Église; elles acquirent une grande influence politique. Le moins illettré des fils de Clotaire, Chilpéric, qui, indépendamment de connaissances théologiques et grammaticales sur la langue latine, avait encore quelques talents pour la poésie, fit même un essai pour inlro-
1. OH. 0. €djab. ©ff^teibuna U* 0>lunftu« jn «tutfurg. 1617, p. 9.