‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 14 sur 367 · ETRURIE · texte numérisé non relu

ETRURIE

L'origine des Étrusques est encore énigmatique ; leur langue ne se rattache dans sa forme primitive ni à la souche sanscrite ni aux idiomes sémitiques. Leur patrie est inconnue; mais comme toutes leurs villes, à l'exception de Populonia, sont situées dans l'intérieur de la presqu'île italique, il y a lieu d'admettre qu'ils immigrèrent par terre et par le nord, ce qui est confirmé par la tradition. Ont-ils traversé les Alpes et les Pyrénées, ont-ils eu des rapports avec les Ibères, ou avec les plus civilisés d'entre eux, les Turdetans, qui connaissaient l'écriture, qui possédaient d'anciennes annales, des poésies et des lois en vers depuis six mille ans, comme le dit Strabon 1 ? Il y avait une Ibérie au pied du Caucase; les Ibères furent un des premiers peuples de la Sicile2 et pour Hécatée, l'Espagne est encore l'Ibérie. Selon M. Rawlinson, les noms d'Abar ou d'Avar, Ibérie, suivirent les primitives émigrations asiatiques dans toutes leurs courses. « L'art plastique et la peinture des Étrusques n'offrent dans la reproduction de la figure humaine que des corps trapus et ramassés, de fortes têtes et de gros bras, qui diffèrent essentiellement de l'élégance harmonique des grecs et des italiques. Il y a donc lieu d'admettre, avec ce savant anglais, que les Étrusques étaient des Tatars-Séinites venus de l'Ibérie, qui descendirent dans le nord de l'Italie par les Alpes Rhétiques. Les premières populations historiques de la Rhétie et des Grisons, les Rhètes, ont longtemps parlé la langue étrusque, et leur nom, les Rasen, a quelque affinité avec celui de Rhètes. 11 n'y a rien d'étonnant que les Asiatiques non Arians, relégués à l'extrémité occidentale du monde connu des anciens, en contact incessant avec les Phéniciens , aient reçu d'eux cette religion sombre,

1. Strabon, 1. m, p. 139. — 2. Kphore cité pnrStrabou, 1. vi, p. 270.

fantastique, qui se plaît au jeu mystérieux des nombres, aux idées, aux usages désordonnés et quelquefois cruels qu'on retrouve partout et toujours chez les Arabes ou Sémites, l'ne tradition fait aussi venir les Étrusques de l'Asie comme étant des émigrants lydiens'. Cette tradition a été combattue par Denis d'Halicarnasse et ne s'appuie d'aucune raison plausible.

Nous dirons tout d'abord que la Grande Grèce a influé si fortement sur l'Étrurie, qu'il est souvent très-difficile de distinguer ce qui appartient à l'une ou à l'autre de ces civilisations.

Les Étrusques possédèrent le nord de l'Italie, le bassin du Pô, la Toscane actuelle; ils descendirent jusqu'au nord de Rome et parvinrent même en Campanie. Dans la plaine qu'arrose le Pô, dans les maremmes de la Toscane, une quantité prodigieuse de digues, d'aqueducs et de canaux souterrains, formant un système immense de drainage et d'irrigation, témoignent de l'activité et de l'industrie de ce peuple, qui cherchait à féconder la terre et à assurer la salubrité publique, ce dont les gouvernements de l'Italie ne semblent guère s'inquiéter aujourd'hui.

La religion des Étrusques était ténébreuse : le fatalisme oriental des races sémitiques y régnait, car les éléments de certains cultes arabes ou phéniciens en formaient le fond, auquel vinrent s'allier dans la suite des idées théologiques grecques. Le culte étrusque était mystique et barbare : il prescrivait le sacrifice des prisonniers : à Caere on mit à mort des captifs phocéens, à Tarquinit des vaincus romains. Les Étrusques admettaient un bas monde, sorte d'enfers, dans lesquels le conducteur des morts, sous la figure d'un vieillard ailé, tenant un marteau, entraînait les âmes des pauvres humains pour les torturer de coups et les livrer aux reptiles. A côté de ces créations d'une imagination fantastique et ignorante de la réalité de l'univers, l'action de l'élément arian se retrouve. La divinité des Étrusques était l'Unité trinaire et féconde, avec division de personnes. Tinia, Dina, du sanscrit Dina, le jour, le Dieu de la lumière, était le principe mâle, actif dont les Romains ont fait leur Jupiter. La Cupra, Cypra, le principe femelle, passif, déesse de l'élément physique, la nature, n'est autre que la Junon des Romains. La Menrfra, la Minerve romaine, l'esprit de sagesse ou le logos, formait la troisième personne de la trinité étrusque . Vortumne ou Vertumne , nom collectif

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