SAINT-PHILIBERT DE TOURNUS
le chœur paraissent être de la seconde moitié du xir5 siècle. Sur l'intersection s'élève une coupole ovoïde décorée dans le bas d'arcades retombant sur des colonnes et pilastres à chapiteaux ornés de feuillages ou de festons. Les fenêtres à plein cintre qui éclairent le chœur sont entourées d'élégantes archivoltes à rosaces, soutenues par des colonnettes minces et courtes, cannelées et ornées de chevrons creusés dans la hauteur de leur fût. Ces colonnettes sont quelquefois aussi séparées par une sorte de pilastre recouvert de rinceaux et de rosaces. Les chapiteaux de ces colonnettes sont très-variés, ils présentent diverses formes végétales et des figures grimaçantes et fantastiques. Au-dessus des fenêtres, à l'extérieur du chœur, règne un cordon composé d'une rangée de losanges surmontés de triangles rouges incrustés dans la
pierre blanche. La tour sur l'intersection ainsi que celle du portail sont du xn« siècle. Le portail est intéressant. 11 se compose d'une partie carrée de 16"» 30 de largeur sur 18" 00 environ d'élévation, décorée de cinq compartiments oblongs ayant sept fois leur largeur pour hauteur. Leur sommet est couronné par une petite rangée de demi-cercles. A 13 mètres d'élévation commence une sorte de second étage, formé d'un compartiment central avec deux compartiments à droite et à gauche, couronnés aussi de la petite rangée de pleins cintres. Ce porlail, avec ses réminiscences rhénanes, doit être de la même date que la nef et le porche. Les pilastres qu'on rencontre dans l'architecture de Saint-Philibert de Tournus rappellent qu'on n'est pas loin d'Au-
tun, où existe la porte romaine d'Arroux et dont on s'est inspiré1.
A La Marche, près de La Charité-sur-Loire, il existe les vestiges d'une église dans lesquels on reconnaît que le plan de 1 édifice était en forme de basilique, terminée à l'est et à l'ouest par trois absides opposées. Le caractère barbare de cette ruine semble indiquer qu'elle appartient encore à cette époque. Orléans, lieu de naissance de Robert, reçut particulièrement des marques de sa piété ; il y fit élever les églises de Notre-Darae-de-Bonne-Nouvellc, Saint-Pierre et Saint-Aignan. Cette dernière église fut consacrée avec une grande solennité en 1029. Le roi Robert fit encore plusieurs donations à la cathédrale d'Orléans, que l'évéque Arnoul avait presque entièrement rebâtie, aidé par un riche trésor qu'on découvrit en creusant les fondations3. Beaucoup d'autres édifices religieux durent leur existence à sa libéralité, particulièrement l'église de Saint-Nicolas-des-Champs, non loin de son palais, hors des murs de Paris ; et encore celle de Notre-Dame-des-Champs, près de la capitale. Sous son règne furent élevés : SaintRieuIe, à Senlis ; Saint- Hilaire, à Poitiers; Saint-Cassian, à Autun; Notre-Dame, à Étampes; Saint-Léger, dans la forêt d'Iveline ; et Saint-Marc, à Vïtry. Le monastère de Notre-Dame de Poissy fut fondé par Constance, sa femme. 11 est probable qu'il rebâtit aussi ou qu'il répara l'église de Fleury, nommée aujourd'hui Saint-Benoit-sur-Loire, où le roi avait reçu sa première éducation par l'illustre abbé Gerbert, connu sous le nom de pape Silvestre IL Sur le portail de cet édifice sont inscrits ces mots : L'mbertus me fecit. Une inscription analogue se trouvait sur la porte de l'église Saint-lrsin à Bourges, qui semble avoir été élevée vers la môme époque; elle est ainsi conçue : Gratulfus fecit. Robert entoura aussi de murs et de tours les villes de Montfort et d'Épernon. Il bâtit encore plusieurs palais et châteaux sur divers points de son royaume*. Ln des architectes les plus célèbres de cette époque était Richard, abbé de Saint- Vanne, qui éleva sur ses dessins beaucoup d'églises, et qui en restaura un grand nombre V Bérenger, évèque de Perpignan, s'acquit aussi une réputation d'architecte. Il lit un voyage en Terre-Sainte afin de visiter l'église du Sépulcre et en bâtir une semblable à Perpignan". Nous
1. Voyez la monographie de Saint-Philibert dans les Archirt* de la Commimon det Monumtntt liùloriqws. — Vue intérieure, Moyen Age monumental et archéologique^ pl. 380. — Voyage dan» rancienne France ( Franche-Comté ) , pl. 12 à 21.