‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 15 sur 367 · CIVILISATION ÉTRUSQUE · texte numérisé non relu

CIVILISATION ÉTRUSQUE

de ces trois personnes qui forment l'unité créatrice, était le Dieu suprême de l'Étrurie; il représentait aussi la prospérité toujours renouvelée et variée de la nature entière dans les différentes saisons. Les Étrusques n'admettaient point les intrigues des dieux avec les femmes de race princière, ainsi que le faisait l'esprit grec de la phase civile et des temps de la décadence; chez eux, la race des dieux et celle des hommes étaient parfaitement distinctes ; le héros mythologique leur était inconnu. L'art, chez eux, consistait dans la représentation des cérémonies religieuses, batailles, fêtes et triomphes.

Les Étrusques étaient un peuple puissant, possédant beaucoup de villes florissantes, qui, depuis les Alpes jusqu'au Tibre, et en Campanie môme, ont formé avant la "domination romaine un brillant empire en Italie. Les ruines d'une quantité de monuments historiques de tout genre dignes de notre attention attestent leur civilisalion, qui est encore prouvée par certaines institutions romaines sous la monarchie, dont les plus sages et les plus utiles, entre autres les institutions religieuses, furent empruntées aux Étrusques, qui se nommaient eux-mêmes Rasènes, nom peut-être usité dans leur langue sacerdotale. Ce nom rappelle les mots sanscrits Hât roi et Suras, Asuras, démons et dieux dans une acception générale. Au temps de Suétone encore le mot Esar, dans la langue étrusque, signifiait Dieu1. Les Étrusques étaient un peuple très religieux; savamment hiérarchisés, ils avaient plutôt des serviteurs que des esclaves qu'ils employaient souvent à la guerre, par exemple dans celle de Veii ; ce fait prouve la confiance qu'ils inspiraient à leurs maîtres. Sous le rapport de l'art, les Étrusques ont conservé certaines formes venues d'Orient, avec les modifications que ces formes curent à subir dans leurs diverses étapes.

Les Étrusques, chez lesquels 1 élément mogol ou tatare se faisait sentir, étaient éminemment adonnés à l'agriculture, que sanctifiait la religion. Us témoignaient leur reconnaissance à cet art par l'allégorie du mundus, grand silo élevé au centre de leurs villes qui étaient carrées ou circulaires. Leur industrie variée et développée, mais sans excès à l'intérieur, était favorisée au dehors par un commerce continental et maritime qui était restreint; elle exploitait les mines de cuivre et de fer de 111e d'Ilva, les carrières de marbre de Luna situées sur le bord de la mer -, non loin d'Arretium, elle avait le siège de ses

Page 1