Eglise du prieuré de Sâlnt-Étieune de Ne ver
•J77. - Plan de l t<gli»e Xotrc-Diime-du-Port, u
C'est encore à la fin du n* siècle qu'appartiennent les églises de Brioude, d'Issoire, et de Notrc-Dame-du-Port, à Clermont. Notre- Dame-du-Port est un monument de &6m 50 de longueur sur lft mètres de largeur dans œuvre; la grande nef a 6m 70 de largeur, les deux nefs latérales ont 3 mètres. Les transsepts et le chœur ont également 6" 70 de largeur. Cette église a subi de fréquentes restaura-
SAINT-PAUL D'JSSOIKE. 819
tions au xir3 siècle ; le chœur entier date peut-être de cette époque.
L'église Saint-Paul d'Issoire est moins ancienne que Notre-Damedu-Port de Clermont. Mais de fortes réparations, faites sans doute au xn* siècle, puisque dans les voûtes nous voyons régner l'ogive, ont fait disparaître en grande partie l'apparence barbare de ce monument, qui a 56 mètres de longueur sur de lar-
geur. La nef principale a 7m 75 et les collatéraux 3m30 de largeur. Les transsepts ont 29 mètres de longueur. C'est au pourtour extérieur des chapelles de cette église que se trouve un zodiaque complet. Les deux plans de Notre- Dame-du- Port et de Saint-Paul d'Issoire ont une ressemblance très-remarquable, et qui ne se rencontre pas peut-être ailleurs. La seule différence entre ces églises consiste en une chapelle carrée placée derrière le chœur de celle d'Issoire, entre les deux chapelles centrales et rayonnantes.
On ne peut voir dans les églises d'Auvergne la moindre influence orientale ou byzantine. Le plan est celui de la basilique romaine, modifié à l'orient par une augmentation de chapelles disposées en rayons autour du sanctuaire. Les colonnes et les chapiteaux rappellent l'école romaine, et les magnifiques incrustations de diverses couleurs ne font songer qu'aux écoles savantes et élégantes de la Toscane qui ont produit le dôme do Pise, San-Miniato, et l'ancienne abbaye de Fiesole, près de Florence. De l'Auvergne, sans doute, les règles de ces écoles se sont transmises dans d'autres parties de l'Europe, et de la France surtout. Mais ailleurs, où on n'avait point de marbre, point de lave, on employa la brique et l'ornementation en relief pour remplacer le jeu des couleurs. Un trait surtout caractéristique de l'architecture de l'Auvergne, c'est la maigreur des entablements, des corniches à modillons, la pesanteur des colonnes qui , à l'extérieur, n'ont point de charges à supporter. Mais il n'y a rien de plus élégant et de plus agréable à l'œil que les dessins divers composés d'étoiles rayonnantes appliquées avec une sorte de profusion dans lus archivoltes des fenêtres, dans les frises et sur les pignons.
L1VHE SKCOND.
C'est au commencement et dans le courant du xne siècle que l'ogive fut introduite dans l'architecture. Elle n'a point encore une forme consacrée : elle est tantôt aiguë , tantôt surbaissée ; elle a un air de souffrance de se trouver accolée au plein cintre. Le plus souvent elle est employée dans les corniches ; elle lie alors les modillons ou les corbeaux, ou bien elle couronne de grandes ouvertures, comme à Cluny et à Noyon, sur les côtés de la nef. L'ogive primitive est alors dénuée d'ornements ; l'arête seule est abattue, sa face perpendiculaire n'est point ornée de moulures ; son épaisseur est également unie; une simple archivolte, qu'un champ plus ou moins large sépare de son arête, la couronne. Dans les grandes travées elle n'est que figurée, et n'a que quelques centimètres de saillie comme à la nef de Saint- Rerai de Reims.
Cet essai d'une innovation dans les formes de l'Architecture ne semble point du tout avoir donné naissance à l'Architecture à ogive du xm« siècle. Les ogives des deux époques n'ont de commun que l'angle curviligne qu'offre leur sommet. Tous les détails qui accompagnent l'ogive du xii* siècle sont encore des réminiscences de l'école romaine, corrompues d'abord et rendues ensuite à une pureté nouvelle, qui a un autre caractère que l'antique. C'est dans les bases des colonnes, des pilastres surtout, dans diverses moulures et corniches que ce caractère peut principalement s'apercevoir. Il n'a plus cette élégance légère de la Grèce, il y est entré quelque chose de la vigueur sauvage et septentrionale, mais qui cependant ne manque pas de beauté lorsqu'on l'envisage sans préjugé. 11 faut bien remarquer aussi que très-souvent l'ogive ne doit son existence qu'au hasard, qu'à la nécessité ou à la maladresse de ceux qui exécutaient les œuvres.
On voit souvent l'ogive couronnant la première ou la dernière travée ou division d'une galerie, soit ouverte, soit aveugle. Lorsque l'artiste n'avait pas divisé exactement tous les compartiments, qu'il s'en trouvait un moins large que les autres, et qui était naturellement le dernier, alors, pour ne pas varier la hauteur des arcades, il y plaçait, comme à plusieurs endroits de Saint-Étienne, à Beauvais, une petite ogive dont la pointe régnait au même niveau que les pleins cintres avec lesquels il avait commencé à couronner ses baies ou ses corbeaux, ou modillons ornés. De pareilles nécessités sont fréquentes dans les monuments du xn* siècle, et c'est du temps perdu que de vouloir y trouver un motif, un but auquel l'artiste n'a certes pas pensé lorsqu'il était à l'œuvre.
0 RNEMENTATION.
Nous sommes du nombre de ceux qui n'admettent point l'introduction de l'ogive orientale dans nos monuments du Nord. On ne peut concevoir la copie pure et simple de l'ogive sans qu'elle soit accompagnée de l'imitation de ses culées ou de ses supports , des colonnes avec leurs chapiteaux et leurs bases, ensuite sans l'imitation des moulures des monuments de l'Orient d'où on aurait tiré l'ogive.