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LES TOURS

l'ensemble était terminé par une couverture élevée. Les tours chrétiennes ont une forme pyramidale, la flèche est indispensable, et leur dimension diminue avec la hauteur, et à chaque étage supérieur. La forme pyramidale des tours chrétiennes, la retraite de chaque étage supérieur sur celui qui le précède, n'avaient pas lieu dans les tours de l'antiquité, parce qu'elles auraient nui à la solidité générale et auraient favorisé l'attaque.

Dans les pays où l'architecture religieuse a copié la tour antique, comme en Angleterre par exemple, les tours des églises sont tout d'une venue, aussi larges du haut que du bas. En Allemagne, où il n'y avait point de modèles romains à suivre, en France, où ils étaient rares, on conçut une disposition qui remplit les exigences. La sûreté était la première nécessité, tant pour l'église elle-même et les objets qu'elle renfermait, que pour les gens qui, pendant les temps de troubles, s'y réfugiaient pour y chercher un abri. L'église était fermée vers l'orient ; à l'ouest elle était ouverte à l'endroit de l'entrée principale. On a donc sans doute pensé qu'il serait utile de fortifier cette entrée par deux tours placées de chaque coté de la porte, ou par une seule bâtie au centre de la façade. C'est ainsi qu'on fortifia aussi les portes des villes et des forts par deux tours avancées appelées barbacanes1. Les entrées latérales des églises, au nord et au midi, sont généralement placées à l'extrémité des transsepts. C'est pour cette raison que l'on trouve assez fréquemment, dans les monuments religieux, des tours pratiquées sur chaque côté nord et sud du chœur, et touchant la face orientale des transsepts. Lorsqu'on voulait fortifier les entrées latérales comme l'entrée principale, on élevait alors aux quatre angles de l'intersection de la nef et du chœur avec les transsepts des tours, ainsi que cela se voit à la cathédrale de Laon. Aux églises de Cluny, de Saint- Germain-des-Prés, à Paris, on voyait des tours latérales: Notre-Dame de Noyon , Notre-Dame de Rouen , le dôme de Bamberg , ceux de Worms, de Wùrzbourg, l'église de Fribourg-en-Brisgau , ont encore des tours latérales.

Une des premières tours élevées auprès d'une église, est celle bâtie à la fin du vur* siècle par Adrien 1er, sur la face principale de la vieille basilique de Saint-Pierre à Rome. Les tours devinrent plus communes dans la suite; il en existait à Sainte-Croix de Jérusalem,

1. Aujourd'hui nous appelons barbacanes les ouvertures longues et étroites pratiquées dans un mur de soutènement, pour donner un libre écoulement aux eaux.

à Saint-Paul, à Saint-Giorgio in Yelabro, à Saint-Jean, à Saint-Paul de Rome et à plusieurs autres. Il existe encore une tour circulaire sur une des faces latérales de l'église Sainte-Apollinaire ad Classem de Ravenne. Un autre bel exemple de tour carrée se voit dans celle placée auprès de l'église de Sainte-Marie-in-Cosmedin à Rome. Nous aurons à parler plus tard de la célèbre tour penchée de Pise.

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