NOTRE-DAME DE NOYON
construire trois arcs différents avec un seul et même rayon. Tirez d'abord la ligne ab, en g comme point de centre, placez la pointe du compas et tracez l'arc acb. Du point a tracez avec le compas eg, pour former l'arc aeg, divisez ag en deux parties égales au point o, de ce point tirez df, toujours avec le môme rayon et vous aurez trois arcs, un à plein cintre , les deux autres à tiers-point , tracés avec le même rayon, comme l'indique Villard de Honnecourt dans son Album de voyage
La question de l'origine de l'ogive est ancienne. Parmi les premiers auteurs qui ont recherché cette origine, nous citerons G. Saunders, S. Ware, J. Essex, T. Kerrich, W. Whcwell et R. VVillis. Dès que l'arc à tiers-point fut adopté, il s'en développa tout un système et on put agir avec plus de liberté dans la conception du plan, de la coupe et des élévations des édilices du culte. Mais ce système de l'ogive nécessita l'emploi des contre-forts et des arcs-boutants d'une très-grande dépense et d'un mauvais effet esthétique. A cela il faut ajouter encore que l'entretien en est dispendieux. 11 y a des monuments du moyen âge dans lesquels le cube de la maçonnerie des contre-forts et des arcs-boutants équivaut au cube de la maçonnerie du reste du monument. Aussi cette architecture ogivale ne fut-elle pratiquée que pendant deux siècles trois quarts.
Le plus complet monument d'architecture de l'époque de transition est l'ancienne cathédrale de Noyon , dans le département de l'Oise â. Elle se compose de trois nefs, de deux transsepts, dont les faces septentrionale et méridionale sont circulaires, d'un chœur circulaire autour duquel rayonnent cinq chapelles également circulaires. Sur chacune des faces orientales des transsepts, existe un porche ou entrée; à l'ouest on entre dans l'église Notre-Dame par trois portes précédées d'un porche qui a été ajouté au xive siècle. Le portail est flanqué de deux tours énormes, d'apparence imposante et massive : celle du midi est du xme siècle, celle du nord est du xive. Au-dessus des deux escaliers qui flanquent le chœur vers l'occident, et qui touchent le côté oriental des transsepts, s'élèvent deux tours qui n'ont pas été achevées, ou bien dont la partie supé-
1. Album de Villard d» Honnecoart, architecte du xin* siècle. Paris, 1853, p. 155. 2'. È'jli$$ Noire-Dame de JVoyon, ancienne cathédrale. Élévations, plans, coupes et • détails, par Dauiel Rainée, architecte; texte par L. Vitet. 1815, in-folio et in-4. — Moyen dp pittoresque, pl. 104. Vue du portait occidcutal. — Voyage» dans l'ancienne France, par Tajlor et Nodier. (Picardie).
%hk LIVRE SECOND.
rieure a été enlevée par suite d'un grand incendie arrivé en 1293. Quatre escaliers commodes, clairs et spacieux, conduisent au magnifique triforium ou tribunes du premier étage, dont les ouvertures sur la nef se composent d'une grande arcade à ogive divisée par une colonne qui supporte un côté de deux autres ogives. La nef est formée de piliers carrés flanqués de fines colonnettes et de colonnes isolées supportant des arcs à ogive. Les colonnettes du chœur qui, au nombre de trois, s'élèvent au-dessus des chapiteaux de chaque colonne du rezde-chaussée, et s'élancent jusqu'à la naissance de la voûte, ont sept
SU. - Plan de Notre-Dame de Nojon.
a Tranuepts.
a'. Nef.
a". Porche.
h. Préau et cloître.
r. Salle capltulalre.
d. Sacristie.
t. Mur fortifié.
f. Bibliothèque.
</. Prison et oubliettes.
annelures. Les colonnes des cinq chapelles de l'abside ont également une annelure. Les six chapelles latérales au nord de la nef sont du xui" siècle. Celles du côté opposé sont de trois époques :. la première à l'occident du xive, la seconde du xvie, et la troisième du xve siècle.' La chapelle appelée Notre-Dame-de-Bon-Secours, du xvr5 siècle, est un superbe morceau d'architecture du règne de François Ier; elle est