‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 117 sur 367 · Epist. XXX, apud Duchcsne, p · texte numérisé non relu

Epist. XXX, apud Duchcsne, p

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des plans d'après lesquels fut construite la célèbre abbaye de Saint- Gall.

Les monuments d'architecture qui frappaient Charlemagne dans toute l'Italie devaient éveiller en lui le désir de les imiter dans sa patrie. 11 sentit sans doute à leur vue qu'il n'y a pas de créations plus durables, plus imposantes et en même temps plus touchantes de la grandeur passée des peuples, que les monuments d'architecture. Quoique continuellement occupé de l'agrandissement de son empire et de la soumission des peuples voisins, il commença et il acheva même une quantité prodigieuse de constructions en divers lieux pour l'utilité et l'ornement de ses États. Il fonda, agrandit et embellit la plus grande partie de cent soixante-trois villas ou métairies et palais royaux en France. 11 ordonnait de travailler avec une grande activité aux châteaux royaux, de bâtir et de restaurer les églises. Quiconque avait un bénéfice ecclésiastique était tenu d'entretenir les bâtiments, de livrer les matériaux en magasin et d'imposer les comtes et les fidèles pour participer à leur entretien et à leurs réparations. Mais il était surtout enjoint dans les capitulaires d'entretenir soigneusement les églises et les chapelles, d'avoir soin des bâtiments claustraux et de constater l'état des peintures. La piété et la munificence de l'empereur Charles s'étendirent même jusqu'à Jérusalem, où on éleva des églises par son ordre. De toutes les églises, de tous les palais et châteaux royaux que Charlemagne fit élever à Aix-la-Chapelle, à Nimègue et à Ingelheim, il ne reste que Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle.

Il semblerait qu'il se fût déjà formé un style particulier d'architecture en Occident, en France surtout, vers cette époque ; car on nous apprend de l'abbé Gundelande, fondateur de la première abbaye de Lorsch, qu'il bâtit non dans le style moderne, mais selon le style more antiquorum et imitation? veterum1. Les premières quatre planches de l'ouvrage de Moller sont consacrées à l'abbaye de Lorsch*.

Éginhard, dans sa Vie de l'empereur Charles, aux chapitres xvn et xxvi, s'exprime en ces termes en parlant de cette église :

«Ce prince (Charlemagne), qui se montra si grand pour étendre son empire et dompter les nations étrangères, et qui fut constamment occupé à l'exécution de ses vastes desseins, entreprit cependant, en divers lieux, pour l'ornement et l'utilité de son royaume, de nom-

1. Chron. Lauriikameiue , ap. Struvium, S?rij>l. Rer. Gtrm., 1. 1, p. 82.

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